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Cyclisme

Tour de France: la «lanterne rouge» ne compte plus !

Le peloton du Tour de France lors de la 7e étape qui arrivait au Lac de Payolle, le 8 juillet 2016.
Le peloton du Tour de France lors de la 7e étape qui arrivait au Lac de Payolle, le 8 juillet 2016. REUTERS/Jean-Paul Pelissier
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Dernier au classement général à plus de quatre heures de Chris Froome, l'Irlandais Sam Bennett est la « lanterne rouge » après 18 étapes. Le coureur de la formation Bora sera certainement encore à la dernière place sur les Champs-Elysées le 24 juillet prochain s'il termine. Mais le dernier de la classe n’est plus un sujet d’actualité dans le Tour de France.

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Sur la feuille du classement général final, il termine en moyenne à plus de quatre heures du vainqueur. Le dernier du classement termine aujourd’hui l’épreuve dans l’anonymat le plus total. Le cyclisme moderne ne fait plus comme autrefois la fête à « la lanterne rouge », une tradition aussi vieille que le Tour, inspirée par la lumière qui signalait l’arrière des trains. Les honneurs ne sont plus pour le dernier. Pourtant, il fut un temps où il était intéressant de terminer à la dernière place.

Ils se battaient pour être derniers !

Raymond Poulidor, quatre-vingts printemps, s’en souvient : « Dans les critériums d’après Tour, les organisateurs voulaient avoir le maillot jaune et la lanterne rouge », nous raconte celui que l'on surnomme Poupou. C’est paradoxal, mais au fin fond du classement, on se battait pour être « la lanterne rouge ». Cela a parfois été un rôle de composition comme pour le coureur Philippe Gaumont, qui en 1997 avait fait semblant d’être malade pour terminer dernier et attirer les médias. L'ancien professionnel Wim Vansevenant détient le record de dernières places sur le Tour, avec trois lanternes rouges en autant d'années (de 2006 à 2008).

En 1903, pour le premier Tour de France de l’histoire, Arsène Millochau décroche le titre de bon dernier. En 2015, Sébastien Chavanel pour qui « la lanterne rouge » est « anecdotique », pointe sur la dernière ligne du classement général. « Il n’y a plus trop d’intérêt à être dernier, le plus important c’est de voir les Champs-Elysées. Plus aucun média ne s’y intéresse. C’est bien que cela n’existe plus », raconte Blaise Chauvière, ancien coureur et désormais membre dans l’encadrement de la formation française Direct Energie. Monnayer l’après-Tour n’est plus d’actualité.

« Je n’aurais pas aimé être dernier »

« Je suis embêté d'être le dernier, mais ça ne va pas durer. Je vais essayer d'en doubler quelques-uns avant la fin de la semaine, puisque les jambes et la condition sont là », avouait en 2015 l’Australien Michael Matthews qui termine finalement la Grande Boucle à la 152e position (160 classés).

« Il n’y a plus le folklore du dernier. C’était peut-être sympa, mais moi, je n’aurais pas aimé », lance le chanteur Sanseverino, féru de cyclisme et qui a suivi plusieurs étapes cette année. « Il faut être honnête, sauf si tu es un coureur très connu, on se fiche pas mal que tu sois cinquantième ou dernier », ajoute-t-il. Le dernier de la classe, ce n’est pas son truc.

Aujourd’hui, le travail principal du coureur cycliste est de placer son leader dans les meilleures conditions, par exemple dans les étapes de haute montagne. Ensuite, il se débrouille pour rallier l’arrivée du mieux possible. Dernier ou pas, le Tour se souvient rarement de ceux qui ne sont jamais dans la lumière. Comme le chantait Edith Piaf : « Tout fout l’camp ». La coutume de la « lanterne rouge » s’est éteinte petit à petit.

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