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Cyclisme/Tour de France 2011

Thomas Voeckler : «Arriver à Paris sans avoir de regrets»

Thomas Voeckler.
Thomas Voeckler. Crédits: Presse Sports
7 mn

Thomas Voeckler est un des cyclistes français les plus aimés du public. Il s'est fait connaître en 2004, année où il a porté pendant 10 jours le maillot jaune. En 2010, il gagne la 15e étape de la grande boucle entre Pamiers et Bagnères-de-Luchon. Troisième du championnat de France à Boulogne-sur-Mer le 26 juin dernier, il est en forme pour la bagarre de juillet. Entretien avec le coureur tricolore qui a obtenu le plus de victoires cette année.

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RFI: Comment abordez-vous le Tour de France 2011 ?

Thomas Voeckler : Assez sereinement, mais j'ai toujours à l’esprit que c’est le moment le plus important de l’année. Toutes les courses sont importantes mais il ne faut pas se le cacher, le Tour de France, c’est la course la plus médiatisée et la plus dure au monde puisque tous les coureurs en font un objectif. C’est vrai que par rapport à la première fois, avec l’expérience, il y a quand même moins de stress.

RFI : Comment expliquez-vous votre début de saison avec huit victoires. En 2010, vous aviez attendu le mois de juin pour lever les bras. Est-ce une préparation hivernale différente ? Est-ce de bon augure pour cet été ?

Thomas Voeckler : Pour être honnête, je n’aurais jamais pensé que ça marcherait aussi bien en début de saison. Il y a peut-être un peu d’expérience puisque c’est ma onzième année professionnelle, et un certain acquis physique. Je vais avoir 32 ans et on dit souvent que les meilleures années arrivent entre 28 et 34 ans. Et puis, il y a aussi un petit peu de réussite, il faut le coup de pouce du destin. Comme le début d’année a bien marché, après on se prend peut-être un peu moins la tête, on se met moins de pression et finalement, c’est comme ça que ça marche mieux parfois.

RFI : En début de saison, vous avez dit ne pas avoir d’objectif précis. Est-ce la même chose pour le Tour de France ?

Thomas Voeckler : Oui, c’est exactement la même chose : je n’ai pas d’objectif précis puisque je me refuse à cocher une étape ou bien à aller sur le Tour de France pour quelque chose de particulier. Je prendrai la course au jour le jour, en étant très motivé comme tous les coureurs au départ. Mais je vais faire en fonction des sensations du jour et m’adapter. S’il y a un objectif, c’est surtout celui d’arriver à Paris sans avoir de regrets. Je veux  terminer le Tour de France en me disant « voilà, je regarde les trois dernières semaines et je ne vois pas à quel moment j’aurais pu faire mieux ». Le résultat final, je ne vais pas dire que c’est accessoire mais c’est le sport, on n’est pas toujours maître de ce qu’on peut faire.

Thomas Voeckler lors de son tour de France 2004, un des plus beau souvenir de sa carrière.
Thomas Voeckler lors de son tour de France 2004, un des plus beau souvenir de sa carrière. Robert Laberge/Getty Images

RFI : En 2004, vous avez porté pendant dix jours le maillot jaune. Depuis, comment êtes-vous perçu ?

Thomas Voeckler : 
Tout cela a un peu évolué. Il est clair qu’il y a un avant et un après 2004. Je suis quand même plus connu, c'est ça la différence. Je suis un coureur peut-être plus surveillé au sein du peloton mais je mentirais si je disais que je fais figure d’épouvantail. Je ne suis pas non plus dans les meilleurs mondiaux. On ne va pas faire attention à moi pour le classement général. Je ne suis pas au centre de toutes les attentions.

RFI : Vous abordez quand même ce Tour de France comme le leader de l'équipe Europcar.

Thomas Voeckler : Il est vrai que depuis quelques temps, je suis un coureur protégé. Mais cette année, avec l’arrivée du sponsor Europcar, je suis carrément propulsé « leader unique ». Cependant, je suis dans une équipe où c’est vraiment le collectif qui prime. Je suis certes le leader sur le papier, mais ça n’empêche pas les autres coureurs de jouer leur propre carte. Je n’ai pas huit coureurs à mon service. Ce n'est pas la vocation de notre groupe.

RFI : Quel regard portez-vous sur le cyclisme français ? Une seule équipe est classée en Pro Tour et les quatre autres équipes françaises sur cette édition 2011 sont invitées.

Thomas Voeckler : C’est vrai, c’est un problème. En 2005, on était cinq équipes françaises dans le Pro Tour, en 2011 il n’y en a plus qu’une ! Il est clair que ça ne fait pas beaucoup. On remercie d’ailleurs les organisateurs du Tour de France d’avoir invité quatre équipes de deuxième division mondiale. Il faut être honnête, nous ne sommes plus la nation phare de la discipline au niveau mondial.

RFI : Donc pour l’année prochaine, vous espérez que l’équipe sera encore classée en Pro tour ?

Thomas Voeckler : Oui, on aimerait bien. Maintenant, il n’y a pas de place pour tout le monde et on essaie de faire le maximum. Le cyclisme est de plus en plus concurrentiel et il y a énormément de sociétés qui investissent dans le vélo, tout le monde veut être au premier plan . L’ambition est là, mais...

RFI :Quel est votre favori sur ce Tour 2011?

Thomas Voeckler :Rien d’original. Vu le parcours très montagneux et la démonstration du binôme Schleck-Contador ces deux dernières années, je pense qu’ils ont quand même une bonne marge de sécurité sur leurs poursuivants. La victoire devrait se jouer entre eux deux.

RFI : Justement, cela ne vous dérange-t-il pas que le TAS (Le Tribunal arbitral du sport) ait repoussé le rendez-vous de Contador en août prochain ?

Thomas Voeckler :Je ne m’intéresse pas trop à cette affaire. Bon bien sûr, quand on m’interroge sur le sujet je réponds. Mais bon…

RFI : N’avez-vous pas peur que ça défraie la chronique encore une fois ?

Thomas Voeckler : C’est sûr que si j’avais les moyens de jouer le classement général, le podium du Tour de France, je serais attentif aux cas des coureurs qui luttent pour ce classement, mais je sais que je n'en ai pas les moyens et que ce n’est pas du tout dans mes cordes. Donc à partir de là…

RFI : Pour finir, vous êtes considéré comme un fin tacticien. D’où vous vient cette science de la course ?

Thomas Voeckler : On souligne souvent que j’ai soi-disant une bonne science de la course, mais je crois que tous les coureurs réfléchissent avant d’agir. Peut-être qu’il y a des fois où ça s’est plus vu chez moi, mais certaine fois, j’ai fait de belles « conneries » et ça m’a coûté la victoire. Je ne pense pas être plus malin qu’un autre en course. J’essaie juste d’analyser les situations. Réfléchir un petit peu avant d’agir, c’est surtout ça. Mais il n’y a rien d’extraordinaire de ma part.


La composition de l'équipe Europcar pour le Tour :
Thomas Voeckler, Anthony Charteau, Cyril Gautier, Yohann Gène, Vincent Jérôme, Christophe Kern, Piere Rolland, Perrig Quemeneur, Sébastien Turgot.

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