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L’éthique reste le maillon faible de la Fifa

Le président de la FIFA, Joseph Blatter, sous le feu des critiques.
Le président de la FIFA, Joseph Blatter, sous le feu des critiques. REUTERS/Ueslei Marcelino

La FIFA se dit décidée à lutter activement contre la corruption dans le football. Elle vient notamment d'adopter un nouveau code éthique, approuvé le mardi 17 juillet à Zurich. Des initiatives qui ne suffisent pourtant pas à dissiper le malaise autour de son président, le Suisse Sepp Blatter, accusé d’avoir réagi trop tard et trop mollement dans l’affaire de corruption autour de son prédécesseur Joao Havelange.

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C'était l'an passé, l'une des promesses électorales de Joseph Blatter : la tolérance zéro en matière de corruption. Une promesse qui avait permis au Suisse d’obtenir un nouveau mandat jusqu’en 2015, malgré la fronde conduite par plusieurs fédérations européennes, notamment britanniques, et malgré le scandale qui avait souillé la campagne électorale et abouti à la mise à l’écart de son rival, le président de la Confédération asiatique Mohammed Bin Hamman… accusé d'avoir distribué des enveloppes à de futurs votants.

Pour lutter contre la corruption, une commission d'éthique a donc été crée par la Fifa. Elle comprendra deux chambres : l'une chargée de l’instruction, une deuxième pour juger sans aucun délai de prescription. Une initiative bienvenue mais qui a lieu au moment même où son promoteur, Joseph Blatter, est éclaboussé par l'affaire ISL. Une affaire que la Fifa avait cherché à l’époque à enterrer avant d’être contrainte de changer de stratégie à la suite des révélations parues dans la presse.

Des Fédérations réclament la démission de Blatter

D'après la justice suisse, cette société de marketing qui détenait les droits exclusifs de plusieurs Coupes du monde dans les années 90 avant de faire faillite en 2001, a versé des pots de vin conséquents à Joao Havelange, ancien président de la Fifa, à son vice- président, Ricardo Texeira, qui présidait jusqu’en mars dernier la Confédération brésilienne de football et le comité organisation de la Coupe du monde 2014. Joseph Blatter, qui était secrétaire général de la Fédération internationale au moment des faits, clame n'avoir été au courant que bien plus tard. Il a même minimisé les faits arguant que de telles pratiques n'étaient pas illégales à l'époque en Suisse

Des propos qui ont beaucoup choqué le monde du football notamment du côté allemand où le mot démission a été avancé. Joseph Blatter a répliqué en insinuant que la fédération allemande avait peut être pratiqué une forme de corruption au moment du vote qui lui avait permis d’obtenir l’organisation de la Coupe du monde 2006. Des propos qu’il a cherché à minimiser par la suite mais qui ont aggravé le malaise, conduisant certaines fédérations européennes à réclamer la démission du président. Joseph Blatter s'y refuse et brandit donc comme gage de virginité sa nouvelle commission d'éthique. « Si quelqu’un veut que je me retire, qu’il en fasse la demande devant le Congrès de la Fifa », réplique-t-il à ceux qui voudraient le voir, à 76 ans, rendre enfin son tablier.

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