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cyclisme / dopage

Armstrong : après la débâcle morale, les soucis financiers et judiciaires

L'Américain Lance Armstrong (d.).
L'Américain Lance Armstrong (d.). REUTERS/Pool/Files
Texte par : Genc Burimi
5 mn

Les aveux de dopage à la télé américaine de l’ancien coureur cycliste Lance Armstrong, risquent maintenant de lui coûter très cher sur le plan financier. Une compagnie d’assurances lui réclame des millions de dollars pour une histoire de primes lors des Tours de France indûment encaissées. Une association d’équipes de cyclisme s’apprêterait à faire de même en guise de dommages-intérêts pour atteinte à l'image du cyclisme. Sans oublier les ennuis potentiels avec la justice pénale …

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Lance Armstrong est sommé de passer à la caisse après être passé aux aveux. C’est sa compagnie d'assurances SCA Promotions qui ouvre le feu la première. Elle réclame pas moins de 12 millions de dollars et n’a pas hésité à porter plainte, notamment devant un tribunal du comté de Dallas, au Texas (sud) où est le siège de l'assureur.

Des primes qui ont récompensé les sept titres dans le Tour de France

Il s’agit initialement d’une somme de 7,5 millions de dollars de primes récompensant les victoires du Texan dans les Tours de France 2002, 2003 et 2004. Méfiante, la compagnie d'assurances avait essayé dans un premier temps de ne pas respecter ce contrat, en se fondant sur les rumeurs de dopage qui bruissaient à propos du coureur américain. Lance Armstrong a cependant réussi à faire respecter par voie de justice d’arbitrage, le paiement de ces primes en 2006. Il a même obtenu environ 5 millions de dollars en plus à titre de dommages et intérêts et de frais de justice.

Soit plus de 12 millions de dollars que la compagnie d'assurances SCA Promotions estime aujourd’hui avoir payé à tort, depuis que le dopage de Lance Armstrong est officiel et que ses sept titres au Tour de France (1999-2005) lui ont été retirés. Dans le document de la plainte de l’assureur, on peut lire ainsi cet argumentaire : « Aujourd'hui, chacun sait que Lance Armstrong a perpétué ce qui pourrait bien être le mensonge de sang froid le plus élaboré et le plus scandaleux de l'histoire du sport. Il est temps maintenant pour M. Armstrong de faire face aux conséquences de ses actions. M. Armstrong n'a le droit de garder aucun argent de la victoire versé par SCA, car il n'est le vainqueur officiel d'aucun Tour de France », peut-on lire dans le document de l’assureur SCA Promotions.

Des fédérations de cyclistes se mettent aussi à réclamer des dommages-intérêts

Du côté du cycliste américain, on essaie tant bien que mal de faire barrage par un autre argument d’ordre juridique aussi. L’assureur aurait signé un accord définitif qui l’engagerait à ne plus revenir sur les primes payées, pour quelque raison que ce soit. « Aucune partie ne peut attaquer en justice, faire appel ou tenter de s'écarter de la prime d'arbitrage » stipulerait cet accord que les avocats du coureur américain montrent volontiers à la presse. Affaire à suivre…

Comme celle d’une autre plainte qui se prépare pour réclamer à nouveau des sous à l'ex-coureur américain, cette fois de la part du Mouvement pour un cyclisme crédible
(MPCC). Cette association créée en 2007 qui rassemble des responsables d'équipes de cyclisme, prévoit dans ses statuts que des actions en dommages-intérêts peuvent être engagées « contre les coureurs ou autres personnes qui auraient porté atteinte à l'image».

Réuni en assemblée générale en France (à Roissy), le MPCC a fait savoir par la voix de son président, Roger Legeay, que «suite aux aveux de Lance Armstrong, on étudie la possibilité d'engager une action en dommages-intérêts pour atteinte à l'image du cyclisme, pour escroquerie ou tout autre chef de poursuites qui pourrait être retenu », à l’encontre de celui « qui a défiguré le cyclisme, défiguré sept Tours de France ».

Et pour finir, la justice pénale ?

Lance Armstrong et son éditeur sont poursuivis également par deux Californiens pour escroquerie et publicité mensongère. Ils estiment que les mémoires du Texan ne comportent que de mensonges maintenant qu'il a avoué s'être systématiquement dopé.

Mais le plus grave à venir pour Armstrong serait une implication de la justice pénale. La chaîne de télévision américaine ABC News a ainsi confirmé qu’une enquête fédérale était ouverte à l’encontre de Lance Armstrong pour « obstruction à la justice, subornation de témoins et intimidation », sans toutefois révéler le nom de l’organisme gouvernemental américain qui mène cette enquête.

 

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