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Boxe / France

Jean-Marc Mormeck : « Je suis un homme de défi »

Jean-Marc Mormeck  en octobre 2012.
Jean-Marc Mormeck en octobre 2012. Lars Baron/Bongarts/Getty Images
Texte par : Romain Schué
5 mn

De retour dans la catégorie des lourds-légers, celle qui l’a rendu célèbre au cours des années 2000, Jean-Marc Mormeck se rapproche de son dernier défi. Opposé au Polonais Mateusz Masternak (27 ans, 1,83m, 33 victoires, dont 24 avant la limite, 2 défaites) le 5 décembre au Palais des Sports d’Issy-les-Moulineaux, le Guadeloupéen de 42 ans va disputer une « demi-finale » à double tranchant. Une victoire et un nouveau championnat du monde l’attend. Ou la retraite…

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RFI : En juin, vous avez dominé le Hongrois Tamas Lodi pour votre retour en lourds-légers. Le rêve de décrocher une nouvelle et dernière ceinture mondiale se rapproche à grand pas…

Jean-Marc Mormeck : C’est l’objectif, ce combat va m’en ouvrir le chemin ! Mais ce n’est pas un rêve. Des championnats du monde, j’en ai déjà vécus. J’en ai même gagnés six en neuf combats. Finir sur une ceinture, près de dix ans après ma dernière victoire (en 2007), ce serait une belle fin de carrière ! C’est mon dernier challenge.

Physiquement, comment vous sentez-vous ?

Bien ! Je m’entraîne dans ce sens. Même si l’on me rappelle constamment mon âge (42 ans), d’autres ont réussi, avant moi, à prouver que l’âge n’est pas un frein. J’ai peut-être moins de conditions physiques qu’un jeune de vingt ans, mais j’ai davantage de maturité et d’expérience. Je compense avec une certaine sagesse.

Votre prochain adversaire n’a justement que 27 ans. Cela ne vous inquiète donc pas ?

Tamas Lodi (24 ans au moment du combat) était encore plus jeune et cela ne m’a pas plus inquiété ! J’ai prouvé que l’âge n’avait pas joué puisque j’ai gagné avant la limite. En boxe, tout peut arriver. Il suffit d’un coup, de mon côté, comme du sien…

Vous n’avez pas l’habitude de vous focaliser sur la boxe de vos adversaires. Mais que connaissez-vous de ce Polonais ?

Rien ! J’ai à peine regardé une ou deux minutes, pour connaître sa taille et sa boxe. Mais je n’aime pas trop ça. Je ne l’ai jamais fait. Je ne vais pas changer mes habitudes. Mes coachs s’en occuperont et me feront travailler en conséquence.

Pensez-vous déjà à la suite ? À ce prochain championnat du monde en cas de succès ?

Ce combat doit m’en ouvrir les portes, c’est ce que l’on a négocié. Mais on verra après le 5 décembre. L’objectif, pour l’instant, c’est de battre Masternack.

À quelle date souhaiteriez-vous disputer cette ceinture mondiale ?

Il faut que ça aille très vite ! On peut envisager le premier trimestre (2015).

Ce combat du 5 décembre est à double tranchant. En cas de défaite, vous avez annoncé votre retraite…

Je n’ai pas peur. Ce sont les aléas de la vie, je l’ai décidé. Il y a un côté excitant. C’est la surprise. Je me fixe des objectifs, mais il y a beaucoup d’incertitudes. Peut-être une part de chance.

Avez-vous déjà envisagé votre après-carrière ?

Au-revoir la boxe et le ring ! Tout dépendra des opportunités. Je pourrais être organisateur, promoteur, mais rien n’est éternel. Je pourrais quitter ce sport et ne plus en parler.

Sur les réseaux sociaux, vous avez posté une photo illustrant le fameux combat entre Ali et Foreman en Afrique qui fête ses 40 ans. Vous souhaitiez vous aussi disputer une telle rencontre sur ce continent. Ce projet est-il abandonné ?

Je ne sais pas. Concentrons-nous déjà sur Masternack. Après, tout peut se faire. En cas de succès, on verra le lieu et les opportunités. Bien sûr, je rêve de disputer un tel championnat du monde, peut-être au Grand Palais (à Paris) ou ailleurs.

Votre défaite chez les lourds face à Wladimir Klitschko en mars 2012 ne vous a pas démoralisé. Vous appuyez-vous sur cet affrontement ?

J’ai osé rencontrer et défier un Klitschko dans une catégorie qui n’était pas la mienne. Ce n’est pas Masternack qui va me faire peur ! Ce combat me sert ! J’ai affronté dans cette catégorie, en peu de temps, des boxeurs plus costauds, plus forts. Aujourd’hui, je me sens plus à l’aise chez les lourds-légers. Certains me tiennent rigueur de cette défaite, mais je suis désolé pour eux. Même de vrais poids lourds n’arrivent pas à le détrôner. Mais j’ai tenté mon défi, même si je ne l’ai pas réussi.

Finalement, pour résumer votre carrière, il n’existe qu’un seul mot : « défi »…

Je suis un homme de défi. La vie, je pense qu’il faut la vivre à fond. Je la vis ainsi. Je me lance des défis. J’ai commencé ce sport sur le tard, vers 15, 16 ans. J’ai très peu combattu chez les amateurs, à peine quinze combats, je me suis lancé une série de défis pour arriver là où je suis. Dès mon deuxième combat professionnel, je disputais un championnat de France. Puis j’ai sauté l’Europe pour le Monde. J’ai pris des raccourcis, car je suis un homme de défi !

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