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Rugby

Rugby: la Russie, l'invité inattendu de la Coupe du monde 2019

Les Russes à l'entraînement avant le match d'ouverture de la Coupe du monde 2019 de rugby à XV, face au Japon.
Les Russes à l'entraînement avant le match d'ouverture de la Coupe du monde 2019 de rugby à XV, face au Japon. REUTERS/Issei Kato
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La Russie va affronter le Japon en match d’ouverture de la Coupe du monde 2019 de rugby à XV (du 20 septembre au 2 novembre), ce vendredi à Tokyo. Les Russes, dont ce sera la deuxième participation à un Mondial, font figure de petits poucets de cette compétition.

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On peut être le plus grand pays de la planète, par sa superficie, et être la plus petite nation d’une Coupe du monde, lorsqu’il s’agit de rugby. C’est en tout cas vrai pour la Russie qui s’apprête à disputer sa deuxième phase finale, après une première expérience peu convaincante en 2011.

Il y a huit ans, les Russes étaient repartis de Nouvelle-Zélande avec quatre défaites en autant de rencontres, et 57 point marqués contre 196 points encaissés. Les « Ours » s’étaient notamment inclinés 6-13 face au XV des États-Unis, leur adversaire le plus abordable durant cette édition, manquant ainsi une occasion de briller au plus haut-niveau.

Gagner au moins un match

Gagner un match de Coupe du monde, ce sera l’objectif premier de la Russie durant ce Mondial 2019. Et ce ne sera pas simple face à des sélections comme le Japon (20 septembre), les Samoa (24 septembre), l’Irlande (3 octobre) et l’Écosse (9 octobre).

Les Japonais peuvent sembler être l’adversaire le plus abordable. Mais l’entraîneur de l’équipe de Russie, Lyn Jones, ne pérore pas, à la veille du match d’ouverture. « Laissez-moi être franc : nous avons 20% de chance de gagner ce match. Mais c’est sur le papier, estime le technicien britannique. Les Japonais sont favoris. Ils sont rapides et ils ne commettent pas d’erreurs. Nous apprécions à sa juste valeur le jeu du Japon mais nous voulons aussi marquer, bien faire et être satisfaits ».

Le capitaine Vasily Artemyev ajoute : « On n’a pas beaucoup de couverture médiatique en Russie et on a rarement l’opportunité de jouer contre des nations du Tier 1 [les dix meilleures équipes de la planète, Ndlr]. Donc nous sommes pressés de disputer des matches à haute intensité auxquels nous ne sommes pas habitués. »

Au Japon, grâce à des sanctions

De fait, la présence des « Ours » à la Coupe du monde 2019 était assez inattendue. Elle n’est pas le fruit d’une qualification décrochée sur le terrain. Artemyev et ses partenaires ont en fait profité de sanctions prononcées contre la Belgique, l’Espagne et la Roumanie, pour finir en tête des éliminatoires européennes. Belges, Espagnols et Roumains ont en effet aligné des joueurs non-éligibles (ce qui n’est pas si rare, en rugby). Et ils se sont ainsi vus retirer des points par la fédération internationale de rugby (World Rugby).

Voilà qui a qualifié un pays qui n’attendait que ça pour s’aguerrir un peu plus. Car seuls deux joueurs sélectionnés pour le Mondial 2019 évoluent à l’étranger : le pilier Valery Morozov chez les Sharks de Sale (Angleterre) et le deuxième ligne Andrey Ostrikov à Grenoble (France). Lors de leur unique match de préparation, les « Medvedevi » ont été écrasés 85-15 par l’Italie, une nation loin d’avoir brillé en Coupe du monde, jusqu’à présent…Même si le rugby existe depuis les années 1920 en Russie, cette discipline y reste encore relativement confidentielle, comparée à d'autres sports collectifs.

De notre correspondant en Russie, Daniel Vallot,

Entrainement nocturne pour le Spartak Rugby, petit club de deuxième division. Bonnet rouge et barbe blanche, Alexander Kolikov harangue ses joueurs. Ce vendredi 20 septembre, ce vétéran du rugby russe sera bien sûr devant sa télé, pour le match contre le Japon. « Bien sûr cette qualification, c'est magnifique, c'est un miracle ! Moi je pense que la Russie peut gagner un match. C’est un pays tellement imprévisible. Dans notre poule, on pourrait battre les Samoa. Ils jouent à leur sauce et ils peuvent faire des erreurs. Les Japonais, ils sont chez eux, ça va être très durs… Nous, on nous surnomme les "Ours" et c’est pas pour rien ! On est forts, on est physiques, c’est notre principal atout ! »

Mais les Ours sont également conscients de leurs limites. Manque de moyens, de joueurs, de clubs… Le rugby est un sport méconnu en Russie, comme nous l’explique Anatoly Chmakov, l’un des ailiers du Spartak : « Ici, en Russie, tout le monde ne pense qu'au football. Et les parents préfèrent inscrire leurs enfants au foot, parce que c’est un sport plus simple à comprendre et qui semble moins violent ! Si on prend la Géorgie, par exemple, c’est différent là-bas. Le rugby a pris le dessus sur le foot, et leurs joueurs vont se former en France. Ici, les clubs manquent d’argent, et ne sont pas soutenus… »

Sur la pelouse de ce petit club de la capitale russe, on espère que ce Mondial Japonais permettra de donner un nouvel élan au rugby russe. Mais pour cela il faudra réaliser un exploit, et arracher une première victoire en Coupe du monde.

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