Breaking/Finale France: Ca chambre et ça "envoie la sauce"!

Un danseur participe aux Championnats de France de breaking, le 30 mai 2021 à Lyon, qualificatifs pour la finale mondiale du RedBull BC One, qui aura lieu à Gdansk (Pologne), les 5 et 6 novembre
Un danseur participe aux Championnats de France de breaking, le 30 mai 2021 à Lyon, qualificatifs pour la finale mondiale du RedBull BC One, qui aura lieu à Gdansk (Pologne), les 5 et 6 novembre JEAN-PHILIPPE KSIAZEK AFP
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Lyon (AFP)

"Deux passages ! Pas de contact !": Les danseurs français, fidèles à leur réputation de chambreurs, ont rivalisé à coups de provocations et de figures acrobatiques, dimanche à Lyon, pour une place pour le grand rendez-vous mondial de breaking, discipline olympique en 2024.

Une piste centrale ronde (appelée cypher), une ambiance surchauffée par un maître de cérémonie (MC), un public restreint, un DJ à la manœuvre et les "battles" (duels) sont lancés.

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Durant trois minutes, chaque danseur fait deux passages de 45 secondes pour un jeu de questions-réponses où il faut savoir "clouer le bec" à l'adversaire, devant trois jurés.

Cent-trente B-boy (danseurs messieurs) se sont présentés durant le week-end en rêvant d'être le meilleur pour prendre part à la finale mondiale du RedBull BC One, la compétition de référence (5-6 novembre à Gdansk/POL).

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Le dernier B-boy à avoir parlé a été Pac Pac, un Lyonnais de 21 ans, qui s'envole pour sa troisième finale mondiale.

Dimanche, lors de l'ultime confrontation, Pac Pac, t-shirt rose large, pantalon noir et cheveux bouclés, a affronté Nasty, foulard noir noué façon pirate sur la tête.

La tension est montée crescendo et aucun des deux danseurs n'a voulu s'élancer le premier. Les deux breakers se sont cherché, en tournant autour du cypher pour se retrouver nez à nez, se lançant des pics par gestes interposés, se toisant.

- Poule mouillée -

"Quand on lance la battle, on voit très souvent les deux danseurs qui n‘y vont pas. Ils attendent que l’autre y aille pour voir ce qu’il a dans son bagage, voir ce qu’il va proposer et contredire ce qu’il fait", raconte à l'AFP le maître de cérémonie, Momoze, qui intervient en désignant par tirage au sort celui qui commence.

Pac Pac doit débuter, mais il ne s'y résout pas. Nasty lance alors les hostilités au sol, la spécificité du breaking.

"Celui qui s’est contraint à aller le premier pointe l'autre et fait: +t’es une poule mouillée, moi j’y vais!+ Le chambrage fait partie de ces petits trucs à la française. Certains de ceux qui passent en premier acceptent de perdre le premier passage pour voir ce que l'autre va faire et derrière, ils envoient la sauce", commente Momoze, qui se régale de ce style de jeu.

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Les Français ont cette particularité depuis 1998 et le show signé d'un groupe de breakers français, The Family, qui sont allés fortement agacer entre chaque passage leurs adversaires, les Américains de The Rock Force Crew, lors de la finale de The Battle of the Year, le graal de l'époque.

- "Mortel combat!" -

Autour de cette stratégie de déstabilisation, ils ont livré des performances incroyables au sol, entre contorsions, figures bloquées (freeze) main sous la tête et jambes croisées en l'air, saltos, pirouettes sur la tête.

Pac¨Pac a conclu l'échange par une révérence juste devant Nasty avant que les jurés ne le désignent vainqueur à l’unanimité en brandissant un carton avec son nom.

Chez les filles qui n'étaient que vingt, Fanny, une jeune femme de 23 ans vivant à Cholet, créoles et pantalon noir, a davantage convaincu le jury que Campanita, pour s'offrir sa première finale mondiale.

"Je suis contente parce que j'ai acquis quelque chose que je voyais depuis que j'ai commencé le break, le BC One. Ca a été vraiment dur au niveau cardio et pour gérer la pression. Ca a été un mortel combat !", a dit à l'AFP la breakeuse d'origine laotienne, qui pense aussi aux JO.

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En 2024, à Paris, le breaking (ou break ou breakdance), discipline artistique issue de la culture hip hop, découvrira le grand bain olympique.