Football/Fifa

Football : la Fifa critiquée par ses sponsors et la Fédération anglaise

Le président de la Fifa, le Suisse Jospeh Blatter, quittant la scène après une conférence de presse.
Le président de la Fifa, le Suisse Jospeh Blatter, quittant la scène après une conférence de presse. REUTERS/Arnd Wiegmann

Le 61e Congrès de la Fédération internationale de football (Fifa) s'est ouvert ce 31 mai 2011 à Zurich dans un climat de crise. La Fifa, secouée par de multiples scandales de corruption, a été critiquée par ses principaux sponsors. La Fédérations anglaise, elle, a demandé le report de l’élection présidentielle alors que le chef en exercice depuis 1998, Joseph Blatter, est assuré d’être reconduit pour quatre ans. Le Suisse a admis que « la pyramide de la Fifa (était) en train de vaciller sur ses bases ».

Publicité

A l’occasion de son 61e Congrès, la Fédération internationale de football (Fifa) traverse sans doute la plus grave crise institutionnelle de son histoire. Secouée depuis neuf mois par de multiples affaires de corruption, la Fifa subit désormais des critiques de toutes parts. Lors de son discours d'introduction, le président Joseph Blatter, qui briguera un quatrième mandat de quatre ans ce 1er juin, a reconnu que « la pyramide de la Fifa est en train de vaciller sur ses bases ».

Les sponsors réagissent

Les sponsors ont ainsi fini par s'émouvoir de cette situation. La compagnie aérienne Emirates de Dubaï s’est ainsi déclarée « déçue par les accusations de corruption qui frappent les instances dirigeantes de ce sport ». Le porte-parole de Coca-Cola, géant du soda, estime que « les allégations actuelles sont angoissantes et très mauvaises pour le sport ». Même son de cloche chez Adidas : « Les accusations répétées ne sont bonnes ni pour l'image du football ni pour la Fifa elle-même. » « La situation actuelle est clairement mauvaise pour le football et nous demandons à ce que la Fifa prenne des mesures nécessaires pour dissiper les inquiétudes nées de cette situation », a déclaré à l'AFP un porte-parole de Visa, groupe américain de cartes bancaires.

L'Angleterre contre-attaque

Parmi les mesures nécessaires à un assainissement de la situation, l'association de lutte contre la corruption Transparency International (TI) propose le report de l'élection prévue ce 1er juin à Zurich, en Suisse. Une idée vivement défendue par la Fédération anglaise de football (FA) qui estime avoir été injustement privée de l’organisation du Mondial 2018 en faveur de la Russie. La FA, qui suspecte la Fifa de corruption dans l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022, a déjà prévenue qu’elle s’abstiendrait lors du vote. Les dirigeants anglais ont invité leurs collègues à en faire de même. Le président de la FA, David Bernstein, a en outre demandé « la nomination d'un groupe indépendant qui pourra faire des recommandations sur la façon d'améliorer la gouvernance ».

Des délégués asiatiques quittent Zurich

Les conditions du scrutin ne plaident pas en faveur d'un maintien. Il n’y a désormais plus qu’un seul candidat : le président en exercice depuis 1998, le Suisse « Sepp » Blatter. Son unique opposant, le Qatari Mohammed Bin Hammam, a été suspendu de ses fonctions par le Comité d’éthique en attendant les conclusions d’une enquête. Le président de le Confédération asiatique (AFC), soupçonné de fraude électorale, pourra faire appel de sa suspension lorsqu’il en aura reçu la notification officielle. Soit après le Congrès de la Fifa. « Outragés » par cette sanction, une dizaine de délégués asiatiques ont quitté Zurich ce 31 mai en signe de protestation. Mohammed Bin Hammam a pourtant assuré qu’il n’y aurait pas de boycott organisé par l’AFC.

La balle est dans le camp de la Fifa

Cette avalanche de critiques a tout juste modifié la communication de Joseph Blatter : « Le foot devait jouer un rôle de coordinateur, de rassembleur. Je croyais que nous étions dans le monde du fair-play et de la discipline, ce n'est pas le cas, ce n'est plus le cas. » En préambule du Congrès, ce dernier a aussi reconnu que « il y a danger en la demeure ». Mais sans remettre en cause le calendrier prévu : « J'aurai l'occasion demain (mercredi, lors du congrès électif) de vous parler de ce danger en la demeure, de la façon dont nous pouvons lutter, nous assurer que le foot, notre jeu, peut jouer son rôle de rassembleur au futur. » Une manière d'affirmer que l'élection aura bien lieu ce mercredi.

En octobre 2010, l’hebdomadaire britannique Sunday Times accuse plusieurs cadres de la Fifa dont le Nigérian Amos Adamu, membre du Comité exécutif, d’avoir monnayé leur vote pour attribuer la Coupe du monde 2018 à la Russie. En novembre 2010, c'est au tour de l’émission « Panorama » sur la BBC de mettre en cause plusieurs délégués, dont le Camerounais Issa Hayatou, président de la Confédération africaine (CAF), soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin de la société de marketing ISL durant les années 1990. En mai 2011, le Parlement britannique ouvre une commission d’enquête sur l’attribution du Mondial 2018 pour lequel l’Angleterre avait présenté un dossier. L'enquête du Parlement se double d'une nouvelle charge du Sunday Times qui affirme cette fois que Issa Hayatou et Jacques Anouma ont monnayé leur scrutin en faveur du Qatar, le pays de Mohammed Bin Hammam, futur pays hôte de la Coupe du monde 2022. Le 25 mai, le comité d'éthique de la Fifa  ouvre une procédure visant Bin Hammam pour fraude électorale. Le 27 mai, c'est au tour de Jospeh Blatter, le président de la Fifa, d'être mis en cause à la demande de Mohammed Bin Hammam. Le 29 mai, les deux hommes sont entendus : Blatter est blanchi et Bin Hammam suspendu le temps de l'enquête. Le 30 mai, Jack Warner, président de la Concacaf également suspendu, affirme que Blatter a promis un million de dollars à des délégués, une procédure illégale.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail