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Jeux africains

Ben Youssef Meïté sur le 100 mètres: « 10 secondes, c’est zéro ! »

Pour la Côte d'Ivoire, « l’objectif est d’abord de gagner les Jeux Africains » assure Ben Youssef Meïté.
Pour la Côte d'Ivoire, « l’objectif est d’abord de gagner les Jeux Africains » assure Ben Youssef Meïté. RFI/Christophe Jousset

Porte-drapeau de la Côte d’Ivoire aux Jeux olympiques à Londres, le sprinteur Ben Youssef Meïté qui fut désigné meilleur sportif ivoirien en 2010 devant Didier Drogba et Yaya Touré a plongé pendant deux ans cumulant des ennuis de santé (fracture à la base du gros orteil, malaria) et des épreuves personnelles (son père ancien spinter est décédé en février 2014). Le mois dernier aux Mondiaux de Pékin, il a retrouvé son meilleur niveau en atteignant les demi-finales et compte bien, à 28 ans, concrétiser son retour au premier plan en remportant le 100 mètres aux Jeux Africains de Brazzaville ce lundi.

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Radio France Internationale : Ben Youssef Meïté, vous êtes champion d’Afrique sur 100 mètres en 2010 puis sur 200 mètres en 2012. C’est une période où vous êtes au top, vous battez le record de Côte d’Ivoire en demi-finale des Jeux Olympiques 2012 et puis vous disparaissez. Que s’est-il passé pendant tout ce temps ?

Ben Youssef Meïté : En 2012, j’avais un très bon encadrement, tout mon entourage était très motivé. Murielle Ahouré m’avait appelé pour me dire : « Viens t’entraîner avec moi, c’est sûr que tu vas courir en moins de 10 secondes ». Et puis aux Jeux de Londres, je me suis blessé en demi-finale. Le sésamoïde, un petit os à la base de l’orteil gauche, était fracturé. J’ai choisi de ne pas me faire opérer. Je me suis reposé, j’ai fait des soins. En 2013, je décide d’aller à l’entraînement. Le matin, je me lève et je tombe. J’ai voulu prendre appui sur mon pied gauche, je n’ai pas réussi. Ça fait très mal ! Ça m’a vraiment tué. Mais il fallait se décider : arrêter ou continuer. Je ne pouvais pas arrêter parce que c’est quelque chose que j’aime et je n’avais pas encore atteint tous mes objectifs. Un athlète qui court un 100 mètres en 9 secondes, on le respecte. Lorsque j’ai fait 10 secondes et 5 centièmes cette année, je me suis dit : c’est pas encore fini.

Ici à Brazzaville, il s’agit de confirmer votre retour ?

Je ne suis pas là pour rigoler, je suis là pour gagner le 100 mètres. Sur 200, je ne me suis pas entraîné cette année. Mon coach m’a dit que j’étais prêt pour courir sous les 10 secondes. Courir en 9 secondes, c’est le haut niveau. Dix secondes c’est fini, dix secondes, c’est zéro ! Avec ce chrono, tu n’es pas dans le jeu, on ne te voit pas. C’est devenu très très très difficile. Les années précédentes, il y avait une douzaine de personnes qui couraient en 9 secondes. Maintenant il y en a 27-28 : c’est énorme ! Ça veut dire que si tu ne cours pas en 9 secondes, il faut partir. Si je n’ai pas couru en 9 secondes l’année prochaine, ce sera difficile de rester encore. Mais je suis sûr que vais le faire.

En s’appuyant sur vous et Wilfried Koffi, la Côte d’Ivoire est ambitieuse pour le relais 4 x 100 mètres et elle pense aux Jeux olympiques 2016. Ce projet commence ici aux Jeux africains…

Oui, l’objectif est d’abord de gagner les Jeux africains. Ce sera un test. Il nous faut au minimum une médaille. Ce sera la première étape. Ensuite il faudra travailler ensemble pour voir ce qu’il faut changer. Le relais, ça ne se travaille pas en deux ou trois semaines, non ! Pour être dans les meilleurs aujourd’hui, c’est une affaire de perfection. On ne peut plus se contenter d’à peu près. Je l’ai dit à mes jeunes coéquipiers : « Si c’est pour rigoler, c’est mieux de laisser tomber. On rigole une fois qu’on a quitté la piste. » Moi je suis prêt à m’investir jusqu’à Rio. Je suis prêt à tout faire. J’aime mon sport et je cherche la relève. Il va falloir que les gens de la Fédération se bougent un peu plus. Nous, on a envie de gagner, on travaille pour. Il faut que ces personnes-là aient la même envie. Ce n’est pas ce qu’il y a dans la tête de tout le monde.

La Côte d’Ivoire a une forte tradition dans les relais. Elle était par exemple en finale aux Championnats du monde en 2001…

Oui j’ai suivi ça, j’étais tout petit. C’est mon frère Ibrahim qui courait à l’époque. La Côte d’Ivoire avait une seule personne qui courait en 10 secondes. Aujourd’hui on a deux personnes qui courent en 10 secondes et 5 centièmes. C’est gros ! C’est depuis cinq ou sept ans qu’on a disparu. Ce n'est pas normal !

Pendant que vous étiez blessé, Wilfried Koffi est devenu champion d’Afrique du 100 mètres et vous a pris le record de Côte d’Ivoire. Avez-vous bien vécu cette émergence ?

Oh oui ! C’est une bonne concurrence. En fait j’ai entendu plein de choses : « [changeant sa voix avec un air crispé] C’est bien pour Meïté. Il se prenait pour le meilleur, bla-bla-bla. » Mais il ne s’agit pas de ça ! Le 100 mètres en Côte d’Ivoire ne m’appartient pas. Moi je suis content pour lui. Wilfried et moi, on s’entend trop bien. Depuis les Mondiaux de Pékin, on est dans la même chambre. Ici aussi à Brazzaville. Et on ne sort pas l’un sans l’autre. Quand on arrive sur la piste, on se déchire et on rentre. Après ça, on est de bons potes !

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