Football / Qatar

Fin du calvaire pour Zahir Belounis

Zahir Belounis était entre autres attendu par sa mère à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 28 novembre 2013.
Zahir Belounis était entre autres attendu par sa mère à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 28 novembre 2013. AFP/THOMAS SAMSON

Retenu au Qatar contre son gré, Zahir Belounis a enfin obtenu son visa de sortie et a foulé le sol français ce jeudi 28 novembre 2013 en début de soirée. L'ambassade de France et les autorités qataries sont parvenues à un accord après deux années de cauchemar. Le Qatar applique le système de visa de sortie, un document sans lequel un étranger ne peut pas quitter le pays.

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C’est enfin la délivrance pour Zahir Belounis. Ce jeudi 28 novembre 2013 restera très certainement pour lui une date qu’il n’oubliera pas de sitôt. Après avoir été retenu pendant 17 mois au Qatar en raison d'un différend salarial avec son club, il a pris l’avion pour Paris avec son épouse et ses deux filles.

« En partie, ils m'ont détruit », a-t-il confié à sa descente de l'avion, face aux nombreux journalistes qui l'attendaient jeudi dans la soirée. « Je suis fier d'être français. Je suis en France aujourd'hui, je suis rentré chez moi, c'est bon de rentrer », a-t-il ajouté à son arrivée, où une partie de sa famille était présente. « Avec le club, l'affaire est en justice. J'ai crié tellement fort pendant des mois pour qu'on m'entende... On m'a fait du mal, je vais voir mon avocate ce soir et les gens qui ont fait ça vont le payer, ils vont le payer très cher. » « On m'a fait du chantage, mais je n'ai pas cédé », a aussi ajouté le joueur.

« Je suis très heureux »

Ce matin, juste avant son départ, il s’était entretenu avec notre correspondante au Qatar. « Je suis très heureux. Je ramène ma famille à la maison », avait-il confié. « Je n’ai aucune idée de ce qui va se passer en France pour moi. Mais revoir les gens qui m’ont soutenu, c’est ma priorité. Je n’ai pas dormi de la nuit. Dès que j’ai eu la nouvelle, nous avons préparé nos bagages. Les autorités du Qatar et l’ambassade de France ont été actives pour me faire partir assez vite », expliquait-il.

Zahir Belounis avait porté plainte pour salaires impayés contre son club Al Jaish, qui évolue en deuxième division et qu'il avait rejoint en 2007. Mais il ne pouvait avoir de visa de sortie qu'à la seule condition qu'il retire sa plainte. Le Qatar applique le système de visa de sortie, un document sans lequel un étranger ne peut pas quitter le pays, sans l'accord de son employeur ou Kafil (sponsor). Le système de la kafala, critiqué par les organisations de défense des droits de l'Homme, fait que tout étranger au Qatar se trouve pratiquement soumis à la volonté de son employeur.

Une affaire toujours en cours

Du coup, Zahir Belounis a quitté le Qatar sans avoir obtenu gain de cause et récupéré ses salaires impayés. Mais il n’a pas renoncé à sa plainte. « C’est toujours en cours et j’attends le jugement », précisait-t-il avant son départ. En attendant, le footballeur qui avait à un moment arrêté son sport pourrait bien rebondir de l’autre côté de la Manche. « J’ai des clubs de Premier League qui se sont manifestés symboliquement pour que je reprenne l’entraînement. On va voir si j’en suis capable ».

Il y a un mois, Zahir Belounis avait vendu tous ses biens croyant pouvoir partir. De guerre lasse, il y a quelques jours, il a interpellé Zinédine Zidane et Pep Guardiola, les ambassadeurs de la Coupe du monde 2022 organisée par le Qatar, pour sortir de ce piège. Le voilà désormais libre...

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