Athlétisme: Mboma bien installée sur 200 m, Duplantis toujours au sommet

Bruxelles (AFP) –

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La Namibienne Christine Mboma, spécialiste du 400 m passée au 200 m en raison du règlement sur les athlètes hyperandrogènes, a de nouveau sorti un gros chrono sur le demi-tour de piste (21 sec 84) alors qu'Armand Duplantis est encore allé très haut à la perche (6,05 m), vendredi lors du meeting Ligue de diamant de Bruxelles.

Dans un stade du Roi-Baudouin bien garni (près de 30.000 spectateurs) et une très chaude ambiance, Mboma a signé un succès impressionnant, dans la lignée de son incroyable performance aux Jeux Olympiques de Tokyo (2e en 21 sec 81), devançant de sacrées pointures comme la Jamaïcaine Shericka Jackson (21 sec 95), 3e du 100 m des JO, et la Britannique Dina Asher-Smith, médaillée d'or mondiale en 2019 (22 sec 04).

En l'espace de quatre mois, la jeune coureuse de 18 ans s'est tout simplement métamorphosée, s'installant comme l'un des cadors du 200 m alors qu'elle n'a découvert cette distance qu'au mois de mai et que sa technique, surtout au départ, reste rudimentaire.

Devenue la 7e performeuse de tous les temps sur 400 m en juin à la surprise générale, elle avait été empêchée de disputer les JO sur le tour de piste puisque la Fédération internationale interdit aux athlètes présentant des "différences du développement sexuel" (DSD) et un taux de testostérone élevé de courir à l'international du 400 m au mile sauf à prendre un traitement.

Elle s'est alors reconvertie au 200 m et on ne l'arrête plus. Elle a ainsi abaissé son record personnel de près d'une seconde en trois mois, s'offrant le record d'Afrique en finale olympique à Tokyo (21 sec 81).

Christine Mboma victorieuse du 200 m du meeting Ligue de diamant de Bruxelles, le 3 septembre 2021
Christine Mboma victorieuse du 200 m du meeting Ligue de diamant de Bruxelles, le 3 septembre 2021 JOHN THYS AFP

- "Je peux courir plus vite" -

"Je suis vraiment satisfaite de cette victoire car c'est ma première course en Diamond League, a-t-elle déclaré. Le 200 m est maintenant ma course préférée. J'essaye juste de faire de mon mieux et je regarde ce que je peux faire. À l'avenir, je pense que je peux courir plus vite que ça et dans un ou deux ans, je vais essayer le 100 m, juste pour voir."

Autre athlète hyperandrogène, Francine Nyonsaba, 2e des Jeux de Rio en 2016 sur 800 m, a elle aussi changé de spécialité avec succès. La Burundaise en a fait la démonstration en améliorant son record personnel sur 5000 m en 14 min 25 sec 34, en battant au passage la double médaillée d'or mondiale (2017, 2019) et vice-championne olympique Ellen Obiri, seulement 3e.

Le perchiste suédois Armand Duplantis franchit une barre au meeting de Bruxelles, le 3 septembre 2021
Le perchiste suédois Armand Duplantis franchit une barre au meeting de Bruxelles, le 3 septembre 2021 JOHN THYS AFP

A la perche, Armand Duplantis a comme toujours été bien seul, survolant le concours avec un bond à 6,05 m. Le recordman du monde (6,18 m) et champion olympique a passé cette barre à son 3e essai et surclassé ses principaux rivaux, à l'image de l'Américain Christopher Nilsen, son dauphin à Tokyo, 2e avec un saut à 5,85 m.

Après une surprenante contre-performance il y a une semaine à Lausanne (5,62 m), le prodige suédois (21 ans), déjà souverain samedi à Paris (6,01 m), a bel et bien repris ses bonnes habitudes. Il a en revanche échoué à améliorer son record du monde avec trois échecs à 6,19 m.