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Cyclisme/Tour de France 2011

Jean-René Bernaudeau: «Le territoire du sport, c’est le monde»

Jean-René Bernaudeau, manager général du team Europcar.
Jean-René Bernaudeau, manager général du team Europcar. Agence Presse Sports
6 mn

Jean-René Bernaudeau, manager de l’équipe Europcar, a été le premier à faire signer un coureur antillais dans l’une de ses nombreuses équipes professionnelles. Curieux de tout, il est un infatigable voyageur et son amour des Antilles et de l’Afrique lui fait dire que le cyclisme va changer dans les prochaines années. Selon lui, le territoire du sport ne s’arrête pas à nos frontières et l’émergence des autres pays est une réalité.

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RFI : Europcar devient le premier sponsor international d’une équipe française, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Jean-René Bernaudeau : Europcar arrive au moment où l’Union cycliste internationale (UCI) prend un virage et annonce que le développement du cyclisme doit se faire sur les cinq continents, porté par des épreuves majeures et des coureurs locaux. Pour nous c’est une aubaine. La Chine et demain l’afrique, c’est le prochain territoire du cyclisme. Nous devons donc regarder de près comment vit le cyclisme dans ces pays émergeants. Moi je les aime beaucoup, je les connais et j’ai besoin de cette perceptive pour mon équilibre professionnel.

RFI :Justement, c’est l’occasion de parler de la Tropicale Amissa Bongo qui se court au Gabon.
Jean-René Bernaudeau : Oui, c’est une grosse épreuve dans un pays où le cyclisme est confidentiel. Mais cela remet en cause pas mal d’autres pays africains qui pensaient être les leaders de ce sport sur leur territoire. On peut remercier les organisateurs, mais maintenant c’est à nous d’aller chercher les talents là où ils sont en oubliant la couleur et leur pays d’origine.

RFI : Pour vous c’est un atout puisque votre sponsor Europcar est représenté dans 150 pays dans le monde ?
Jean-René Bernaudeau : Oui mais je n’ai pas attendu cela. C’est mon combat. Pour Yohann Gène, qui est sur ce Tour de France, et Rony Martias (maintenant chez Saur-Sojasun), c’était un boulot de titan que d’arracher deux gamins à leur famille (Guadeloupe), s’occuper d’eux et leur faire comprendre que le haut niveau n’était pas chez eux mais en métropole et dans le circuit européen. Ils ont appris les courses dures comme le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix espoir avant d'être professionnels. Mon succès est d’avoir pris les deux car, dans les moments difficiles, ils se sont soutenus. Et ma fierté c’est que tous les deux sont restés les meilleurs amis du monde. Il ne faut pas oublier la fraternité dans le sport qui est efficace pour conduire un groupe, c’est primordial, il faut que les gens s’aiment pour avancer.

RFI : Quel est pour vous le prochain continent qui nous apportera des grands coureurs ?
Jean-René Bernaudeau : Pour moi c’est l’Afrique. J’ai vu de nombreux  talents et un coureur comme l'Erythréen Daniel Teklehaimanot, peut gagner dans l’Alpe d’Huez très très vite, si on s’occupe de lui. Je pense qu'il est hors norme. Aussi bon que le Colombien Lucho Herrera il y a une vingtaine d’années, c'est dire.

RFI : Le mélange, c’est aussi à l’intérieur de nos frontières. Vous avez été le premier à engager un coureur d’origine maghrébine, Saïd Haddou.
Jean-René Bernaudeau :
Avant d’être d’origine algérienne, c’est un bon coureur. Moi, je ne m’occupe pas des races mais que de cyclisme. J’ai eu une part de plaisir à le faire parce que c’est quelqu’un d’attachant et tous ceux que j’ai eus ont eu une vrai volonté de réussir.

RFI : A l’époque où vous avez fait signer Said Haddou, c’était un peu avant-gardiste ?
Jean-René Bernaudeau : Oui, cela m‘a valu des moqueries de la part de mes collègues. On me disait, « Jean-René, tu es très fort en marketing ! ». Rony Martias est le premier pro de l’histoire du cyclisme français à venir de Guadeloupe et Yohann Gène à faire le Tour. Mais pour moi ce sont de bons coureurs et je disais, « vous allez voir quand ils vont vous mettre en ligne, vous rigolerez moins ! » Il y a des équipes françaises qui pourraient regarder de plus près ce qu’il se passe dans les autres pays.

RFI : Vous avez même fait signer un coureur japonais, Yukiya Arashiro.
Jean-René Bernaudeau : Oui, Yukiya Arashiro était déjà professionnel dans son pays avec une petite équipe. Moi je veux donner leur chance à tous. On peut dire que le continent asiatique aura largement les moyens d’avoir une grosse équipe professionnelle très vite.

RFI : Comme la Chine ?
Jean-René Bernaudeau : Oui, mais pour l’instant le cyclisme masculin est moins développé que le cyclisme féminin. Ce qui est assez rare dans le monde. J’en suis sûr, à la fin de cette décennie, ils seront bel et bien là.

RFI : On se rend tout de même compte que les choses changent beaucoup et l’attribution des JO d’hiver 2018 à la Corée du Sud est un exemple.
J
ean-René Bernaudeau : Le territoire du sport, c’est le monde. D’accord, ici il y a une histoire et une culture du haut niveau. Mais l’émergence des autres pays est une réalité. Beaucoup de personnes ne comprennent pas, mais par exemple quand l’Inde arrivera, ce sera énorme. Il faut vraiment en tenir compte et pour ma part, je trouve cela passionnant. J’aimerais continuer à former des champions, pourquoi pas venant d’autres contrées, mais toujours avec notre esprit et notre philosophie.

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