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Cyclisme / Tour de France

Le cyclisme français a retrouvé de belles couleurs

Jean-Christophe Péraud (g) et Thibaut Pinot (d) entourent Vincenzo Nibali sur le podium du Tour de France 2014.
Jean-Christophe Péraud (g) et Thibaut Pinot (d) entourent Vincenzo Nibali sur le podium du Tour de France 2014. EUTERSJerome Prevost/Pool
5 mn

Cela n’était plus arrivé depuis trente ans : deux Français sont montés sur le podium du Tour de France. Le cyclisme tricolore récolte ainsi ce qu’il a semé : bien structuré et à la pointe de la lutte contre le dopage, il offre à ses coureurs les conditions pour briller dans un sport lui-même en plein renouveau.

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C’était devenu une Arlésienne… Depuis 1997 et la deuxième place de Richard Virenque, les Français jouaient les faire-valoir au classement général du Tour de France. Malgré les exploits de Thomas Voeckler, qui a passé 10 jours en jaune en 2004 puis en 2011, aucun tricolore ne parvenait plus à accrocher une place sur le podium de la Grande Boucle. Quant au rêve de voir deux Français parmi les trois premiers – une performance réalisée pour la dernière fois en 1984 avec Laurent Fignon et Bernard Hinault –, il paraissait totalement inaccessible.

Vous le savez maintenant, Jean-Christophe Péraud, deuxième du Tour qui vient de s’achever, et Thibaut Pinot, troisième, ont donc vaincu le signe indien et l’on peut désormais parler de renouveau du cyclisme français. D’autant que les performances des leaders d’AG2R et de la FDJ ont été complétées sur l’édition 2014 par d’autres tout aussi remarquables : la victoire de Blel Kadri à Gérardmer dans la 8e étape, celle de Tony Gallopin à Oyonnax dans la 11e, le maillot jaune porté par ce même Gallopin le 14 juillet, sans oublier la belle 6e place au général de Romain Bardet, la victoire d’AG2R au classement par équipes ou encore le maillot blanc de meilleur jeune à Thibaut Pinot.

Seule légère ombre au tableau : la 11e place de Pierre Rolland. 8e en 2011 et 10e en 2012, le leader d’Europcar a sans doute péché par gourmandise. 4e du Tour d’Italie en mai, Rolland a appris à ses dépens que le cyclisme moderne ne permet plus d’enchaîner deux grands tours en restant à son meilleur niveau.

Comment, dès lors, expliquer ce renouveau français ? Les raisons sont multiples. Elles tiennent aux circonstances particulières de ce 101e Tour de France ainsi que, plus largement, à l’évolution du cyclisme.

Un cyclisme hexagonal bien structuré

Evacuons d’abord la conjoncture. Sans les abandons causés par des chutes des deux hyperfavoris du Tour, Christopher Froome et Alberto Contador, il est probable que le podium fût resté difficilement accessible à Péraud et Pinot. Mais à part ces abandons fortuits, les deux Français ont su forcer leur destin. Jamais leurs principaux rivaux – Alejandro Valverde, Tejay Van Garderen ou Laurens Ten Dam – ne furent en mesure de les inquiéter en montagne. En dehors de Vincenzo Nibali, intouchable, Péraud et Pinot ont, jour après jour, mené leur course à leur main dès que la route s’élevait. Quant au contre-la-montre final, qui donna à Valverde une ultime occasion d’accrocher le podium, il a démontré l’état de forme du Toulousain Péraud et les gros progrès du Franc-Comtois Pinot.

Du côté de l’évolution du cyclisme, on peut émettre l’hypothèse que la guerre toujours plus intensive contre le dopage sert les intérêts des équipes les plus propres. Avec la mise en place du passeport biologique, le filet se resserre chaque jour un peu plus sur les tricheurs. Demandez au Tchèque Roman Kreuziger, 5e du Tour en 2013, ce qu’il en pense, lui qui a été écarté de la Grande Boucle cette année en raison d’anomalies dans son passeport biologique. Par ailleurs, la France est depuis plusieurs années en avance dans cette lutte : on trouvait six équipes françaises sur les sept qui, en 2007, ont fondé le Mouvement pour un cyclisme crédible.

Enfin, on peut mettre dans la balance la structuration du cyclisme professionnel français, qu’il s’agisse de ses équipes ou de ses courses. Dans un peloton où la moitié des formations a moins de dix ans d’âge, la stabilité des parraineurs – 18 ans pour Cofidis et la FDJ – mais aussi celle des structures sportives qu’ils soutiennent – la formation AG2R est née en 1992 sous le nom de Chazal – sont des gages de progrès. « La ténacité de Vincent (Lavenu, manager d’AG2R) nous a portés vers le sommet », confiait Jean-Christophe Péraud après le contre-la-montre de Périgueux.

Confirmer à l’étranger

Parallèlement, la densité et la variété des épreuves proposées dans l’Hexagone – à commencer par le Tour de France qui délivre régulièrement des invitations à des équipes françaises non qualifiées – offrent des débouchés à tous les talents.

Pour positives que soient les performances de Péraud et Pinot, il va leur falloir confirmer, et pas uniquement sur le Tour de France. Ils en sont conscients. Ils en ont même envie. « Ça va être compliqué de faire aussi bien l'an prochain. Mais je vais encore progresser. Je vais faire la Vuelta, je vais prendre encore de la caisse », annonce Pinot. « J'ai encore envie de découvrir des choses. Je n'ai encore jamais fait le Giro, il me reste deux ans pour le découvrir », renchérit Péraud du haut de ses 37 ans. Le renouveau du cyclisme français doit maintenant être confirmé à l’étranger. Ces 20 dernières années, un seul tricolore a fini sur le podium de la Vuelta ou du Giro, c’était John Gadret en 2011 de l’autre côté des Pyrénées…

 

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