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Série: Telle mère, quelle fille?

Tennis: Kristina Mladenovic, une star fille de championne

Kristina Mladenovic (avec le trophée dans les mains) fête sa victoire en double au tournoi WTA Finals, le 3 novembre 2019 à Shenzhen en Chine. La joueuse française est entourée de sa partenaire Timea Babos, de son père, de son frère et aussi de sa mère, D
Kristina Mladenovic (avec le trophée dans les mains) fête sa victoire en double au tournoi WTA Finals, le 3 novembre 2019 à Shenzhen en Chine. La joueuse française est entourée de sa partenaire Timea Babos, de son père, de son frère et aussi de sa mère, D (Photo by VCG/VCG via Getty Images)
7 mn

Kristina Mladenovic est une référence du tennis français et international. La joueuse de 26 ans, qui empile les titres en double notamment, a toutefois de qui tenir : son père était un handballeur de premier plan, tandis que sa mère était une volleyeuse de haut niveau. Cette dernière est encore aujourd’hui une source majeure d’inspiration pour sa fille. La tenniswoman se confie à rfi.fr sur ce sujet, à l’occasion de la Journée internationale des femmes.

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Le sport et les Mladenovic, c’est une histoire de famille. Kristina, la fille, est évidemment la plus connue. Son palmarès plaide en sa faveur. La Française a en effet gagné une trentaine de tournois majeurs en tennis depuis ses débuts en professionnels en 2008.

Mais la tenniswoman, âgée de 26 ans, a de qui tenir. Son père, Dragan Mladenovic, a été champion olympique et champion du monde de handball avec l’équipe de Yougoslavie. Quant à sa mère, Dzenita Helic Mladenovic, elle a été internationale de volley-ball. Et même si cette dernière n’a jamais disputé les JO ou les Mondiaux, elle n’en reste pas moins une source d’inspiration majeure pour sa fille, encore aujourd’hui.

« On passe énormément de temps ensemble, souligne Kristina Mladenovic qui s’entraîne par ailleurs avec son frère Luka. Je vois à quel point elle est active, toutes les choses dont elle s’occupe, dont elle peut être responsable. Ça demande une très grande force de caractère de gérer tout ça. »

Un rôle précoce

Très tôt, Dzenita Helic Mladenovic a joué un rôle crucial dans la vocation de « Kiki », lorsque la gamine est tombée amoureuse de la petite balle jaune, vers  l’âge de 8 ans. Et elle n’a jamais tenté d’en détourner Kristina, pour que cette dernière pratique le volley-ball. « J’ai continué à jouer aux deux, parce que j’aimais le volley et je continue d’ailleurs à l’adorer, explique la jeune femme. Mais ma maman ne m’a jamais poussée à la copier, à suivre la même voie qu’elle, la même carrière. »

La Française Kristina Mladenovic.
La Française Kristina Mladenovic. Tony Ashby / AFP

Dzenita Helic Mladenovic a visiblement encouragé ses enfants à persévérer dans la voie qu’ils avaient choisie. « Tout au long de ma carrière, maman a été l’une des personnes les plus importantes, lance la récente vainqueur de l’Open d’Australie en double. Lorsque mon père jouait encore, elle était celle qui me conduisait à mes compétitions régionales, nationales. Elle m’accompagnait partout. ».

Et elle gardait un œil attentif sur certaines orientations. « J’ai poursuivi mes études jusqu’à mon bac et je l'ai eu sans retard, souligne Kristina Mladenovic. Ma mère m’a toujours conseillé de terminer mes études. Je trouvais ça important et il n’y avait pas à me convaincre. […] Mais ce sont des détails comme celui-ci qui illustrent comment ma mère m’a toujours guidée. Parce que des jeunes sportifs qui ont des rêves peuvent parfois "s’emballer". J’étais très forte lorsque j’étais jeune. Donc, j’aurais pu décider de sacrifier mes études. »

Toujours présente

Et lorsqu’on demande à la championne si sa mère est toujours aussi présente, la réponse fuse dans un rire : « Elle l’est encore plus ! » Plus sérieuse, elle ajoute : « C’est peut-être la chose la plus importante dans ma vie et dans ma carrière. Ma mère et mon père ont été extrêmement présents dans tous ces détails-là, qui sont finalement hyper importants. Les enfants, les ados et même les adultes apprennent au fur et à mesure de leur carrière, de leurs expériences et peut-être de leurs erreurs. Alors que moi, j’ai eu la chance d’avoir une maman athlète de haut niveau. Sur tout ce qui est la gestion d’une carrière, d’un match, d’une compétition, de l’adversité, il y eu un partage naturel ».

Et Dzenita Helic Mladenovic a visiblement trouvé le savant dosage entre maman-coach et maman-poule. « Elle est un peu des deux, soupèse Kristina Mladenovic. Mais elle reste surtout très simple. Elle n’affiche jamais de dureté. Je ne dirais pas qu’elle est mon double en plus âgée. C’est quelqu’un sur qui je peux m’appuyer, qui m’épaule, qui me dit la vérité pour mon bien, pour essayer de progresser. Et comme elle m’a vu évoluer tout au long de ma carrière, elle a vraiment un regard important. Ce qu’elle m’apporte, ce n’est vraiment que du bonus. C’est une aide, un soutien. »

La famillle Mladenovic, en tribunes, lors d'un match de Kristina, à Roland-Garros.
La famillle Mladenovic, en tribunes, lors d'un match de Kristina, à Roland-Garros. GABRIEL BOUYS / AFP

Des conseils de femme à femme

Elle est aussi une interlocutrice précieuse sur certaines problématiques auxquelles les sportives sont parfois confrontées, comme la maternité et ses conséquences sur une carrière. « Ce sont des discussions qu’on a eues, qu’on a, et qui reviennent assez facilement, affirme Kristina Mladenovic. D’autant que ma meilleure amie est aussi dans le tennis [Timea Babos, Ndlr]. Souvent, on se demande l’une à l’autre jusqu’à quel âge on va jouer. C’est vraiment une question difficile. On "envie" parfois les athlètes masculins qui n’ont pas besoin de s’interroger et qui peuvent vivre leur vie et jouer aussi longtemps qu’ils le veulent ».

Dans ce domaine-là, mère et fille ont forcément des expériences différentes. « Ma maman a fait un sacrifice assez tôt, par rapport à sa carrière, pour avoir une vie de famille, raconte Kristina Mladenovic. Elle a suivi mon papa en France. Puis, il y a eu nos naissances. Forcément, une femme met sa carrière entre parenthèses ».

Deux destins différents

Kristina suit évidemment un chemin différent de celui de Dzenita. « Nos personnalités se ressemblent, estime toutefois la native de Saint-Pol-su-Mer (Nord de la France). Je tiens d’elle. Les mamans ont généralement des personnalités fortes, parce que ça suppose beaucoup de sacrifices et d’énergie d’être une vraie bonne maman ».

Quant aux différences, Kristina Mladenovicen en trouve sur plusieurs points. « Elle est brune, je suis blonde, s'amuse-t-elle. C’est un détail physique. J’ai peut-être des qualités différentes par rapport à mon évolution, par rapport à mon style de vie et par rapport à mon sport qui est individuel. En tennis, on développe forcément des qualités un peu différentes que lorsqu’on pratique un sport collectif ». Elle conclut : « Peut-être que je suis un peu plus têtue qu’elle. Elle a peut-être davantage de patience que moi ».

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