Mondial de rugby

Des supporters heureux mais inquiets pour le XV de France

Le joueur du XV de France Frédéric Michalak en pleine action, le 1er octobre 2015.
Le joueur du XV de France Frédéric Michalak en pleine action, le 1er octobre 2015. Reuters / Andrew Boyers Livepic

Face au Canada, le XV de France a remporté le 1er octobre son troisième match lors de ce Mondial en Angleterre avec cinq essais (41-18). Les Bleus sont qualifiés pour les quarts de finale. Nous avions choisi de suivre cette rencontre avec des supporters au quatier général des partenaire des Bleus. Les avis sont partagés. Ambiance.

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On s’était dit que ce serait bien d’aller voir un match du XV de France dans un endroit plein de supporters, en plein cœur de la capitale française. On a trouvé le lieu idéal où les partenaires du XV tricolore, notamment la RATP, se donnent rendez-vous à chaque match. Et on n’a pas été déçu. On a découvert que les fans mangeaient autant, sinon plus que les rugbymen ! En quelques minutes, un buffet a été englouti et tout le monde réclamait du pain… C’était presque un épisode d’Astérix avec des Obélix en pagaille. Supporter l’équipe de France, c’est du travail.

« C'est pas gagné ! »

Passons au rugby. Durant l’hymne national, les 200 convives, le verre levé, ont entonné en cœur la Marseillaise. Tout cela avant de se dire qu’une victoire contre le Canada, c’est aussi logique qu’un ballon ovale dans un match de rugby. Alors, face aux Canadiens, le XV de France cherchait le beau jeu. Première grosse déception de la soirée...

Un record de cinq victoires d’affilée se profilait pour le sélectionneur Philippe Saint-André, une première depuis sa nomination en 2011. « Il se réveille au bon moment », souffle un jeune homme à lunettes en train d’engloutir des mandarines. Le record tricolore est de huit succès consécutifs. Saint-André battrait donc le record de succès consécutifs si la France remportait cette Coupe du monde. Bon, nous ne nous emballons pas...

La soirée tricolore a bien commencé avec un essai de Fofana dès la 4e minute alors que le serveur vêtu du maillot aux couleurs du XV de France transpirait à grosses gouttes derrière son comptoir. Il fallait servir tout ce petit monde pour fêter ça. Mais attention, la vraie première confrontation pour le XV de France arrive dans 10 jours avec l’Irlande en plat de résistance.

« Pas mal pour un gars toujours blessé »

Ça commençait à s’endormir un peu quand notre Michalak national, troisième Coupe du monde dans les jambes, a décidé de réveiller cette foule d'un soir. Le Toulonnais dose un coup de pied pour Fofana, qui se fait surprendre par le rebond (29e). « Pas mal pour un gars toujours blessé », nous lance un jeune homme qui semble avoir apprécié le geste. Juste après, Michalack transforme le deuxième essai tricolore et la salle applaudit gaiement.

Trente minutes après le coup d’envoi, le Canadien Van der Merwe marque un essai et bon public, quelques applaudissements se font entendre. A la pause, on recommence à garnir le buffet, même s’il faut digérer le deuxième essai canadien de Carpenter. Heureusement Rabah Slimani est là pour réchauffer l'ambiance avec le troisième essai français. Score à la mi-temps : 24-12. « Y’a du jeu, mais c’est quand même portes ouvertes », raconte un cinquantenaire qui sort prendre l’air.

Au retour des vestiaires, il reste un essai pour que les Français obtiennent le bonus offensif. Mais l’affaire n’est pas encore dans le sac. Alors que le commentateur affirme que les Canadiens jouent avec leurs tripes, un homme lève les yeux au ciel et se tapote le crâne dégarni à chaque fois que des Bleus perdent le ballon. « Il faut les comprendre, il ne faut pas tout donner ce soir et éviter les blessures », commente un supporter.

Au jeu des pronostics en début de soirée, une bonne partie des présents du jour voyait la France inscrire au minimum cinquante points. « Il ne faut pas les voir trop beaux », lance le voisin de table. C’est finalement Pascal Papé qui marque le quatrième essai au bout d’un période de jeu bien poussive (67e). Et bon public, tout le monde pousse son hourra ! Tout comme pour le cinquième essai signé du jeune Rémy Grosso qui faisait ses débuts en Bleu.

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