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Handball

CAN handball 2020: Alain Portes, l’homme qui travaille au renouveau de l’Algérie

Alain Portes, sélectionneur de l'équipe d'Algérie de handball.
Alain Portes, sélectionneur de l'équipe d'Algérie de handball. ATTILA KISBENEDEK / AFP
Texte par : Christophe Diremszian
7 mn

À 58 ans, Alain Portes a accepté de relever le défi avec l’Algérie lors de la prochaine Coupe d'Afrique des nations, un pays où il se sait très attendu. En déclin depuis son sacre à la CAN en 2014, la sélection algérienne compte sur le technicien français lors de la 24e édition qui se tient du 16 au 26 janvier en Tunisie, pays avec lequel il a remporté deux CAN.

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RFI: La CAN 2020 marque votre retour sur la scène africaine après votre épopée avec la Tunisie en 2010 et 2012. Votre réputation de faiseur de victoires vous met-elle la pression ?

Alain Portes : Pas spécialement, je reviens surtout avec beaucoup de plaisir. J’y ai fait beaucoup de belles rencontres et vécu de grandes émotions. La Tunisie est un pays qui m’est cher, et c’est d’abord une grande joie de revivre cette compétition-là. La pression y est quand même un petit peu, car quand l’Algérie est un pays où les gens aiment le handball, donc ils ont envie qu’on se qualifie pour le Mondial. Ils ont été vexés de la 6e place lors de la dernière CAN. Les joueurs sont conscients qu’ils n’ont pas travaillé pendant 4 ans et que ce vécu récent n’a pas tiré les choses vers le haut. J’ai donc envie de redresser la sélection et les dirigeants m’aident beaucoup. On y va motivés, mais on sait aussi que ce sera difficile.

Comment avez-vous trouvé le groupe depuis votre prise de fonctions ?

Je ne voyais pas les Algériens si disciplinés et si gentils ! Quand j’étais dans le camp d’en face, ils me donnaient l’impression de joueurs agressifs, rebelles. En fait, ce sont des garçons très agréables à vivre. Dans le travail, c’est plutôt moi qui les freine, je n’en ai pas vu un seul se plaindre. On m’a donné les moyens de faire beaucoup de stages avec les joueurs locaux. Je prends beaucoup de plaisir à travailler avec des gens qui attendent beaucoup de moi, mais j’attends beaucoup d’eux aussi. Il faut des joueurs qui aient envie de mouiller le maillot. Les binationaux qui étaient indécis sur le fait de nous rejoindre en sélection, j’ai pris la décision pour eux ! Quant aux anciens, ils sont toujours aussi motivés. Je pense à notre capitaine Messaoud Berkous, qui aurait pu être blasé, mais qui est exemplaire. Et puis il y a les jeunes qui ont participé au Mondial des 21 ans au pays (en 2017, 14e place finale) qui ont du talent, mais qu’on a négligés depuis, comme Mustapha Hadj-Sadok (demi-centre de Beskitas), Zouhir Naïm (ailier de Skikda), Mohammed Griba (arrière gauche de Bordj Bou Arréridj) ou Ayoub Abdi (arrière droit de Toulouse), qui doivent être confrontés au plus haut niveau.

Vous avez pris comme adjoint Tahar Labane (ex-international et capitaine des Verts), c’est un choix qui s’imposait ?

Oui, car il fait l’unanimité dans le respect qu’il suscite. On le reconnaît dans la rue, les joueurs l’idolâtrent ! En plus, c’est un homme extrêmement honnête et compétent. C’est quelqu’un que j’ai choisi, et pas parce que son frère (Habib Labane), est président de la fédération (sourire) ! Il a d’ailleurs été surpris que je lui propose Tahar, que j’avais déjà croisé, car il vit en France. C’est vraiment un homme exceptionnel et je suis ravi de travailler avec lui.

Sur le plan de l’amélioration du jeu, quels sont vos axes de travail ?

Les lacunes des handballeurs algériens sont tactiques. Ils savent faire des choses, mais ils ne savent pas trop pourquoi ils les font. Donc j’essaie de compléter leur formation en leur expliquant qu’on n’attaque pas n’importe quelle défense de la même manière. À ce niveau, ils ont beaucoup à travailler, surtout les jeunes. J’essaie de les intéresser à ça avec des enclenchements variés et adaptés aux défenses que l'on peut trouver durant la CAN. Parallèlement, on essaie aussi de varier nos formes de défense. L’Algérie était traditionnellement performante sur un système en 3-3 (trois joueurs devant la zone, trois autres en position avancée). On ne l’a pas laissée de côté, mais on en teste d’autres, surtout la 0-6 (défense à plat le long de la zone). Ceci étant, on a battu la Pologne B en match amical (30-23 à Gdansk, le 21 décembre) avec une défense 3-3… Ce que j’aimerais, c’est avoir un bagage tactique pour surprendre les adversaires à chaque match.

Vous allez attaquer cette CAN dans le groupe D du tour préliminaire, en affrontant successivement la Zambie, le Congo et le Maroc. Que vous inspire ce début de compétition ? 

Comme pour toutes les Coupes d’Afrique, il y a un effet de surprise… La Zambie et le Congo, c’est difficile d’avoir des renseignements sur eux. Le Maroc, lui, a fini devant l’Algérie lors de la dernière CAN (4e). Ça serait bien de les battre pour arriver au tour principal avec le maximum de points et pour montrer que l’Algérie a progressé.

Cette formule à deux tours, différente des précédentes éditions, change-t-elle la gestion de la compétition ?

Oui, et c’est peut-être pour ça que la CAHB (Confédération africaine de handball) autorise désormais 18 joueurs sur la feuille de match et 5 remplacements sur toute la compétition… On va jouer quatre matches en cinq jours et ils seront tous décisifs, donc il faut être prêts physiquement et mieux vaut avoir de la réserve. C’est aussi pour ça que j’essaie d’avoir un groupe étoffé pour que tous les joueurs présents sur la liste au début de la compétition puissent apporter un plus à l’équipe, car on pourrait arriver au troisième ou quatrième match en étant usés et ça ne serait pas bon.

La Tunisie et l’Égypte sont nettement au-dessus du lot dans cette CAN ?

Sans contestation possible, car elles ont un temps d’avance sur tout le monde. Ce sont des nations qui sont quasiment du niveau européen. Les trois quarts des Tunisiens, je les ai eus, c’est la génération 90/91 médaillée de bronze avec moi aux championnats du monde juniors en Grèce en 2011. L’Égypte, elle, est en train de renouveler son équipe nationale avec des jeunes particulièrement bons. Nous, on doit surtout se qualifier le plus vite possible pour le prochain Mondial. Mais j’aimerais qu’on arrive à accrocher ces équipes sur un match, car la pression serait alors de leur côté.

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