Jeux paralympiques 2012

Les XIVe Jeux paralympiques à Londres, un retour aux sources

Un joueur de handibasket britannique, Ade Adepitan, porte la flamme olympique à Londres.
Un joueur de handibasket britannique, Ade Adepitan, porte la flamme olympique à Londres. AFP PHOTO/ANDREW COWIE

C'est en 1948 que le mouvement du paralympisme a débuté, à Stoke-Mandeville, au nord de Londres. Des débuts que l’on doit à un médecin, Sir Ludwig Guttman, qui eut l'idée visionnaire de faire jouer des blessés de guerre de l'aviation britannique au basket-ball dans le cadre de leur rééducation. Soixante-quatre ans plus tard, Londres accueille les XIVe Jeux paralympiques du 29 août au 9 septembre.

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Ce 29 août 2012, les Jeux Pparalympiques de Londres vont débuter. Comme pour ceux destinés aux valides, une cérémonie d'ouverture est prévue au Stade Olympique de Londres, qui sera également présidée par la Reine Elisabeth II. L'ensemble des délégations sera présent, c'est à dire 4 200 sportifs de 174 pays, un record.

La délégation française veut intégrer le classement des dix meilleures nations

Un record également en termes de participation pour la délégation française qui compte 270 personnes cette année, dont 154 sportifs handicapés, accompagnés de 10 sportifs valides pour les aider.

La France avait brillé lors des derniers Jeux paralympiques à Pékin en 2008. Les Tricolores avaient terminé à la 12e place au classement des nations avec 52 médailles, dont 12 en or. Quels sont les objectifs pour cette année ? Pour Gérard Masson, le président du Comité paralympique et sportif français et de la Fédération française handisport, « dans toutes les disciplines, peut-être moins dans le basket féminin, peut-être moins dans le quad rugby, mais pourquoi pas dans toutes les autres disciplines, on peut aller chercher l’or. Il y a eu 12 médailles d’or à Pékin, mais il y a également eu 21 médailles d’argent et parfois il suffit de pas grand-chose pour qu’elles se transforment en or, et à ce moment-là on sera dans les dix  premières nations ».

Certains sports manquent cruellement de financement

La France souhaite donc intégrer le « top » 10 au classement des nations. Mais est-ce que les différentes disciplines sportives bénéficient du soutien nécessaire pour viser une place dans les dix premiers ?

Le budget prévisionnel est d’1,9 million d’euros pour la participation à ces Jeux. Une aide qui provient en partie du ministère des Sports et de la jeunesse, ainsi que du soutien de nombreux partenaires. Mais, malgré ce soutien, il existe tout de même des problèmes en matière de financement.

C'est le cas par exemple du quad rugby, le rugby en fauteuil roulant. L'équipe de France n'est pas parvenue à trouver un accord avec la Fédération française de rugby, contrairement à l'équipe de cécifoot, le football pour malvoyants, aidée par la Fédération française de football.

Olivier Cuzin, l'entraineur de l'équipe de France de quad rugby, n’a pas hésité à le confirmer : « On appartient à la Fédération française handisport et on essaye de nouer des liens avec la Fédération française de rugby pour qu’on puisse travailler ensemble et promouvoir le rugby dans tous les sens du terme. C’est clair que l’on n’a pas beaucoup de moyens, on compense pour l’instant par une grosse envie. Les joueurs de temps en temps sont obligés de payer une partie des déplacements, une partie des frais pour pouvoir faire des tournois, faute de moyens ».

Il faut donc espérer que la médiatisation à travers ces Jeux permettra enfin au quad rugby de trouver un accord avec la Fédération française de rugby.

Le handisport, un mouvement difficile à développer sur certains continents

Sur les 174 pays qui vont participer à ces Jeux paralympiques, on note de grandes différences en termes de développement selon les délégations. C’est le cas de plusieurs pays africains qui manquent cruellement de moyens.

Car, pour permettre à des athlètes handicapés de participer à des compétitions officielles, il faut disposer d'infrastructures, d'encadrement et d'une réelle volonté de la part des comités olympique nationaux de mettre en œuvre une politique qui vise à développer ces handisports.

Pour Nantenin Keita, sprinteuse française née à Bamako au Mali (médaillée d’argent sur 200m et médaillée de bronze sur 400m en 2008, à Pékin), il reste beaucoup de travail à faire pour développer le handisport en Afrique : « Je sais qu’il y a un mouvement handisport à Bamako, j’ai été les rencontrer lorsque j’ai été là-bas en 2007 et même en 2005, mais en terme d’organisation c’est très compliqué parce qu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour le développer.

Il y a un manque d’infrastructures, même si en athlétisme je sais qu’il y a de beaux terrains, des belles pistes qui sont neuves. Mais il y a un manque de formation et de connaissances, d’expériences et de pratiques nécessaires pour préparer des Jeux paralympiques. Mais c’est comme tout, je pense que les choses s’améliorent au fur et à mesure du temps. Et en ce moment, étant donné que le mouvement handisport prend de l’ampleur dans le monde, et bien ça passera forcément par Bamako ».

Certes, il y a des améliorations en Afrique, mais également sur les autres continents grâce à la médiatisation de ces Jeux, mais il reste encore beaucoup de travail pour voir figurer ces pays dans les dix premières nations à l'issue de Jeux paralympiques.

Des Jeux qui, cette année, marquent le retour des athlètes ayant un handicap mental ou psychique, des sportifs qui étaient absents de cette manifestation sportive (la deuxième plus importante au monde par leur ampleur après les Jeux olympiques) depuis les Jeux de Sydney en 2000. 

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