ATHLETISME

Mahiedine Mekhissi à nouveau dans la tourmente

Le podium du 3 000m steeple aux Mondiaux 2011 : Ezekiel Kemboi en or (au centre), Brimin Kipruto en argent (à gauche) et Mahiedine Mekhissi-Benabbad en bronze (à droite).
Le podium du 3 000m steeple aux Mondiaux 2011 : Ezekiel Kemboi en or (au centre), Brimin Kipruto en argent (à gauche) et Mahiedine Mekhissi-Benabbad en bronze (à droite). Reuters

Le Français Mahiedine Mekhissi, médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Londres sur 3 000 m steeple, fait l’objet d’une plainte pour violences volontaires déposée par un responsable du CREPS (Centre régional d’éducation populaire et de sport) de Reims, sa ville natale où il continue de s’entraîner. Cette plainte vient s’ajouter à un passif qui ne plaide pas en faveur de l’athlète.

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Fraîchement médaillé d’argent au Jeux de Londres, après son titre européen remporté sur la piste du stade olympique d’Helsinki, en Finlande, le Français Mahiedine Mekhissi se retrouve une nouvelle fois dans la rubrique « faits divers ». En cause : une altercation qu’aurait eu l’athlète avec un haut responsable du CREPS de Reims où il s’entraîne avec le groupe dirigé par Farouk Madaci.

Les différentes versions des faits

L’affaire aurait débuté lorsque Mahiedine Mekhissi est allé voir un haut responsable du CREPS de Reims pour savoir pourquoi son frère, qui avait postulé pour un place de surveillant, n’avait reçu aucune réponse.C'était le Lundi 22 octobre. « Monsieur Mekhissi discutait avec un collègue puis (il) s’est jeté sur moi, m’a saisi au cou alors que j’étais derrière, en train de lire quelque chose » selon la victime, qui souhaite garder l’anonymat. Cette dernière, « très choqué psychologiquement », se serait fait prescrire un arrêt de travail de huit jours et a donc déposé une plainte.

Pour sa part, Mahiedine Mekhissi ne nie pas l’altercation, mais il réfute avoir porté des coups à la responsable du CREPS. Lorsqu’il a été averti de la plainte déposée à son encontre, il est allé déposer une main courante au commissariat.

Des problèmes récurrents entre le CREPS et l’athlète

Cette nouvelle affaire, qui vient ternir un peu plus la réputation du double médaillé d’argent aux Jeux olympiques (2008 et 2012) et double champion d’Europe (2010 et 2012), fait également grincer des dents au sein de la Fédération française d’athlétisme. Pourtant, cette dernière était au courant des problèmes récurrents entre le CREPS de Reims, Mahiedine Mekhissi et le groupe d’athlètes avec lequel il s’entraine.

Farouk Madaci, l’entraîneur de Mekhissi confirme les faits et les met sur le compte de la jalousie. « C'est un groupe de trois personnes bien placées et qui ont donc du pouvoir. La Fédération a fait des choses par le passé pour essayer de dégager le terrain et de résoudre les problèmes ». « Mais maintenant, poursuit-il, on en est arrivé à un point tel qu’il faut tout remettre sur la table et tout clarifier. Monsieur le président de la Fédération (Bernard Amsalem) a connaissance de tout le dossier et maintenant il va, je l’espère, faire la lumière sur toute cette affaire ».

Un passif qui ne plaide pas en sa faveur

Reste que cette histoire tombe à un très mauvais moment. Mahiedine Mehkissi a malheureusement déjà fait parler de lui pour des faits extra-sportifs. En 2008, la rumeur courait que ces bons résultats n’étaient pas très « limpides ». Une rumeur infondée puisque l’athlète n’a jamais été contrôlé positif.

En 2011, devant les caméras, il en était venu aux mains avec Mehdi Baala à l’issue du 1 500 m, sur la piste du stade Louis II de Monaco, lors d'une étape de la Ligue de diamant. Condamné par la commission de discipline de la FFA, Mahiedine Mekhissi avait écopé d’une interdiction de meetings internationaux pendant dix mois, de 1 500 euros d’amende et de 50 heures de travaux généraux, ainsi que de cinq mois de suspension avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de trois ans. Une épine dans le pied du coureur, le sursis en vigueur pouvant entraîner sa suspension.

Dernier fait d’arme en date : la bousculade de la mascotte des Championnats d’Europe organisés à Helsinki. Mais Mahiedine Mekhissi avait, par la suite, présenté ses excuses à la petite fille, victime de ce mauvais geste, ainsi qu’à la Fédération française.

Du côté de la Fédération, on attend les conclusions de l’enquête

La Fédération ne souhaite pas pour l’instant se prononcer. Elle attend les conclusions de la justice et prendra les décisions nécessaires par la suite. Mais une chose est sûr, ce problème latent entre le CREPS de Reims et Mahiedine Mekhissi doit être résolu une fois pour toute. « Ça fait trois ans que le groupe que j'entraîne a des problèmes, mais Mahiedine, ça fait depuis ses débuts. (…) Malheureusement, pour l'instant, la Fédération et nous étions pris par nos objectifs sportifs. On ne veut pas être des "Calimeros", mais il faut régler cette histoire. » a tenu à préciser Farouk Madaci.

L’athlète, lui, vit très mal cette nouvelle affaire qui pourrait d’ailleurs compromettre ses objectifs. A commencer par le stage qu’il comptait entreprendre avec le groupe entraîné par Farouk Madaci, prévu à Albuquerque (Etats-Unis) dans un peu plus de deux semaines et qui devait durer près de deux mois.

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