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Le Dakar 2020

Le sport, un «levier d’influence» pour l’Arabie saoudite

Les Espagnols Fernando Alonso et Marc Coma lors de la présentation du Dakar 2020, à Djeddah, le 4 janvier 2020.
Les Espagnols Fernando Alonso et Marc Coma lors de la présentation du Dakar 2020, à Djeddah, le 4 janvier 2020. REUTERS/Waleed Ali
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après l'Afrique et l'Amérique du Sud, le rallye Dakar se dispute pour la première fois en Arabie saoudite, de ce dimanche 5 janvier 2020 au 17 janvier. En accueillant cette compétition automobile, le royaume saoudien, pointé du doigt pour ses nombreuses atteintes aux droits de l’homme, cherche à polir son image aux yeux du monde, car le sport peut « être un moyen de rayonner sur la scène internationale », explique Carole Gomez, chercheuse en géopolitique du sport à l’institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

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RFI: Le rallye Dakar, les Supercoupes d’Italie et d’Espagne de football, le combat de boxe Joshua-Ruiz, pourquoi le royaume d’Arabie saoudite organise-t-il de plus en plus d’événements sportifs ?

Ce sont des initiatives qui répondent à trois objectifs : économique, politique et diplomatique.

Sur le plan économique, l’Arabie saoudite souhaite diversifier ses sources de revenus face au tarissement des ressources pétrolières qui se profile. C’est expliqué dans leur plan vision 2030.

D’un point de vue politique, il y a une prise de conscience assez tardive que le sport peut être un moyen de rayonner sur la scène internationale, de donner une meilleure image et de bénéficier de ce levier d’influence non négligeable.

Sur le plan diplomatique, dans un contexte de vives tensions avec le Qatar voisin, c’est une façon de jouer sur les plates-bandes des Qatariens qui ont réussi à s’imposer au fil des années sur la scène diplomatique sportive

RFI: Depuis quand l’Arabie saoudite s’intéresse au sport ?

Il y a une vraie corrélation entre l’arrivée de Mohammed Ben Salman à la tête du royaume (ndlr : il est le premier vice-Premier ministre depuis juin 2017) et cette volonté d’investir dans le sport. Il a compris que c’était un levier novateur, dynamique, positif pour donner une autre image du royaume. Pour l’instant, c’est trop récent pour en tirer des conclusions mais il est clair que cette dynamique est liée à son arrivée.

RFI: Si cela est couronné de succès, on imagine que cette politique devrait perdurer ?

Tout à fait. Jusqu’ici, les quelques initiatives avaient été lancées sans véritable ligne directrice, au gré des opportunités, mais là on commence à observer une certaine structuration. Et évidemment, si les résultats sont positifs, si l’organisation du rallye Dakar ne rencontre pas de difficultés majeures, si les retombés en termes d’audiences et d’image sont satisfaisantes, il ne serait pas étonnant d’imaginer devoir composer à l’avenir avec l’Arabie saoudite comme acteur important de la diplomatie sportive.

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