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Sports / Etats-Unis

Agressions sexuelles: le sport américain en crise suite au scandale Larry Nassar

L'ex-médecin Larry Nassar, condamné à plusieurs décennies de prison pour avoir agressé sexuellement plusieurs dizaines de gymnastes, pendant près de vingt ans.
L'ex-médecin Larry Nassar, condamné à plusieurs décennies de prison pour avoir agressé sexuellement plusieurs dizaines de gymnastes, pendant près de vingt ans. REUTERS/Brendan McDermid
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L’ancien médecin de l’équipe américaine de gymnastique, Larry Nassar, a été condamné à une peine de prison allant jusqu’à 175 années, le 24 janvier 2018, pour l’agression sexuelle de dizaines d’athlètes durant deux décennies. L’ampleur du scandale secoue le monde du sport, aux Etats-Unis.

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Larry Nassar, l’homme qui a agressé sexuellement plusieurs dizaines d’enfants, d'adolescentes et de jeunes femmes, va-t-il entraîner dans sa chute plusieurs dirigeants du sport américain ? Quelques heures après la condamnation de l’ex-médecin de l'équipe olympique de gymnastique à une peine de prison à vie (40 à 175 années), la responsabilité de l’ensemble des dirigeants de la Fédération (USA Gymnastics) est en effet mise en cause. Le directeur général du tout puissant Comité national olympique (l'USOC qui chapeaute les disciplines olympiques, aux Etats-Unis), Scott Blackmun, a entre autre annoncé qu’USA Gymnastics (USAG) perdrait sa certification si ses dirigeants ne démissionnaient pas en bloc.

Ceux-ci et leur nouvelle PDG, Kerry Perry (nommée en novembre 2017 et sans lien avec le scandale), font pour le moment le dos rond. Mais combien de temps résisteront-ils à la tempête ? Car l’institution a été mise en cause violemment par plusieurs des 160 victimes venues témoigner au procès de Larry Nassar, à Lansing, dans le Michigan.

La Fédération «pourrit de l’intérieur»

Comment cet ostéopathe a-t-il en effet pu agir impunément durant deux décennies ? Les autorités semblent avoir couvert un médecin qui était alors considéré comme un « faiseur de miracles » et un des grands artisans des innombrables succès de la gymnastique américaine.

La triple championne olympique Aly Raisman a été l’une des plus virulentes sur le sujet, accusant la fédération « de pourrir de l’intérieur ». « J’ai représenté les Etats-Unis d’Amérique durant deux Jeux olympiques et j’ai connu bien des succès. USA Gymnastics et United States Olympic Committee ont été très rapides à capitaliser sur ma réussite et à la célébrer. Mais m’ont-ils tendu la main lorsque j’ai fait ma révélation (sur les sévices dont elle a été victime, Ndlr) ? Non, a lancé la star âgée de 23 ans. Si nous voulons croire au changement, nous devons d’abord comprendre la nature du problème et de tout ce qui y a contribué. Ce n’est plus le temps des fausses garanties. Nous avons besoin d’une enquête indépendante sur ce qui s’est passé exactement, sur ce qui s’est mal passé et sur comment éviter que cela se reproduise à l’avenir ».

Aly Raisman témoigne lors du procès de Larry Nassar : « Tu réalises désormais que le groupe de femmes, dont tu as abusé sans pitié durant de si longues années, est devenu une force et que tu n’es rien. »
Aly Raisman témoigne lors du procès de Larry Nassar : « Tu réalises désormais que le groupe de femmes, dont tu as abusé sans pitié durant de si longues années, est devenu une force et que tu n’es rien. » REUTERS/Brendan McDermid

Le Comité olympique également menacé ?

Si des têtes sont déjà tombées à l’USAG, le Comité olympique n’est pas exempté de tous reproches, malgré le lancement d'une enquête indépendante réclamée par Aly Raisman. Dans une lettre ouverte, Scott Blackmun a ainsi tenté de circonscrire l’incendie en présentant ses excuses aux victimes. « L’USOC aurait dû être là (au procès) pour entendre en personne (les témoignages) et je suis profondément désolé que ça n’ait pas été le cas, a-t-il indiqué dans un communiqué. Le but de ce message est de dire aux victimes et survivantes de Nassar à quel point nous sommes désolés. Nous l’avons dit dans d’autres circonstances, mais nous ne vous l’avons pas dit assez directement. […] La famille olympique fait partie de ceux qui vous ont trahies ».

Ce nouveau repentir intervient un an et demi après les premières révélations du journal The Indianapolis Star sur les cas d'agressions sexuelles dans le monde de la gymnastique.

Scott Blackmun vient d’indiquer qu’il souffrait d’un cancer de la prostate et que son traitement lui imposait de manquer la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver 2018, le 9 février à Pyeongchang. A 60 ans, l’intéressé va-t-il rester à son poste alors que son mandat doit s’achever au plus tôt en 2021 ?

Scott Blackmun, le patron d'un comité olympique américain critiqué dans le dossier Larry Nassar.
Scott Blackmun, le patron d'un comité olympique américain critiqué dans le dossier Larry Nassar. Maxx Wolfson / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Une affaire devenue politique

Face à l’ampleur du scandale, le monde politique est en tout cas monté au créneau. Le sénateur démocrate du Michigan, Gary Peters, a réclamé une enquête parlementaire tandis que sa collègue du New Hampshire, Jeanne Shaheen, est allée plus loin. « Ce n’était pas une affaire de négligence ou d’un manque de surveillance de la part de l’USOC et d’USA Gymnastics, indique-t-elle dans une lettre adressée au Sénat. Ces organisations doivent répondre à de graves questions, notamment pourquoi elles ont permis à cet agissement criminel de se produire ».

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