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Fin de partie pour José Mourinho au Real Madrid

L'entraîneur du Real Madrid, le Portugais José Mourinho, quittera le club à la fin de la saison.
L'entraîneur du Real Madrid, le Portugais José Mourinho, quittera le club à la fin de la saison. REUTERS/Juan Medina

Le plus médiatique des entraîneurs de la planète foot, le Portugais José Mourinho va quitter le Real Madrid en fin de saison, selon l’annonce faite lundi 20 mai par le président du club madrilène Florentino Perez. Le bilan pour celui qui est arrivé comme un sauveur chez les Merengue est plus que mitigé...

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L’idylle entre José Mourinho et les Merengue n’a pas duré plus que trois ans. Pourtant le contrat qu’il avait signé à son arrivée à Madrid en 2010 était de six ans, jusqu’en 2016. Les résultats jugés médiocres ont eu raison des engagements contractuels de part et d’autre, même si le président du club madrilène Florentino Perez a tenu à souligner que « personne n'a destitué personne »et que « cette séparation se fait d'un mutuel accord ». On est priés de le croire, alors qu’il est déjà de notoriété publique que certains joueurs cadres du Real avaient menacé de quitter le club si « Mou » ne s’en allait pas.

Peu de titres

Et pourtant, l’arrivée de celui qui s’était auto-proclamé « The Special One » lors de son passage à Chelsea, avait suscité beaucoup d’espoir à Madrid. La Maison Blanche n’avait pas hésité une seconde à payer à l’Inter Milan en 2010 une clause de cession de plusieurs millions d'euros pour racheter le contrat et s’offrir les services du technicien portugais. L’homme de 50 ans avait la réputation de faiseur de miracle. Il venait de conquérir la Ligue des champions en Italie après 45 ans de disette du club intériste. Les Merengue qui n’avaient plus accédé au dernier carré de la Ligue des champions depuis 2003, en avaient terriblement besoin aussi. L’objectif fixé par le club madrilène à José Mourinho était clair : « la décima », c’est-à-dire la dixième Ligue des champions de l’histoire du Real Madrid. Le moins qu’on puisse dire, c’est que « Mou » a échoué à réaliser ce rêve des supporters madrilènes.

Florentino Perez, le président de Real Madrid (d).
Florentino Perez, le président de Real Madrid (d). Reuters

Certes, il se console en arguant du retour des Blancs sous son règne en demi-finales de la Ligue des champions, de l’obtention d’un titre de champion d’Espagne et d’une Coupe du roi. Le président Florentino Perez, qui avait fait venir Mourinho, semble également obligé de défendre globalement ce bilan, lorsqu’il déclare : « nous pensons qu'il (Mourinho, ndlr) a redonné au club un gage de qualité et de compétitivité. Sportivement, le Real est à nouveau à la place qui lui correspond, ce qu'il avait cessé d'être pendant six ans avant l'arrivée de Mourinho ». D’ailleurs la seule vraie raison à ses yeux du départ du Portugais tient aux résultats de cette saison jugée « insuffisante ». Le président qui joue sa propre réélection à la tête du Real Madrid en juin, semble être le seul à avoir encore de l’estime pour le bilan de celui qui est devenu un entraineur honni...

Lâché par les joueurs, le public et la presse

Le premier qui avait sonné le tocsin contre Mourinho a été le vice-président du FC Barcelone Carles Vilarrubi. Il avait qualifié le nouvel entraîneur du Real Madrid « plaie pour le football espagnol », dénonçant ainsi ses coups de sang intolérables (en 2011 Mourinho avait mis son doigt dans l'oeil de Tito Vilanova, l’adjoint de Guardiola au FC Barcelone). Carles Vilarrubi se rejouit aujourd’hui en qualifiiant le départ du Portugais de « positif pour le football espagnol ». Le même esprit de ressentiment traverse également les Une de la presse espagnole, qu’elle soit sportive ou généraliste. Il y en a une qui se distingue par son grand titre en anglais (le quotidien sportif Marca), avec les mots : « The special end ». Ou bien ce titre du El Mundo : « L'ouragan Mourinho se terminera le 1er juin ». Pour ce quotidien généraliste, « le projet de Mourinho au Real Madrid a fini par mourir d'overdose ».

Iker Casillas, le gardien du Real Madrid.
Iker Casillas, le gardien du Real Madrid. REUTERS/Alex Gallardo

Adepte des phrases chocs, des provocations et des polémiques qui en ont fait un bon client des médias ibériques, José Mourinho a osé aussi ébranler le consensus qui régnait dans son équipe. C’est parce qu’il a senti son autorité mise à épreuve, qu’il a écarté du onze madrilène en décembre dernier le gardien et capitaine emblématique des Blancs Iker Casillas. Un tabou à ne pas commettre. Le retour de flamme a été immédiat. Deux autres piliers du Real, Sergio Ramos et Pepe se sont ouvertement opposés à cette dérive de Mourinho qui n’a pas hésité à sanctionner Pepe aussi. Le vers était dans le fruit et le malaise au sein de l’équipe peut expliquer les piètres résultats des Merengue en fin de saison, avec l’élimination de la Ligue des champions par Dortmund, et la finale de la Coupe du roi perdue contre l’Atlético Madrid. Les sifflements et les huées du public à chacune de ses dernières apparitions, ont fini par donner à « Mou » le statut d’un entraineur mal-aimé de partout en Espagne.

Un avenir pas encore officiel

Malgré des pistes plus ou moins sérieuses, pour l’instant il n’y a rien d’officiel quant au nom du futur club de José Mourinho, ni de son remplaçant au Real Madrid. Le Portugais a émis le souhait de retourner dans le club de son « cœur », Chelsea. La voie semble libre depuis le souhait exprimé par les Blues de ne plus garder l’Espagnol Rafael Benitez à la recherche d’un nouveau club. De retour à Chelsea, Mourinho pourra toujours caresser le rêve qui ne lui a pas réussi au Real : devenir le premier entraîneur à remporter la Ligue des champions avec trois clubs différents, après l'avoir gagnée avec le FC Porto (2004) et (l'Inter 2010).

Le président du Real Madrid aussi, a prononcé le nom de l’entraineur qu’il souhaiterait voir diriger les Merengue la saison prochaine.Il s’agit de Carlo Ancelotti qui ne boude pas à ce plaisir. Mais les dirigeants du PSG ne semblent pas très pressés de lâcher un entraineur qui a remis les Parisiens sur le rail avec qui ils ont encore un an de contrat. Les grandes manœuvres ont (re)commencé.

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