Tennis / Coupe d’Afrique des nations

CAN 2012 : le tennis africain se retrouve à Dakar

tennis-senegal.com
5 mn

La Coupe d’Afrique des nations de tennis 2012 se déroule du 5 au 11 novembre à Dakar, au Sénégal. Cette édition devrait regrouper treize pays. Un signe encourageant pour un sport qui cherche encore ses marques en Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est.

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Pendant une semaine, Dakar se transforme en épicentre du tennis africain. Après le Caire en 2009 et Tripoli en 2010, la capitale sénégalaise accueille la Coupe d’Afrique des nations (5-11 novembre 2012). Un choix qu’explique Hichem Riani, directeur général de la Confédération africaine de tennis (CAT) : « Les Sénégalais n’ont pas beaucoup de clubs, juste une dizaine. Mais le Sénégal a une tradition tennistique avec des anciens joueurs comme (Yahiya) Doumbia ou (Cheick) Berthé. Les Sénégalais ont les infrastructures pour accueillir et organiser des tournois. C’est un pays qui se manifeste régulièrement et qui développe son tennis ».

Un développement inégal

Le développement du tennis, c’est la problématique majeure d’un sport qui vit plus ou moins bien selon les sous-régions. « Certains pays ont une tradition tennistique, décrypte Hicham Riani. On les compte sur les doigts des deux mains : l’Afrique du Sud, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, l’Egypte… Le Nigeria fait beaucoup d’efforts aussi. Ces pays-là ont des clubs, des compétitions nationales ; ils ont l’habitude d’organiser des tournois internationaux. Les autres pays n’ont pas ces traditions, ces moyens et ces infrastructures. En Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est, le football règne sur la tradition sportive. Les gens n’ont donc pas beaucoup accès au tennis ».

A titre d’exemple, la Tunisie compte 15 000 pratiquants mais seulement 7 000 licenciés ;  le Maroc 6 000 licenciés sur 15 000 pratiquants ; le Mali 900 licenciés sur 2 800 pratiquants. L’Afrique du Sud a la fibre tennistique la plus sensible avec 15 000 licenciés sur environ 50 000 pratiquants. Ce décalage entre le nombre de pratiquants et de licenciés s’explique : en Afrique, beaucoup de gens considèrent le tennis comme un loisir et y jouent dans des hôtels et autres structures privées.

Manque de moyens et d’infrastructures

Le manque de moyens, c’est l’autre gros problème du tennis. En découlent des soucis d’infrastructures et de matériel. Au Mali, par exemple trente clubs doivent se partager 40 courts de tennis. Au Gabon, quinze clubs se répartissent sur seulement 22 courts. La Fédération internationale de tennis (ITF) tente, du coup, d’aider la CAT et ses fédération affiliées en prodiguant des conseils, en dispensant des sessions de formation ou en envoyant du matériel (raquettes et balles). L’ITF réserve ainsi un budget de 1,2 million de dollars à l’Afrique. En tout, 35 fédérations touchent des aides.

Mais le manque de sponsoring privé reste un problème. « Nous avons quelques contacts pour obtenir du matériel ou du parrainage pour certaines compétitions, admet Hicham Riani. C’est le problème de toutes les fédérations d’Afrique. Nous faisons tout notre possible pour avoir les ressources complémentaires afin d’aider au développement de ce sport sur le continent ».

Faire tomber les barrières sur le continent

Le Sud-Africain Kevin Anderson.
Le Sud-Africain Kevin Anderson. REUTERS/Benoit Tessier

Reste une autre barrière, d’ordre culturel. Le tennis est encore perçu comme un jeu pour riche et pour occidental. « C’est une idée qui reste encore valable en Afrique et même dans certains autres pays du monde, y compris en Europe, confirme Hicham Riani. Ils considèrent le tennis comme un sport de riches. Mais cette idée est en train de disparaître ».

Pour faire évoluer les mentalités et faire progresser le niveau en Afrique, trois centres régionaux parrainés par la CAT et l’ITF ont été ouverts. Ces centres, situés à Dakar, Pretoria (Afrique du Sud), et Bujumbura (Burundi), rassemblent les meilleurs joueurs de chaque sous-région et où les pensionnaires sont pris presque intégralement en charge. Le résultat offre parfois quelques belles surprises. Hassan Ndayishimiye, un Burundais âgé de 18 ans, a ainsi participé aux compétitions juniors, à Roland-Garros ou à Wimbledon.

Impliquer les stars du tennis

L'Américaine Serena Williams donne des leçons de tennis à Soweto, en Afrique du Sud, samedi 3 novembre 2012.
L'Américaine Serena Williams donne des leçons de tennis à Soweto, en Afrique du Sud, samedi 3 novembre 2012. REUTERS/Siphiwe Sibeko

L’Afrique a encore peu d’ambassadeurs de renom : le Sud-Africain Kevin Anderson, 36e à l’ATP, est le joueur le mieux classé du continent au 5 novembre 2012. Mais les vedettes de la petite balle jaune s’intéressent désormais à l’Afrique. Les sœurs Williams, Serena et Venus, se sont par exemple rendues il y a quelques jours au Nigeria et en Afrique du Sud.

Impliquer davantage les stars mondiales, c’est une idée qui plaît à Hichem Riani : « On compte faire venir éventuellement les sœurs Williams, Yannick Noah de France ou d’autres joueurs et joueuses qui ont des origines africaines. Des personnes qui peuvent donner un coup de pouce dans le développement, dans la promotion ou dans le support du tennis en Afrique. » 

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