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FOOTBALL

Mondial 2018: Zlatko Dalic, un inconnu de plus en plus illustre

Zlatko Dalic, le sélectionneur croate, est sorti de l'ombre à l'occasion de la Coupe du monde en Russie.
Zlatko Dalic, le sélectionneur croate, est sorti de l'ombre à l'occasion de la Coupe du monde en Russie. REUTERS/Christian Hartmann
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Zlatko Dalic, le sélectionneur de la Croatie, qui affronte dimanche la France en finale de la Coupe du monde, est un inconnu au plus haut niveau. En poste depuis octobre 2017, il semble avoir créé la bonne alchimie au sein de son groupe. Recette…

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Le destin vous a de ces raccourcis. Prenez la plupart des grands sélectionneurs de l’histoire : ils sont d’abord de grands joueurs, puis ils raccrochent les crampons avant de prendre en main un club prestigieux et, enfin, une sélection nationale. Pour Zlatko Dalic, il n’a jamais été question de tout ça.

Dans le cercle forcément très fermé de ceux qui ont mené une équipe en finale de Coupe du monde de balle au pied, Dalic est une anomalie, une extravagance, une bizarrerie. Le destin de cet ancien joueur de modeste niveau, qui ne compte pas un match de Ligue des champions ni la moindre sélection à se mettre sous les crampons, bascule en octobre 2017. Au lendemain d’un match nul concédé à domicile face à la Finlande (1-1), la Croatie est au pied du mur : elle doit remporter le dernier match de sa poule éliminatoire pour espérer finir deuxième, jouer les barrages et continuer à rêver du voyage en Russie. Le hic (ne cherchez pas sur la feuille de match…), c’est que cette ultime rencontre se joue en Ukraine, contre une équipe qui compte autant de points et partage la même ambition !

Zlatko Dalic écoute l'hymne croate avant la rencontre face à la Russie, le 7 juillet à Sotchi.
Zlatko Dalic écoute l'hymne croate avant la rencontre face à la Russie, le 7 juillet à Sotchi. REUTERS/Maxim Shemetov

Un mince passé d’entraîneur

La Fédération croate de football prend alors une décision radicale : virer le sélectionneur Ante Cacic et le remplacer par… Zlatko Dalic. « Qui ça ? s’étrangle-t-on du côté de Zagreb. Euh… Zlatko Dalic, vous savez, l’entraîneur d’Al Ayn, aux Emirats arabes unis… il a quand même atteint la finale de la Ligue des champions asiatique en 2016. Hum… et c’est tout ? Non, il a aussi entraîné en Europe. Ah bon ! quelles équipes ?... Le Slaven Belupo et le Dinamo Tirana, entre autres. Pas très impressionnant tout ça… Attendez ! il a une expérience en sélection nationale. Dites-nous en plus !... Eh bien, il a été l’adjoint du sélectionneur de l’équipe de Croatie espoirs. » (Silence.) Bref, au matin du match crucial que la Croatie doit jouer en Ukraine, les références de Dalic sont aussi minces que les chances de Neymar de remporter le prix Nobel de la paix.

Pour convaincre, il lui faut un miracle. Et le miracle a lieu ! Le 9 octobre 2017, la Croatie fesse l’Ukraine à Kiev (2-0), puis elle écarte la Grèce en barrages sans ménagement (4-1, 0-0). Elle sera du voyage en Russie ! Vous connaissez la suite… On résume quand même : un parcours sans faute au premier tour, avec à la clé une claque au vice-champion du monde sortant argentin (3-0), et des qualifications au forceps dans les matchs à élimination directe, où l’immense talent technique des Croates n’a eu d’égal que leur farouche détermination.

Moralité : il a fallu faire connaissance rapidement avec Zlatko Dalic. Né il y a 51 ans dans une petite ville de Bosnie-Herzégovine, il débute comme technicien en devenant l’assistant de Miroslav Blazevic, l’homme qui avait mené la Croatie en demi-finale du Mondial 1998, au NK Varazdin.

Luka Modric et Zlatko Dalic après la qualification croate contre l'Angleterre.
Luka Modric et Zlatko Dalic après la qualification croate contre l'Angleterre. REUTERS/Carl Recine

« Pas le temps pour les conflits »

Pour son ancien mentor, Dalic est avant tout « honnête, psychologue et pédagogue », un homme capable de créer l’atmosphère nécessaire à la réussite du groupe, de faire adhérer les joueurs à son projet. Cette façon de diriger l’équipe, Dalic a pu en tester la valeur durant la Coupe du monde. Lors du premier match de la Croatie face au Nigeria, Nikola Kalinic prétexte un mal de dos pour ne pas entrer en jeu en fin de rencontre. Qu’à cela ne tienne ! Dalic consulte le taulier et capitaine Luka Modric avant de renvoyer le récalcitrant dans ses pénates par le premier vol. « Nous sommes ensemble dans une période brève, on n'a pas le temps d'avoir des conflits », synthétise le sélectionneur.

Et surtout, Zlatko est un passionné qui a su répondre à l’appel du destin. Sur son arrivée précipitée à la tête de la sélection croate, il avoue : « Il n'y a pas eu de négociations, j'ai juste accepté parce que c'était le rêve de ma vie d'entraîner l'équipe de mon pays. » De la même façon qu’il a travaillé durant six semaines sans contrat avant d’affronter la Grèce.

Avant la finale, Dalic ne s’embarrasse pas non plus des chiffres qui montrent que la France est invaincue en cinq rencontres face à la Croatie (trois victoires, deux nuls). « Je ne pense pas aux statistiques des rencontres précédentes, elles n'existent que pour être brisées. » Comme son destin d’entraîneur modeste a été brisé un jour d’automne 2017 pour faire place à la lumière.

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