Tennis/Roland Garros

A Roland-Garros, Li Na a réveillé le tennis chinois

Li Na est devenue la première Chinoise et  première Asiatique à remporter un tournoi du Grand Chelem, à Roland-Garros, en  battant, samedi 4 juin dans une finale historique, l'Italienne Francesca Schiavone,  tenante du titre.
Li Na est devenue la première Chinoise et première Asiatique à remporter un tournoi du Grand Chelem, à Roland-Garros, en battant, samedi 4 juin dans une finale historique, l'Italienne Francesca Schiavone, tenante du titre. Reuters / Charles Platiau

Grâce à sa victoire le samedi 4 juin en finale de Roland-Garros face à l'Italienne Francesca Schiavone (6-4, 7-6), Li Na entre dans l'histoire en devenant la première joueuse chinoise à remporter un tournoi du Grand Chelem. Elle est désormais un modèle dans un pays où le tennis a longtemps été considéré comme un sport bourgeois contrairement au très populaire tennis de table.

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Avec notre correspondant à Pekin

La terre battue de Roland-Garros est sur tous les téléviseurs, mais les clients et les serveurs ont la tête ailleurs. Dans le quartier des bars de Sanlintun à Pékin, parmi les seuls à retransmettre la demi-finale entre Li Na et la Russe Maria Sharapova, les terrasses ont les yeux sur les robes des jeunes filles plutôt que sur le match retransmis en direct à la nuit tombée compte tenu du décalage horaire. « En Chine vous savez le tennis reste un sport de riche, explique un jeune homme les yeux fixés sur l’écran. Il arrive encore juste après le golf, mais comme les chinois gagnent plus d’argent aujourd’hui, ils sont plus nombreux à pouvoir se l’offrir ».

Voiture avec chauffeur

Loin des cafés du centre-ville, six courts de tennis sont alignés au milieu des palissades de chantier, près de l'avant dernière station de la ligne 5 du métro qui mène au Sud de la capitale. A l’image du pays, Pékin se construit. Ici on joue la nuit sous la lumières des néons. Vingt et une heures : les ouvriers continuent à faire pousser les immeubles tandis que les cadres échanges les balles jaunes. « Elle va gagner j’en suis sûr » s’enthousiasme Re Meng Xiu. Li Na vient de la ville de Wuhan dans la province du Hubei où la cuisine est très épicée. Cela forge le caractère estime cette jeune amatrice qui comme les autres arrivent tout droit des tours de bureaux juste à coté.

Les voitures avec chauffeurs sont garées sur le parking, les résultats du match à Paris tombent par SMS sur les téléphones portables. « Le tennis est à la mode poursuit Peng Shu Yuan. Dans mon milieu ils jouent tous au tennis et puis je dois avouer que je ne suis pas très doué au ping-pong qui reste le sport numéro un en Chine. Alors j’ai voulu changer de sport »

Tennis en seconde option

Comme ce cadre de la finance, la Chine est-elle en train de changer de raquette ? C’est en tous cas ce qu’espère Li Xin An, tee Shirt de Tintin sur les épaules. « Le tennis est arrivé dans les universités chinoises dans les années 90 explique cette ancienne joueuse professionnelle devenue professeure de tennis. Quand j’ai commencé, tout le monde ne parlait que du tennis de table, du badminton ou de la natation. Avec l’open de Chine à Shanghai les choses changent. Le tennis est proposé en seconde option dans certaines facultés ».

Dans les kiosques ce vendredi 3 juin 2011, tous les journaux évoquent le résultat de la veille dans les pages intérieures, le Xing Jing Bao Les Nouvelles de Pékin- étant parmi les seuls à proposer la photo de Li Na en première page. Plus de 400 millions de Chinois ont suivi la demi-finale, a souligné Kong Quan, l'ambassadeur de Chine en France, au micro de France Télévision jeudi soir. La Chine commence à apprendre à aimer ce sport.
 

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