Tour de France 2013

Tour de France 2013: Murilo Fischer, digne représentant du Brésil

Murilo Fisher, le seul représentant brésilen de Tour 2013.
Murilo Fisher, le seul représentant brésilen de Tour 2013. DR

Murilo Fischer pourrait être en train de taper dans un ballon sur une plage au Brésil. Mais comme il le dit lui-même, les clichés ont la vie dure. Et Murilo Fischer a choisi le vélo « depuis sa naissance ». Pour cette centième édition, il est surtout le seul représentant dans ce pays immense, qu'il a quitté en 2001 pour vivre son rêve.

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Envoyé spécial sur le Tour de France,

Murilo Fischer est un homme calme et discret. Alors que tout s'agite autour de lui, il vous répond le plus tranquillement du monde. Pourtant, il aurait de quoi s'enflammer, voire de fanfaronner. L'un des meilleurs poisson-pilote du peloton est le seul représentant brésilien de ce 100e Tour de France. Mais pour lui, c’est presque une anecdote. Voilà une décennie que le coureur de l'équipe FDJ.fr use ses fonds de cuissard sur une selle de vélo en Europe.

« Au Brésil, on peut pratiquer tous les sports »

En 2001, grâce à un ami qui évoluait en Italie, il vient faire un essai. Depuis, Murilo Fischer se consacre à son métier, loin de sa patrie natale.

Pourtant, on imagine toujours que les jeunes Brésiliens n’ont qu’une idée en tête, frapper dans un ballon et suivre les traces de Pelé. « Le Brésil c’est grand. Il ne faut pas trop caricaturer. C’est un pays où on peut pratiquer tous les sports. »

Murilo Fischer a toujours aimé le vélo. « En fait, je ne sais pas comment est née ma passion, mais elle n’a jamais cessé de grandir. » Jusqu’à venir signer dans une équipe française. En 2012, il rencontre Marc Madiot, le manager de l’équipe FDJ.fr, sur le Critérium du Dauphiné. Après une discussion « franche » et « sincère », le Brésilien est enrôlé.

Sur le Tour de France, il était censé être le poisson-pilote de Nacer Bouhanni. Mais l’ancien champion de France a largué les amarres dès la première semaine. « Maintenant, j’aide Thibaut Pinot à rester concentré pour réussir une belle traversée des Alpes. Nous sommes une équipe soudée et il nous reste encore de belles choses à faire », explique Murilo Fischer.

« Il est fondamental. Il apporte énormément sur le plan collectif. Humainement, c’est quelqu’un d’exceptionnel », commente Thierry Bricaud, l'un de ses directeurs sportifs. « Nous sommes allés le chercher car on savait que c’était un besogneux », ajoute l'ancien coureur.

Travailleur de l’ombre, Murilo Fischer a été deux fois champion du Brésil. En Europe, il a participé aux trois grands Tours et remporté une dizaine de courses. Mais sa particularité, alors qu’il semble si discret, est la franchise.

« On aurait dû plutôt construire des écoles et des hôpitaux »

Murilo Fischer ne cache pas son désaccord avec son pays natal quant à l’organisation de la Coupe du monde en 2014. « Je crois que nous avons mieux à faire que de dépenser notre argent ainsi. Il y a trop de problèmes de santé, de sécurité ou d’éducation. On aurait dû plutôt construire des écoles et des hôpitaux. Tout ça ne sera jamais rentabilisé. » Il s'étonne de voir si peu de sportifs prendre la parole pour dénoncer « cette dépense » incroyable (environ 15 milliards d'euros, ndlr).

On l’aura compris, Murilo Fischer n’est plus une attraction pour ses coéquipiers. « Je suis professionnel depuis plus de 10 ans et le peloton me connaît. » A 34 ans, le Brésilien entend poursuivre l'aventure jusqu’en 2016, année des Jeux olympiques à Rio de Janeiro. « J’aimerais bien y terminer ma carrière », lance-t-il la mine joyeuse.

Ensuite, Murilo Fischer tentera de faire la promotion de son sport au Brésil pour que le continent sud-américain soit mieux représenté. « Nous n'avons pas la culture du cyclisme, mais beaucoup de gens regardent le Tour. Et chaque année, ils sont de plus en plus nombreux. C'est bien pour nous  », concède Murilo Fischer.

« Le vélo a beaucoup changé. Avant, c’était un sport exclusivement européen. Maintenant c’est mondial », s’enthousiasme l’Irlandais Stephen Roche, vainqueur du Tour en 1987. Un jour, un coureur brésilien portera le Maillot Jaune et Murilo Fischer verra la famille du vélo s’agrandir un peu plus. En attendant, il en profite : « J'ai vu des drapeaux brésiliens sur le bord de la route. C'est super ! »

 

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