Cyclisme

Tour de France: Christopher Froome le mal aimé ?

Christopher Froome avant le départ de la 15e étape du Tour de France, le 19 juillet 2015 à Mende.
Christopher Froome avant le départ de la 15e étape du Tour de France, le 19 juillet 2015 à Mende. REUTERS/Benoit Tessier
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En pleine course, un spectateur a arrosé Christopher Froome le Maillot jaune d'urine en le traitant de dopé samedi entre Rodez et Mende. Le climat autour de l'équipe Sky est de plus en plus tendu et le vainqueur de l'édition 2013 se défend toujours de tricher.

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De notre envoyé spécial à Valence,

Si le Tour de France avance, certains ont l’impression que le cyclisme recule depuis quelques jours. Et c’est une forme de malaise qui s’est installé autour de Christopher Froome et de son équipe Sky. Le Britannique, Maillot jaune sur les épaules depuis la première étape dans les Pyrénées, où il a écrasé la concurrence dans la montée du col de La Pierre Saint-Martin, est au cœur d'une polémique.

Des comportements intolérables

Samedi, entre Rodez et Mende, Froome a été aspergé d’urine par un spectateur qui l'a par la même occasion traité de dopé. Ce dimanche matin, avant la 15e étape remportée par l’Allemand André Greipel, Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, a appelé au respect du Maillot jaune. « Le comportement de certains spectateurs, une minorité heureusement, est évidemment intolérable », condamne Prudhomme.

Le meilleur lieutenant de Froome, Richie Porte, a aussi raconté avoir été frappé par un spectateur lors de la traversée pyrénéenne. « Le coureur dominateur n'a jamais été aimé dans l'histoire du Tour de France. C'était vrai avec Jacques Anquetil, c'était vrai avec Eddy Merckx, ça se produit là encore. Mais il y a un minimum de respect à avoir », estime Christian Prudhomme. « Si c’est vraiment le cas, c’est ridicule et honteux », indique le coureur français Thibaut Pinot.

Christopher Froome, qui est désormais encadré par des policiers au départ, a bien du mal à accepter les critiques. « Je ne supporte pas que d’anciens coureurs jettent la suspicion sur moi alors qu’il n’avait qu’une seule manière de faire du vélo ». Froome fait référence au tweet de Lance Armstrong, déchu de ses sept Tours de France, et aux commentaires sur France Télévision de Laurent Jalabert, reconverti en consultant. Tous deux ont émis des soupçons à son égard. « Ce n’est plus le far west des quinze dernières années, et les choses ont changé », se défend Froome qui pointe du doigt certains médias.

Soutenu sur les réseaux sociaux

A propos de l'influence des commentaires diffusés dans les médias, mis en cause par Froome, le directeur du Tour déclare : « Bien sûr, et c'est l'ancien journaliste qui parle, ce qu'on écrit ou ce qu'on dit a une influence sur les esprits les plus faibles qui peuvent avoir ensuite un comportement intolérable, inadmissible ».

Aujourd’hui, Christopher Froome estime avoir été très supporté sur les 188 kilomètres entre Mende et Valence. Il a aussi souligné le soutien qu’il reçoit sur les réseaux sociaux. « N’avez-vous jamais pensé à abandonner pour protester ? », lui a pourtant demandé Gianni Mura, journaliste au quotidien italien La Repubblica, en référence à l’abandon de Gino Bartali en 1950 sur la Grande Boucle pour protester contre un spectateur qui l’avait menacé avec un couteau. « Non », a sèchement répondu l'intéressé.

L’Espagnol Alberto Contador, vainqueur du Tour 2010 mais sous le coup d’un contrôle positif, est blanchi par sa fédération nationale et peut participer à la course en 2011. Et le public le siffle lors de la présentation des équipes. Le Tour de France se nourrit souvent de polémiques.

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