Football / Portugal

L’adieu du peuple portugais à Eusébio

La dépouille d'Eusébio a fait le tour du stade de la Luz à Lisbonne, le 6 janvier 2014.
La dépouille d'Eusébio a fait le tour du stade de la Luz à Lisbonne, le 6 janvier 2014. REUTERS / Hugo Correia

La mort de l'attaquant portugais Eusébio a soulevé une immense émotion au Portugal, où trois jours de deuil national ont été décrétés. Ce lundi 6 janvier, sa dépouille a fait le tour du stade de la Luz à Lisbonne avant une messe célébrée à sa mémoire. En fin d’après-midi, le meilleur joueur de l’histoire du football portugais a été inhumé au cimetière de Lumiar, dans la banlieue nord de la capitale.

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En ce début d'après-midi hivernal, sous la pluie, le public venu en masse a agité des drapeaux à l'effigie d'Eusébio, allumé des fumigènes rouges et entonné l'hymne national autour du stade de la Luz à Lisbonne. Au passage de la limousine noire transportant le cercueil, beaucoup de fans en deuil ont jeté leurs écharpes rouges sur le véhicule. Le cercueil, recouvert d'un drapeau rouge de Benfica (son club pendant 15 ans), est entré dans le stade, à l'occasion d'un dernier tour d'honneur de la « panthère noire », avant d'être porté au centre de la pelouse où il a été brièvement placé sur un socle doré.

Anibal Cavaco Silva : « Le Portugal a perdu l'un de ses fils les plus aimés »

La limousine a ensuite fait lentement le tour au son de Con te partiro chanté par l’Italien Andrea Bocelli. Au premier rang du stade figuraient tous les joueurs du Benfica regroupés autour de leur entraîneur Jorge Jesus. Faire le tour du stade était le voeu ultime d'Eusébio, qui voulait donner à ses supporteurs l'occasion de faire leurs derniers adieux. Les drapeaux de la capitale portugaise ont été mis en berne.

Ensuite, une messe a été célébrée en l'Église du Séminaire près du stade de la Luz, où de nombreuses personnalités comme par exemple l'ancien joueur du PSG, Pauleta, avait fait le déplacement avec aussi toute l'équipe du Benfica. Le président de la République avait bien entendu fait le déplacement.

Déjà dimanche soir, jusque tard dans la soirée, des stars du monde du football, des hommes politiques et des supporteurs anonymes s'étaient relayés au chevet de l’homme du « petit peuple ». La disparition d'Eusébio a suscité une vive émotion au Portugal, où le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. « Le Portugal a perdu l'un de ses fils les plus aimés, Eusébio da Silva Ferreira. Le pays pleure sa mort », avait déclaré le président de la République, Anibal Cavaco Silva.

La télévision portugaise a retransmis toute la cérémonie en direct. En fin de journée, à la nuit tombée, le défunt est arrivé au cimetière de Lumiar où le public très nombreux, s'est rassemblé pour un dernier adieu à l'ancien Ballon d'Or. Des centaines de personnes ont suivi le véhicule jusqu'aux portes du cimetière, toujours sous cette pluie incessante, en scandant son nom.

Les supporters portugais rendent hommage à Eusébio.
Les supporters portugais rendent hommage à Eusébio. REUTERS/Rafael Marchante

« J'ai tout fait, sauf gagner un Mondial »

Depuis l’annonce de son décès, c’est tout un peuple qui pleure la disparition de « l’homme à la frappe puissante ». En attestent ses statistiques incroyables, qui feraient pâlir une armée de footballeurs avec 733 buts en 745 matches selon la fédération portugaise. Au Portugal, Eusébio faisait partie du patrimoine national, au même titre que la diva Amalia Rodrigues. Tous les Lusitaniens se souviennent de ses neuf buts lors du Mondial 1966 en Angleterre. « Eusébio est immortel », a même dit son compatriote José Mourinho, l’actuel entraîneur de Chelsea.

« J'ai été meilleur joueur du monde, meilleur buteur du monde et d'Europe. J'ai tout fait, sauf gagner un Mondial », avouait Eusébio fin 2011, se rappelant encore des larmes versées après la demi-finale perdue par le Portugal face à l'Angleterre (2-1). « Tout le monde se souvient du jour où il est sorti du terrain en larmes, pleurant pour le Portugal. Les larmes d'Eusébio sont aujourd'hui les nôtres », avait commenté dimanche le président de la République. Le Portugal avait terminé finalement troisième après une ultime victoire contre l'Union soviétique. Sa meilleure performance à ce jour lors d’un Mondial. 

Eusébio avait vu le jour à Maputo le 25 janvier 1942, au Mozambique, ancienne colonie portugaise. Aujourd’hui, c’est loin de sa ville natale que ce métisse, fils d'un ouvrier du chemin de fer et d'une Mozambicaine, a rejoint sa dernière demeure.

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