Rugby / France / Top 14

Jonny Wilkinson, tout sauf rasoir

Jonny Wilkinson lors de la finale de la Coupe d'Europe, le 24 mai 2014.
Jonny Wilkinson lors de la finale de la Coupe d'Europe, le 24 mai 2014. REUTERS/Rebecca Naden
4 mn

L'ouvreur Jonny Wilkinson, héros du titre mondial de l'Angleterre en 2003, jouera samedi le dernier match de sa carrière lors de la finale du Top 14 avec Toulon face à Castres. La semaine dernière, à la veille de ses 35 ans, il avait déjà remporté la Coupe d’Europe.

Publicité

Anobli par la reine, Sir Jonny Wilkinson s’apprête à faire ses adieux au rugby. Mais il va rester dans la mémoire collective un long moment. Après dix-sept années de bons et loyaux services au plus haut niveau, ce fin tacticien va refermer le livre de sa prestigieuse carrière lors de la finale du Top 14. Une belle porte de sortie avant de prendre un repos plus que mérité.

Se retirer la conscience tranquille

« Ce n'est pas du tout le moment de se concentrer sur ma retraite car je voudrais focaliser toute mon attention et mon énergie sur l'équipe et ces deux derniers matchs de la saison », lançait le 19 mai, avant la finale européenne, le joueur aux 91 sélections avec le XV de la Rose.

En 2009, Wilkinson quitte son club de toujours, les Newcastle Falcons, pour débarquer sur la rade. Un endroit où il a joué un rôle prépondérant dans la fulgurante ascension du RCT couronnée de deux Coupes d'Europe (2013 et 2014), de trois finales du Top 14 (2012, 2013 et 2014) et de deux finales de Challenge européen (2010, 2012). Onze années après avoir tutoyé les sommets du rugby mondial avec le XV de la Rose, il a l'occasion de toucher ceux du rugby de clubs. Et de se retirer la conscience tranquille, avec un des palmarès les plus complets de l'histoire de ce sport.

Des succès et des doutes

Avec deux succès d’affilées, Jonny Wilkinson couronnerait une carrière brillante, mais aussi irrégulière. En effet, jusqu'en 2007, le joueur a connu une série de blessures qui l’ont obligé à jouer par intermittence. En 2003, trois mois seulement après la victoire de l’Angleterre en Coupe du monde, Jonny Wilkinson doit se faire opérer de l’épaule droite. Ensuite, il souffrira de blessures au bras, au genou, aux adducteurs et à un rein. Un vrai calvaire. Il en fera même une dépression. Dans son autobiographie, Jonny Wilkinson explique avoir trouvé le salut dans la pratique du bouddhisme.

Ce stakhanoviste du ballon ovale, qui prolonge régulièrement les séances d'entraînement pour s'exercer face aux poteaux pendant des heures dans sa position si caractéristique, a préparé avec son inégalable méticulosité ce dernier défi. Répéter ses gamme jusqu’à plus soif, c’est sa marque de fabrique. Méticuleux jusqu'au bout des crampons, il apprend le français dès son arrivée à Toulon pour faciliter son intégration.

« Je me souviens d'un match lors duquel il avait manqué deux pénalités et un drop avec son pied gauche favori. Il avait décidé de frapper du pied droit. "Wilko", c'était ce genre de gars. Il restera comme le professionnel ultime et je suis chanceux d'avoir joué avec lui dès le plus jeune âge, depuis une tournée en 1997 alors que nous n'étions que des gamins », a raconté son ex-coéquipier anglais Mike Tindall, champion du monde avec l'ouvreur de Toulon. Wilkinson ne laisse jamais la place au hasard.

Dernière ovation au Stade de France

Son plus célèbre drop restera celui de la finale de la Coupe du monde 2003 contre l'Australie, qui a offert à l'Angleterre l'unique sacre de son histoire, le seul d'une équipe de l'hémisphère nord. Sa carrière internationale, Jonny Wilkinson l’a terminée le 8 octobre 2011 contre la France en quart de finale de la Coupe du monde à Auckland. Il quitte alors le XV de la Rose sans gloire, après une défaite 12-19 face aux Bleus.

Wilkinson qui a éliminé presque à lui tout seul la France lors des Coupes du monde de 2003 et 2007, est devenu au fil du temps le chouchou des supporters de Toulon. Et même au-delà dans l'Hexagone.

Seize ans plus tôt, avec les Falcons, Wilkinson gagnait le titre de champion d'Angleterre pour sa première saison professionnelle. Ce samedi, il pourrait boucler sa carrière sur un nouveau et dernier titre.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail