Accéder au contenu principal
Cyclisme / Paris-Roubaix

Paris-Roubaix : Frédéric Guesdon vu par Marc Madiot

Frédéric Guesdon (g) lors de Paris-Roubaix 2006 dans la tranchée d'Arenberg.
Frédéric Guesdon (g) lors de Paris-Roubaix 2006 dans la tranchée d'Arenberg. AFP PHOTO PASCAL PAVANI
5 mn

Dernier vainqueur français de Paris-Roubaix en 1997, Frédéric Guesdon, âgé de 40 ans, fera ses adieux au cyclisme au soir de la 110e édition de l'« Enfer du Nord » le dimanche 8 avril. Présent dès la création de l'équipe de la Française des Jeux dirigée par le double vainqueur de Paris-Roubaix, Marc Madiot, Guesdon lui est resté fidèle pendant quinze années. L'occasion de demander à Marc Madiot son sentiment sur ce coureur important pour le cyclisme français.

Publicité

RFI : Après avoir passé 15 années aux côtés de Frédéric Guesdon, comment pouvez-vous le caractériser ?
Marc Madiot : Comme un garçon travailleur, sérieux, appliqué et sans faille.

RFI : Quelles sont les qualités qui ont permis à Frédéric Guesdon de remporter Paris-Roubaix en 1997 ?
Marc Madiot : Tout d’abord, c’est un coureur qui adore les classiques, qui aime bien les pavés et qui est calme. Il a aussi un très bon foncier physique qui lui a permis d’être endurant, une qualité importante pour cette classique.

RFI : Avez-vous l’impression que pour Frédéric Guesdon, Paris-Roubaix aura été une obsession depuis sa victoire en 1997 ?
Marc Madiot : Je pense qu’il était passionné par cette course bien avant sa victoire. Mais avec son sacre en 1997, c’est devenu encore plus sa course fétiche (il a couru son premier Paris-Roubaix en 1995, ndlr). Frédéric a toujours été présent aux avant-postes et à plusieurs reprises dans le haut du classement. Ce qui confirme que l’« Enfer du Nord » soit sa course de prédilection.

RFI : Qu’a-t-il apporté dans votre équipe depuis la création de la Française des Jeux en 1997 ?
Marc Madiot :  Beaucoup de tranquillité et de sérénité, en plus de la garantie d’une bonne présence dans le final d’une course comme Paris-Roubaix ou d’un Tour des Flandres. C'est beaucoup.

Le 13 avril 1997, Frédéric Guesdon entre dans la légende de Paris-Roubaix.
Le 13 avril 1997, Frédéric Guesdon entre dans la légende de Paris-Roubaix. Graham Chadwick /Allsport

RFI : Quel est votre plus beau souvenir avec Frédéric Guesdon ?
Marc Madiot : Il y en a plusieurs mais évidemment, la victoire de 1997 reste importante. Sa réussite dans Paris-Tours en 2006 a confirmé son succès dans Paris-Roubaix. Cette deuxième classique à son palmarès est quelque chose de très important dans sa carrière. Elle a démontré que c’était un coureur de grande qualité.

RFI : Si on se projette dans l’avenir, quel coureur français pourrait succéder à Frédéric Guesdon ?
Marc Madiot : Franchement, je n’en sais rien. Ecoutez, l’avenir nous le dira.

RFI : Pourquoi est-ce aussi long de voir un autre coureur de l’Hexagone s’imposer sur le vélodrome de Roubaix ?
Marc Madiot : Tout simplement parce que nous avons la culture Tour de France. La culture des classiques est loin d’être le point fort des Français. Nous sommes obnubilés par la Grande Boucle et pendant longtemps les classiques ont été plus ou moins rejetées par le peloton français.

RFI : Pourtant, à votre époque, c’était le summum de gagner à Roubaix (vainqueur en 1985 et 1991,ndlr).
Marc Madiot : Le temps passe, les générations se succèdent et les choses changent. A mon époque, le Tour de France polarisait beaucoup moins qu’aujourd’hui. Le Tour est devenu l’évènement majeur de l’année et cela a forcément une incidence sur le développement et la motivation des coureurs par rapport aux classiques. Je sens un nouvel engouement vers ces courses-là, mais il faudra encore pas mal d’années pour trouver des coureurs capables d’aller chercher un résultat. C’est beaucoup de travail et pas forcément un résultat assuré à tous les coups. Alors que si vous êtes un bon coureur et que vous faites trois échappées sur le Tour de France, vous êtes considéré presque comme une star ! On peut donc comprendre que pour bon nombre, le choix est vite fait.

RFI : Pour revenir à Frédéric Guesdon, que fera-t-il à l’issue de son dernier Paris-Roubaix ?
Marc Madiot :
Prendre du repos et préparer son avenir.


Repères :

Frédéric Guesdon est né le 14 octobre 1971 à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine). Il a commencé sa carrière en 1995 avec l'équipe le Groupement avant de passé l'année 1996 dans le team italien Polti. Il rejoint Marc Madiot et la Française des Jeux en 1997. Avec la Française des Jeux, Frédéric Guesdon a gagné Paris-Roubaix (1997) mais également Paris-Tours (2006), le Tro Bro Leon (2008) et deux étapes du Critérium du Dauphiné (2000 et 2002).

« Quand je suis passé pro, je voulais faire dix ans. J'en ai fait 18 avec de belles victoires. Il y a des courses que j'aurais aimé gagner, au moins une classique en Belgique mais je ne me plains pas », a déclaré le coureur qui devrait recevoir un bel hommage du public sur le vélodrome de Roubaix pour ses adieux à la compétition.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.