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Cyclisme / Dopage

Affaire Armstrong: les accusations de l’ancien directeur médical de l’AMA

L'Américain Lance Armstrong (d.).
L'Américain Lance Armstrong (d.). REUTERS/Pool/Files
24 mn

Alain Garnier, directeur médical de l’Agence mondiale antidopage (AMA) de 2000 à 2010, déplore « l’immense échec de la lutte antidopage » et pointe du doigt « la responsabilité de l’Union cycliste internationale et de l’Agence mondiale antidopage ». Son témoignage sera à écouter dans le grand reportage consacré à l’affaire Armstrong : « Lance Armstrong : un coupable, des responsables » diffusé sur RFI ce 8 novembre 2012 à 13h10 TU.

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Alain Garnier l’assure : il ne veut pas « régler de comptes personnels » ou « prendre une quelconque revanche ». Non, l’ancien directeur médical de l’Agence mondiale antidopage (AMA) souhaite seulement apporter son éclairage sur l’affaire Armstrong. Un éclairage d’autant plus intéressant que le Français a travaillé à l’AMA pendant dix ans, de 2000 à 2010, au moment où Lance Armstrong développait son système de dopage.

Le président de l’Agence mondiale antidopage de l’époque, le Canadien Richard Pound (qui a occupé le poste de 1999 à 2007), rejette avec force les soupçons de complicité avec Lance Armstrong. S’il reconnaît la tenue de réunions à huis-clos après 2005, il estime que cela n’avait rien d’anormal. « Quand on discute d'une question qui est potentiellement litigieuse, c’est mieux si on respecte la confidentialité d'une discussion tenue entre membres de la commission exécutive. On ne veut pas que les stratégies et tout le reste soient exposées à tout le monde. C’est une précaution assez normale », nous a-t-il déclaré.

Le constat qu’il dresse est sans équivoque : « C’est un immense aveu d’échec pour la lutte antidopage institutionnelle. » Et l’homme de pointer la responsabilité première de l’Union cycliste internationale (UCI) et de l’AMA. A ses yeux, les deux instances avaient « de nombreux éléments, pour ne pas dire la plupart des éléments, en tout cas les éléments scientifiques, qui leur auraient permis depuis de nombreuses années de réaliser le même travail qu’a fait l’Usada (Agence antidopage américaine) ». Elles avaient donc « toutes les informations en mains pour ouvrir une enquête ».

Pourquoi ne l’ont-elles pas fait ? Un problème de « volonté politique » selon lui. L’Union cycliste internationale était à ses yeux parfaitement au courant que Lance Armstrong se dopait : « Je me souviens de discussions au sein même de l’UCI où entre gens informés on disait que la question n’est pas de savoir s’il est dopé ou pas mais de savoir avec quoi il se dope… »

Des réunions de l'AMA à huis-clos dès qu'on parlait d'Armstrong

Alain Garnier soupçonne également son ancien employeur, l’Agence mondiale antidopage, d’avoir protégé le coureur texan après 2005. Il dénonce ainsi la tenue de comités exécutifs à huis clos « dès qu’on parlait d’Armstrong ». « On faisait sortir tous les directeurs et ça se passait comme ils disent 'in camera', à 'huis clos'. » Il ne restait plus dans la salle que « les membres du comité exécutif, le directeur général de l’AMA et son président ». « Ce que je n’ai jamais vu pour un autre dossier, aussi sensible soit-il politiquement à l’AMA », ajoute-t-il.

Le mouvement sportif est-il le mieux placé pour sanctionner les tricheurs ? L’ancien directeur médical de l’AMA répond par la négative : « Aujourd’hui, on voit bien que ça ne marche pas. Si vous regardez l’histoire, aucune grande affaire de dopage n’a été révélée pas le système antidopage du sport. C’est toujours la police, la justice ou les douanes qui ont fait éclater les scandales. Et là, dans l’affaire Armstrong, à nouveau c’est une agence fédérale, indépendante du mouvement sportif qui révèle l’affaire. » Et Alain Garnier de conclure : « La lutte antidopage ne peut pas être confiée au mouvement sportif. »

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