FOOTBALL / Espagne

Le Real Madrid et José Mourinho proches du divorce?

L'entraîneur du real Madrid, le Portugais José Mourinho, durant la rencontre de Coupe du Roi face à Alcoyano, le mardi 27 novembre 2012, au Santiago Bernabeu.
L'entraîneur du real Madrid, le Portugais José Mourinho, durant la rencontre de Coupe du Roi face à Alcoyano, le mardi 27 novembre 2012, au Santiago Bernabeu. REUTERS/Juan Medina

Depuis la prise de contrôle du Paris Saint-Germain par un fonds d’investissement qatarien (Qatar Sports Investments – QSI), une rumeur revient régulièrement dans les médias, celle de l’arrivée du technicien portugais José Mourinho. «The Special One» (comme il aime être appelé), qui est à la tête du Real Madrid depuis 2010, est de plus en plus critiqué en Espagne. Le malaise qui règne actuellement au sein du vestiaire madrilène pourrait bien précipiter son départ et le rapprocher de Paris.

Publicité

La situation est en train de devenir problématique à Madrid. Le conflit ouvert entre d’un côté certains dirigeants du Real Madrid, les «socios» (abonnés) et la presse sportive, et de l’autre José Mourinho, pourrait bien mettre un terme à l’aventure madrilène du technicien portugais.

Il faut dire qu’il n’a jamais tenté d’apaiser les esprits, bien au contraire. Si à l’époque, Florentino Perez, le président du Real Madrid, était toujours prêt à donner suite aux caprices du technicien (Mourinho avait par exemple obtenu la tête de Jorge Valdano, directeur sportif, durant l’été 2011), il n’en est plus de même.

Une situation intenable au sein du Real Madrid

Au début de cette saison 2012-2013, le Portugais avait réclamé l’embauche d’un porte-parole pour l’équipe, avec pour idée le retour d’un certain Fernando Hierro (ancien défenseur du Real Madrid et véritable star aux yeux des « socios »). Mais ce dernier avait vu son contrat de joueur résilié par un certain Florentino Perez à la fin de la saison 2002-2003, et aux yeux de ce dernier, un retour du défenseur est absolument impensable.

José Mourinho réclamait un porte-parole pour l’équipe professionnelle pour lui faciliter le travail et surtout pour qu’il accepte la tâche ingrate de critiquer l’arbitrage, les équipes rivales et les joueurs si besoin est. Les attaques du technicien portugais lors de ses conférences de presse passant mal aux yeux des dirigeants et surtout des joueurs.

D’ailleurs, le plus gros malaise actuellement se situe entre l’entraîneur et les joueurs. Les internationaux Iker Casillas (gardien) et Sergio Ramos (défenseur), piliers du vestiaire madrilène, n’ont pas apprécié de ne pas être soutenus dans leur quête de reconnaissance et d’un ballon d’or pour le gardien et capitaine de l’équipe d’Espagne. Les erreurs en début de saison du défenseur international Sergio Ramos l’ont relégué sur le banc, Mourinho n’hésitant pas à rejeter la faute d’une mauvaise entame de championnat sur le défenseur. Qui plus est, le technicien portugais estime que ces deux joueurs s’investissent plus avec l’équipe d’Espagne qu’avec leur club. Si ces dernières semaines les différentes parties se sont calmées et tentent d’apaiser le conflit, la presse et désormais les abonnés veulent se faire entendre.

Real Madrid-Alcoyano, le début du divorce?

Le match de Coupe du Roi entre le Real Madrid et Alcoyano (3-0) disputé mardi 27 novembre a peut-être marqué un tournant dans cette affaire. Conspué par une grande partie du public qui avait pour l’occasion préparé des banderoles, Mourinho paie le prix du jeu qu’il a mis en place depuis son arrivée à Madrid. Trop défensif, trop tactique, pas suffisamment spectaculaire, manque d’opportunité pour les jeunes du centre de formation, tout est bon pour critiquer le Portugais. Lors de cette rencontre de Coupe du Roi, Iker Casillas, qui n’est pourtant pas le joueur avec qui Mourinho entretient les meilleures relations, est venu à son secours sur la pelouse en lui donnant une longue accolade.

Ce mercredi matin, lors d’une conférence de presse, le gardien espagnol est revenu sur cette situation qui empoisonne le club : « Il ya quelques mois, ce n’était pas des sifflets, mais des applaudissements et des éloges qu’on entendait lorsqu’on a remporté le championnat. La mémoire est courte dans le football. Mou (surnom donné à l’entraîneur en Espagne) a conduit cette équipe au titre avec le record de points et de buts inscrits en une saison. Il faut se rappeler des bons moments et que l’on est dans la continuité de ce projet. L’effectif de cette équipe a été renouvelé il y a peu de temps, c’est un groupe jeune, qui ne veut pas s’arrêter et qui veut encore gagner. On peut être injuste avec Mourinho, mais les derniers titres du Real Madrid ont été obtenus en grande partie grâce à lui. Le vestiaire a 100% confiance en lui. C’est un entraîneur qui nous a beaucoup donné ».

Il a d’ailleurs peut-être trop « donné ». Car le Portugais en a marre d’être mis au pilori dès qu’il y a un problème. Et ces derniers temps, il n’hésite pas à rappeler qu’il souhaite revenir en Angleterre ou encore qu’ « aucun club ne lui a donné autant de bonheur que l’Inter Milan ».

L’Angleterre le fait rêver, mais Paris lui tend les bras

Bref, la fin semble proche, bien qu’en mai dernier, il ait signé une prolongation de contrat jusqu’en 2016. Un retour en Angleterre est envisageable. Mais Chelsea vient de faire son marché en recrutant l’Espagnol Rafael Benitez. Manchester City attend l’arrivée du Catalan Pep Guardiola, annoncé un peu partout d’ailleurs. Arsenal et Manchester United ne sont pas encore des destinations possibles, même si Sir Alex Ferguson songerait à Mourinho pour le remplacer.

Reste donc l’éventualité d’un retour à Milan ou le pari du PSG, certainement le seul club qui lui donnerait les pleins pouvoirs qu’il n’arrive pas à obtenir au Real Madrid. Avec un budget presque illimité en matière de recrutement, une arrivée de Mourinho en entraînerait certainement d’autres, pourquoi pas celle de Cristiano Ronaldo. Affaire à suivre.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail