Jeux de la Francophonie 2017

Tennis de table: Kanaté Ali, un Ivoirien en tête de raquette à Abidjan

L'Ivoirien Ali Kanaté.
L'Ivoirien Ali Kanaté. RFI / David Kalfa
4 mn

Battu en quarts de finale des Jeux de la Francophonie 2017, l’Ivoirien Kanaté Ali a tout de même vécu une semaine faste à Abidjan. Le pongiste a en effet donné un coup de projecteur à sa discipline, après quatre années de préparation parfois difficiles en France.

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De notre envoyé spécial à Abidjan,

Pas de médaille autour du cou mais des souvenirs plein la tête pour Kanaté Ali aux Jeux de la Francophonie 2017 à Abidjan. « Je suis plutôt satisfait de ma compétition parce que me suis incliné face au favori et numéro un du tournoi », glisse le pongiste, ce 26 juillet.

Ironie du sort, celui qui vit et s’entraîne en France a en effet été victime de la paire tricolore en double mixte, avant d’être battu quatre jours plus tard par le Français Joé Seyfried (3 manches à 1) en quart de finale du tournoi simples messieurs. Mais peu importe au pensionnaire du Club Sportif de Noisy-le-Grand Tennis de Table (CSNTT).

La veille, il s’était offert un match inoubliable face au Vietnamien Nghia Bui The. Mené deux manches à zéro, le local était revenu à 2-2 et avait sauvé quatre balles de match de suite durant la dernière, dans une ambiance folle. « C’était une première pour moi, sourit l’Ivoirien. En plus, c’était devant mon public. Je suis vraiment ravi d’avoir remporté cette rencontre ».

Le fruit d’une longue préparation

Pour Kanaté Ali, ces Jeux de la Francophonie 2017 à domicile sont la concrétisation de quatre années d’efforts passées essentiellement en France, et pas toujours simples [voir la vidéo sur le parcours de Kanaté Ali, ici]. « Il devait rejoindre un centre d’entraînement en France [à Villefranche-sur-Mer, Ndlr], mais la personne qui devait l’accueillir l’a complètement lâché au niveau administratif, raconte Nicolas Petit, un de ses dirigeants au CSNTT. Donc, je l’ai accueilli chez moi, à Nice, il y a quatre ans. Je l’ai aidé à faire toutes les démarches administratives. Ça a pris deux ans et demi pour avoir sa carte de séjour. Ça nous a vraiment rapprochés parce que cette situation était vraiment très très dure à vivre ».

Celui qui l’entraîne lors des Jeux de la Francophonie 2017 poursuit : « Ça a été difficile pour Ali, au début, que ce soit au niveau du climat ou des différents codes de la société française. Mais maintenant, il est parfaitement intégré. Il travaille, il a son appartement, il gagne sa vie, il est indépendant. Donc, il est pleinement épanoui en France. »

Kanaté Ali confirme, après deux années en région parisienne où il entraîne notamment des jeunes, dans le cadre d'un service civique : « Tout se passe très bien. Je travaille pour la compagnie aérienne Transavia, une filiale d’Air France. […] Je vais retourner en France pour préparer le Championnat du monde, en Suède. Je veux aussi préparer le Championnat de France parce que mon club a pour projet de monter à l’échelon national. C’est très important pour nous. »

Être un modèle pour le ping ivoirien

Celui qui a débuté le ping à l’âge de 9 ans sur une petite table de quartier, avant de rejoindre le club de la Société pour le développement minier en Côte d’Ivoire (Sodemi), espère en tout cas avoir attiré l’attention des dirigeants ivoiriens. « Le ministère des Sports met un peu plus l’accent sur les sports majeurs comme le football, souligne-t-il. Ils ne s’occupent pas trop des sports mineurs. Le fait d’être arrivé en quarts de finale aux Jeux de la Francophonie […] va peut-être avoir un impact sur la vision du ministère par rapport à notre Fédération ».

Nicolas Petit, très impliqué dans le parcours de son protégé, y compte bien. « Je vais rencontrer les dirigeants ivoiriens cette semaine pour mettre en place un jumelage entre la Fédération ivoirienne et notre club », explique-t-il.

Histoire que Kanaté Ali fasse des émules parmi les nombreux enfants venus assister à ses matches à Abidjan. « J’espère que les jeunes feront pareil. Ça me ferait très plaisir », conclut-il dans un de ses nombreux éclats de rire.

Propos recueillis par David Kalfa et Olivier Pron,

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