Handball / Corruption

Nikola Karabatic, une image écornée

Nikola Karabatic lors d'un match en Ligue des champions contre Flensburg, le 27 septembre 2012.
Nikola Karabatic lors d'un match en Ligue des champions contre Flensburg, le 27 septembre 2012. REUTERS/Fabian Bimmer

Depuis plusieurs jours, la star du handball français, Nikola Karabatic, est dans la tourmente après les révélations de l'affaire des paris sportifs. Hier dimanche 30 septembre, le joueur a été interpellé dans le cadre de l'enquête. Pourtant, jusqu'à maintenant, il était difficile de trouver un sportif national qui ait autant la cote sur le terrain comme auprès du public, grâce notamment à son palmarès impressionnant.

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Nikola Karbatic, l’icône du handball français, est en train de perdre l’image qu’il a toujours donnée : un sportif intègre, travailleur et attachant. C’est cette image que le site de pari en ligne, Betclic, s’était offerte. Mais le divorce est consommé, Betlic ne l’utilisera plus. Et pour cause, le double champion olympique est au cœur d’une tourmente dans laquelle est plongé le handball français. Il est visé par une enquête sur des soupçons de match truqué entre Montpellier et Cesson-Sévigné en mai dernier. Un accroc dans la carrière de ce handballer d'exception.

L’amour du handball dès l’âge de huit ans

Claude Onesta et Nicolas Karabatic lors du dernier match amical contre la Norvège, le 12 janvier 2012.
Claude Onesta et Nicolas Karabatic lors du dernier match amical contre la Norvège, le 12 janvier 2012. REUTERS/Charles Platiau

Nikola Karabatic, né à Nis, dans le sud de la Serbie, a commencé le handball à l’âge de huit ans après avoir assisté à un match de première division avec son père Branko. Le garçon est persuadé que ce sport va lui permettre de se réaliser pleinement et qu’il peut faire aussi bien. Le père, ancien gardien de but de l’équipe nationale yougoslave, comprend assez rapidement que le fiston a choisi très tôt sa destiné. Le voilà qui se glisse dans la peau de l’entraîneur.

Un père qui aura à cœur d’être toujours aux côtés de son fils et qui décède en mai 2011 des suites d’une longue maladie. « Mon père était une star dans son sport, mon père, c'était mon idole ». Un drame qui explique sans doute ses performances en demi-teinte lors de l’Euro en janvier dernier. « Je pense que Nikola a vécu ces derniers mois quelque chose de difficile, à titre privé. J’en sais quelque chose pour l’avoir vécu. Et parfois, la tête prend le dessus sur le reste », avait alors déclaré Claude Onesta, le sélectionneur de l’équipe nationale.

Mais avant cette défaite de l’Euro qui avait défrayé la chronique, Nikola Karabatic n’avait cessé de progresser jusqu’à devenir le meilleur joueur du monde en 2007. Adulé par le public, ce titre venait récompenser des années de travail. L’homme est connu pour être quelqu’un qui aime relever tous les défis. Cela a commencé à 17 ans, lorsqu’il joue son premier match en première division. Montpellier est en grande difficulté face à Toulouse et le jeune homme inscrit les deux buts décisifs. Deux ans plus tard, il signe une performance de taille. Il devient le plus jeune joueur français à remporter une Ligue des champions face à Pampelune. Quelques semaines auparavant, il avait intégré pour la première fois l’équipe de France. Le début de la gloire.

Un palmarès hors du commun

Nikola Karabatic après son titre olympique en 2012.
Nikola Karabatic après son titre olympique en 2012. AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON

Champion d’Europe, champion du monde et champion olympique, son palmarès a de quoi faire tourner les têtes. Lui semble rester sur terre. « J’ai tellement envie que le handball soit reconnu à sa juste valeur, alors si je peux aider… » avait-il tout simplement déclaré. Les médias le citent souvent en exemple et il est même élu champion des champions français par le quotidien l’Equipe en décembre 2011. Cette image angélique lui permet d’obtenir une dizaine de sponsors et lui apporte la moitié de ses revenus annuels estimés à environ un millions d’euros. Il porte alors à merveille l'image sympathique du handball.

Depuis le début de l’année, les bonnes relations entre la presse et Nikola Karabatic semblent avoir pris fin. Après son titre de champion olympique à Londres cet été, il confie à quelques journalistes : « On a toujours eu une relation très proche avec les médias, mais quand ça n’allait pas, on a vu que ce n’était pas nos amis ». Référence aux critiques qui ont suivi la défaite lors de l’Euro 2012. Après son titre olympique, il va même jusqu’à démonter le plateau de l’Equipe TV avec Claude Onesta.

Depuis quelques jours, Nikola Karabatic ne fait plus la Une de la presse pour ses performances sportives mais pour cette affaire de match truqué. Jérôme Fernandez, le capitaine de l’équipe de France dénonce un lynchage médiatique. « Je suis d’accord pour reconnaître que lui et d’autres ont sans doute fait une bêtise, mais voir sa tête dans tous les journaux depuis une semaine, cela me dérange ».

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