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Jeux Olympiques

La lutte sacrifiée sur l'autel olympique

La lutte est à terre, à l'image du champion français Steeve Guénot lors des JO de Londres en août 2012.
La lutte est à terre, à l'image du champion français Steeve Guénot lors des JO de Londres en août 2012. REUTERS/Damir Sagolj
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Comité international olympique (CIO) a décidé d'évincer la lutte de la liste des vingt-cinq disciplines retenues pour les Jeux olympiques à partir de 2020. Un véritable coup de massue pour ce sport, peu médiatisé, qui espère un éventuel repêchage en septembre prochain.

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Par Antoine Raguin

C'est la "tradition". Après chaque Olympiade estivale, la commission exécutive du CIO se réunit pour procéder à une révision redoutée par les sports sur la tangente. Elle doit choisir, parmi les vingt-six sports présents lors des derniers JO, lequel n'aura plus sa place à l’avenir dans le gotha des sports olympiques et devra laisser sa place à une nouvelle discipline. Les critères de décision sont très nombreux et diversifiés : la popularité, l'universalité, la bonne gouvernance... Certains sports, comme l'athlétisme ou la natation, sont intouchables. Mardi 11 février, à Lausanne, le choix devait se faire entre la lutte, le hockey sur gazon, le canoë-kayak, le taekwondo et le pentathlon moderne.

Contre toute attente, alors que le taekwondo et le pentathlon moderne semblaient sur la sellette, c'est donc la lutte, sous ses deux formes, gréco-romaine et libre, qui a été évincée. Cette décision a suscité une énorme controverse dans le monde sportif. La lutte est un sport emblématique des JO. Elle était déjà présente en 1896 lors des premiers Jeux modernes... et aussi en 708 avant Jésus-Christ, lors des Jeux antiques.

Rendez-vous en septembre à Buenos-Aires

Ce sport de combat n'est certes pas définitivement mis de coté. Il devra repasser par la case candidature. Il se trouve désormais en concurrence avec le squash, l'escalade, le karaté, le wushu (un art martial), le baseball/softball, le wakeboard (sport nautique) et les sports de roller. Toutes ces disciplines devront défendre leur cause devant le CIO lors de son prochain congrès, prévu en septembre 2013 à Buenos Aires. L’organe, qui devra également choisir la ville organisatrice des JO 2020 parmi Istanbul, Madrid et Tokyo, désignera trois des huit disciplines candidates pour s'ajouter aux vingt-cinq déjà retenues.

En attendant, en portant son choix sur un sport aussi emblématique, la commission exécutive a suscité de nombreuses réactions, notamment au sein du monde de la lutte qui ne comprend pas son éviction. "La recommandation adoptée par la commission exécutive du CIO a fait l'effet d'une bombe. Personne ne s'y attendait", a déclaré la Fédération française de lutte (FFL) par la voix de son président Salvatore Attardo. La Fédération internationale (Fila), qui souhaitait créer un seul style de lutte pour harmoniser la discipline, ne décolère pas. Peu de disciplines peuvent se vanter d'avoir une universalité aussi importante que la lutte. Pas moins de 194 pays sont affiliés à la Fila. Dans un temps où de nombreux sports olympiques sont touchés par des affaires peu glorieuses, les instances internationales ne comprennent pas: "Quand on voit les scandales qui se sont produits aux JO de Londres avec la boxe, on ne comprend pas qu'elle figure encore dans le panel", remarque le président de la FFL.

La lutte devra se battre

Même si l’exclusion n’est pas encore définitive, c'est un coup dur qui s'abat sur la lutte, un sport qui profitait des JO pour avoir une visibilité dans les médias et auprès du public tous les quatre ans. C'est aussi un important pourvoyeur de médailles dont la France risque d’être privée, comme avec les frères Guénot qui ont remporté trois médailles au cours des deux derniers Jeux. Pour sauver son statut olympique, la lutte devra désormais monter au créneau et donner des gages de modernité au CIO. 

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