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Football

Provocateur, indépendantiste, anti-Madrid, Gerard Piqué divise le foot espagnol

Gerard Piqué, défenseur du FC Barcelone et de l'Espagne, est un joueur particulier. Dans son pays, on l'aime autant qu'on le déteste.
Gerard Piqué, défenseur du FC Barcelone et de l'Espagne, est un joueur particulier. Dans son pays, on l'aime autant qu'on le déteste. ELOY ALONSO / REUTERS
5 mn

Gerard Piqué, défenseur central du FC Barcelone et de la sélection espagnole, est sous le feu des critiques après une nouvelle sortie virulente à l’encontre du Real Madrid. Ce pur Catalan est un personnage clivant dans son pays, où ses fans sont aussi nombreux que ses détracteurs.

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L’équipe d’Espagne de football a battu son homologue française en amical au Stade de France le 28 mars (0-2), dans une rencontre marquée par l’usage de l’assistance vidéo. Cette victoire nette face aux Bleus devrait, en principe, être le principal sujet de conversation en Espagne chez les amateurs de ballon rond. Seulement voilà : le footballeur Gerard Piqué a allumé un brasier en signant une sortie médiatique au vitriol.

Il attaque le Real Madrid sans prendre de gants

Gerard Piqué, 30 ans, était titulaire face à la France dans la défense de la Roja. Après le coup de sifflet final, l’arrière central s’est illustré en donnant une interview sulfureuse. Sa tactique : l’attaque. Sa cible : le Real Madrid, le club rival de son équipe, le FC Barcelone. Real-Barça, c’est comme chien et chat. Les deux plus grands clubs espagnols se toisent, se provoquent, se détestent. Piqué en a remis une couche. Interrogé sur l’éventualité folle de le voir un jour chez les Merengue, il a répondu « jamais ». « Je n’aime pas les valeurs que ce club véhicule, même si j’ai des amis au Real et que je m’entends bien avec ceux ayant porté le maillot du Real », a-t-il indiqué.

Voilà pour la première salve. Mais Piqué avait d’autres munitions en réserve. Il a ensuite évoqué la réputation octroyée par certains au Real, club qui serait proche du pouvoir et bénéficierait de la clémence des arbitres et de la justice. Le joueur du Barça a critiqué « les personnalités en tribune présidentielle qui tirent les ficelles du pays ». Il est allé plus loin : « Je me réfère, par exemple, au cas de Neymar et Messi (joueurs de Barcelone condamnés pour fraude fiscale, ndlr), alors que Cristiano Ronaldo (joueur du Real dont le nom est apparu dans l’enquête des Football Leaks, ndlr) bénéficie d’un traitement de faveur en tant que proche de Florentino Perez (président du Real, ndlr). Ça a toujours été ainsi. »

En Espagne, on l’aime ou on le déteste

Les dernières invectives de Gerard Piqué passent mal en Espagne. Le Real Madrid envisage de porter plainte. Javier Tebas, président de la Liga espagnole, estime que le joueur « a commis une erreur ». Sergio Ramos, capitaine du Real Madrid et de l’équipe d’Espagne, a répondu à son coéquipier. Il estime que « les Barcelonais devraient plus se la fermer que nous (les Madrilènes) » en matière d’arbitrage et que les propos de Piqué n’atteignent « ni les valeurs, ni l’écusson, ni l’histoire, ni les titres » du Real. Ramos assure qu’il n’y a rien de grave entre lui et son binôme en défense centrale : « On se lance des petites piques, mais toujours dans un bon esprit. »

Né à Barcelone, formé au FC Barcelone, Gerard Piqué ne laisse pas indifférent. L’Espagne a rarement vu footballeur plus clivant. En Catalogne, il est une star : talentueux, beau garçon, compagnon de la chanteuse colombienne Shakira, fier de sa terre natale… Ailleurs, il est bien moins populaire. Il est régulièrement sifflé, même lorsqu’il porte le maillot de la Roja. Et pour cause : en plus de tirer à boulets rouges sur le Real, un club majeur ayant beaucoup de fans, Piqué est indépendantiste. Ses opinions et son goût pour les déclarations bouillantes dérangent, surtout de la part d’un joueur qui répond quand même aux convocations en équipe nationale d’Espagne.

Lors de l’Euro 2016, une polémique avait d’ailleurs brièvement embrasé le pays. Gerard Piqué fut surpris en train de faire ce qui ressemblait à un doigt d’honneur, pile quand la caméra passa sur lui, pendant que retentissait l’hymne national avant un match contre la Croatie. « J’étais en train de faire craquer mes doigts », se défendit l’intéressé.

Piqué, un homme à part

L’Espagne a son vilain petit canard. Gerard Piqué ne s’en cache pas : il se plaît dans ce rôle de provocateur, où il sait quoi dire pour titiller l’antagonisme Catalogne-capitale, à une époque où tout est scruté et où tout peut vite monter via les réseaux sociaux. La rivalité historique Barça-Real perdure au sein de l’équipe nationale grâce à lui. Si d’autres Barcelonais comme Xavi, Andrés Iniesta ou Sergio Busquets restaient ou restent discrets à ce sujet, Piqué, lui, saute à pieds joints dans l’inimitié et remet de temps à autre de l’huile sur le feu. Les supporters catalans et madrilènes sont là pour moudre le grain ensuite.

La situation s’avère paradoxale en défense par exemple, où l’équipe d’Espagne possède deux joueurs d’exception avec Gerard Piqué et Sergio Ramos. L’un est un pur barcelonais, l’autre est un emblème madridiste. Ils ont tout pour se détester – leurs rapports se sont améliorés, mais ils étaient très froids il y a quelques années – mais, sur le terrain, ils mettent ça de côté et forment une paire redoutable. Décidément, le talentueux M. Piqué n’est pas un joueur comme les autres.

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