Cyclisme

Romain Bardet sauve son Tour de France

Romain Bardet, le 23 juillet 2015, lors de la 18e étape du Tour de France 2015 entre Gap et Saint-Jean-de-Maurienne.
Romain Bardet, le 23 juillet 2015, lors de la 18e étape du Tour de France 2015 entre Gap et Saint-Jean-de-Maurienne. REUTERS/Eric Gaillard
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Au courage, après un raid en solitaire d'environ quarante kilomètres, Romain Bardet (AG2R La Mondiale) a remporté la 18e étape du Tour de France 2015, ce jeudi, devant Pierre Rolland (Europcar). Un doublé français alors que Chris Froome (Sky), qui n'a jamais été en difficulté, a préservé son maillot jaune à trois jours de l'arrivée à Paris. 

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De notre envoyé spécial à Saint-Jean-de-Maurienne,

Au café Carteman, sur les hauteurs de Saint-Jean-de-Maurienne, devant l’écran de télévision, une femme hurle : « C’est un Français qui a gagné ». Mais elle ne connaît pas son nom. Trop de bruit pour entendre les commentaires. A côté d’elle, toujours avec sa chemise blanche, Jean-René Bernaudeau, le patron de la formation Europcar a le sourire crispé. A la recherche d’un nouveau sponsor, il aurait certainement bien aimé voir Pierre Rolland, deuxième du jour, ramener cette victoire de prestige. Après Alexis Vuillermoz, lors de la 8e étape, le 11 juillet, c'est Romain Bardet, 24 ans, qui signe la deuxième victoire d'AG2R-La Mondiale.

L'audace récompensée

Lors de cette 18e étape, longue de 186,5 km entre Gap et Saint-Jean-de-Maurienne, le héros du jour était bien le 6e de la dernière édition, qui avait lui connu une journée compliquée entre Digne-les-Bains et Pra-Loup hier. Oubliées les difficultés, Bardet a prouvé qu’il avait des qualités. De descendeur notamment, faisant sauter ceux qui ont tenté de le suivre. Pinot, Fuglsang, Anacona, Talansky, Rolland et autres Rodriguez ont lâché et Bardet s'en est allé.

« Chaque jour, il faut remettre les compteurs à zéro », témoigne le médecin de l’équipe. « Il s’est battu comme un champion. D’un jour à l’autre, tout change, commente Vincent Lavenu, son manager. Il a bien fait de s’accrocher, aujourd’hui il a fait partie des meilleurs coureurs mondiaux. Romain (Bardet) est un travailleur. » Troisième à Mende, Bardet avait des larmes de peine après sa défaite face au Britannique Stephen Cummings alors qu’il y croyait. Aujourd’hui, c’est la joie qui l’emporte. « Peut-être qu’il faut perdre avant de gagner. Cet échec m’a donné de l’appétit », raconte Bardet.
 

Rebondir avant Paris

« Je suis un homme heureux. C’était important de relever la tête après mes déconvenues sur ce Tour », lance Romain Bardet. « L’an dernier, certaines conditions ont été favorables. Pour les Français, c’est une course avec beaucoup de pressions. Je reviendrais pour faire un bon classement général. Mais aujourd’hui, j’ai fait le vélo que j’aime », avoue-t-il. S’il n’a pas été au rendez-vous, Bardet a réussi à « rebondir ».

Désormais 10e au général, Romain Bardet s'est même payé le luxe de revenir dans la course pour le Maillot à pois et, à la faveur des points décrochés, se retrouve même à égalité avec Purito Rodriguez. Derrière, les favoris sont arrivés ensemble, à près de trois minutes et Chris Froome, serein, a conservé son Maillot jaune.

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