Football

Une victoire prestigieuse et beaucoup d’espoirs pour les Françaises

La Française Kadidiatou Diani a inscrit un doublé avec les Bleues en amical face aux USA (3-1) le 19 janvier 2019.
La Française Kadidiatou Diani a inscrit un doublé avec les Bleues en amical face aux USA (3-1) le 19 janvier 2019. Pascal Rossignol/Reuters

L'équipe de France féminine de football a bien débuté l'année 2019 en donnant une leçon aux championnes du monde américaines au Havre en amical (3-1). Très entreprenantes, les Bleues l'ont emporté grâce à un doublé de Kadidiatou Diani et un but de Marie-Antoinette Katoto. Une performance idéale dans leur phase de préparation au Mondial de cet été.

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De notre envoyé spécial,

La fraîcheur de la Normandie et le statut de la Team USA n'ont pu altérer ce samedi 19 janvier la furia française. Bien sûr, c'est surtout dans cinq mois, pour la Coupe du monde à domicile (du 7 juin au 7 juillet), que l'on attend le même genre de coup d'éclat. Mais côté moral et côté prestige, l'équipe de France a fait très fort dans un stade Océane rempli (22 870 spectateurs). Au Havre, les joueuses de Corinne Diacre ont infligé une sévère défaite à la sélection des Etats-Unis (3-1).

Les onze titulaires de l'équipe de France féminine de football qui ont battu les Américaines en amical le 19 janvier.
Les onze titulaires de l'équipe de France féminine de football qui ont battu les Américaines en amical le 19 janvier. Pascal Rossignol/AFP

Diani en feu, Katoto super-remplaçante

Durant la semaine, avant ce premier match de préparation, la sélectionneuse tricolore avait prévenu : « On sera prêtes. » Ses joueuses ne l’ont pas fait mentir. Face à des Américaines quelque peu endormies, elles ont commencé pied au plancher dès le coup d’envoi et ont vite fait la différence. Après un gros travail de Delphine Cascarino sur l’aile droite, Kadidiatou Diani a ouvert le score d’une frappe en pivot (11e). Avec plus de réalisme, les Bleues auraient fait le break dans ce premier acte tant les championnes du monde déjouaient face à un adversaire très bien en place et attentif, comme le demandait Corinne Diacre.

Ce n’était que partie remise. Alors que les Américaines haussaient le ton en début de seconde période, Diani a fait chavirer les fans en doublant la mise d’un lob magnifique dans un angle fermé (50e). Et oui : comme elle nous l'a confirmé après la rencontre en souriant, la pensionnaire du PSG voulait bien frapper au but et non centre. Ce bijou restera dans sa collection personnelle. La jeune attaquante parisienne, très à l’aise techniquement, a fait mal aux défenseures et mis la Team USA la tête sous l’eau. Le coup de grâce est finalement venu, comme un symbole de Marie-Antoinette Katoto. Egratignée par sa coach dans la semaine pour son manque d’implication à l’entraînement, laissée sur le banc au coup d’envoi, l’actuelle meilleure buteuse du championnat de France a joué son rôle de « super-sub » (« super remplaçante ») à la perfection..

Neuf minutes après son entrée en jeu, l’attaquante, lancée en profondeur, a effacé Alyssa Naeher et mis un terme à tout suspense (78e). Nul doute que Marie-Antoinette Katoto se rappellera du contexte et de l’ambiance qui ont accompagné son premier but avec l’équipe de France. Comme face au Brésil en novembre, les Bleues ont mené 3-0, ce qui a inspiré au public un vieux chant joyeux né un 12 juillet 1998, lors d’une belle soirée organisée par leurs homologues masculins. Les Etats-Unis ont quand même sauvé l’honneur dans le temps additionnel par Mallory Pugh (90+1e).

La Française Amel Majri face aux USA en amical le 19 janvier 2019 au Havre.
La Française Amel Majri face aux USA en amical le 19 janvier 2019 au Havre. Pascal Rossignol/Reuters

Enormément de satisfaction, mais pas de place pour l'enflammade

Un premier but pour Marie-Antoinette Katoto, une 183e cape pour Elise Bussaglia (troisième française la plus capée, derrière Sandrine Soubeyrand et Louise Georges, et à égalité avec Camille Abily), une cinquième victoire face aux Etats-Unis en 25 confrontations, une première défaite pour ces Américaines qui étaient invaincues depuis 28 matches, une belle ambiance et un public conquis… Les motifs de satisfaction sont très nombreux à l’issue de ce premier match. Corinne Diacre disait, au-delà du résultat, que son objectif était d’imprimer une montée en puissance d’ici au Mondial. Cette victoire insuffle un élan très positif à son groupe, même si la Team USA sera probablement plus forte et plus concernée à l’approche du rendez-vous estival.

Pas question toutefois, de tomber dans le triomphalisme dans le clan tricolore. Amandine Henry avait le sourire au moment de se présenter face à la presse et n'a pas caché que cette grosse performance « fait toujours du bien ». Mais comme face au Brésil en fin d'année dernière, les Bleues n'ont pu garder leur cage inviolée et ont cédé dans les dernières secondes. « Cela nous embête un peu », reconnaît la capitaine Henry au micro de RFI. La milieu de terrain reprend :  « C'était un bon test pour nous. Après, on ne va pas s'enflammer non plus. Ce n'était qu'un match de préparation. En compétition, ce sera différent. » Même son de cloche chez Gaëtane Thiney, qui sait combien les Américaines sont fortes :  « Il ne faut pas s'enflammer. Les Etats-Unis de la Coupe du monde ne seront sans doute pas les Etats-Unis d'aujourd'hui. (...) Il faut contre-balancer cette performance, même si c'est toujours bien de battre les n°1 mondiales. »

La « guerrière » Katoto et les autres Bleues doivent confirmer

En tête du classement des buteuses de Divison 1 à mi-saison (12 réalisations), Marie-Antoinette Katoto a scoré pour la première fois avec l'équipe de France, à l'occasion de sa deuxième cape. Un premier but qui en appelle d'autres tant la jeune joueuse de 20 ans représente l'avenir de la sélection. Mais un premier but surtout en réponse aux critiques formulées par Corinne Diacre en milieu de semaine. Si elle voulait piquer son attaquante, la technicienne a réussi.

« C'est une guerrière. Elle est allée de l'avant. C'est le début de quelque chose. Et elle sait qu'on est toutes derrières elle », martèle Amandine Henry. Sa compère Wendie Renard est aussi élogieuse :   « Je suis très contente pour Marie. Ca n'a pas été facile pour elle. Elle entre dans le groupe petit à petit. Il faut qu'elle se lâche. Je veux la voir comme elle est à Paris, heureuse. Je pense que ce but va lui faire énormément de bien. »

Quoi qu'il en soit, peu importe que la Team USA ait été dans un soir sans : samedi, le Stade Océane a vibré pour ses Françaises. Et c’est assez nouveau pour ces Bleues qui pourront compter sur le soutien des fans en juin et, elles l’espèrent, en juillet. Gaëtane Thiney a adoré : « Cette ambiance était géniale. On n'a pas l'occasion de jouer devant autant de monde toutes les semaines. C'est aussi un apprentissage pour nous. C'est très bien, on y va progressivement jusqu'à la Coupe du monde. Il faut aussi pouvoir affronter ces émotions-là. » Les prochains rendez-vous face à l'Allemagne (à Laval le 28 février) et face à l'Uruguay (à Tours le 4 mars) permettront de jauger à nouveau cette cote d'amour croissante. Et de voir où en sont les Bleues après ce bel exploit sur lequel il faut maintenant capitaliser pour jouer de beaux lendemains.

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