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Témoignages

Cyclisme: l’entraînement sur route va reprendre, une délivrance pour les coureurs français

Clément Chevrier de la formation AG2R La Mondiale.
Clément Chevrier de la formation AG2R La Mondiale. Photo: Vincent Curutchet
5 mn

Les cyclistes professionnels français vont pouvoir reprendre l'entraînement individuel le 11 mai prochain. Pour RFI, Clément Chevrier de la formation AG2R La Mondiale et Jordan Levasseur (Natura4Ever-Roubaix-Lille Métropole), dernier vainqueur de la Tropicale Amissa Bongo, réagissent à cette nouvelle.  

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Confinés depuis le 17 mars, les coureurs vont enfin pouvoir pédaler à l’air libre, quitter leur appartement ou maison, pour retrouver l'asphalte. Mais ils devront être seuls sur leurs routes de campagne, leurs petites départementales escarpées, accompagnés soit de rayons de soleil ou de gouttes de pluie. Les sorties en groupe ne sont pour le moment pas autorisées. Edouard Philippe, le Premier ministre, a fait l’annonce tant attendue devant l'Assemblée nationale le mardi 28 avril. Les amateurs pourront aussi faire des sorties individuelles.

Maintenir une activité physique pour un bien être global

« Notre quotidien a tellement changé ces dernières semaines, nous qui sommes toujours dehors et en groupe. Il a fallu accepter de rester à la maison, sans gaspiller notre énergie », raconte par téléphone Clément Chevrier, d’une voix posée. Le coureur de la formation AG2R La Mondiale avait déjà été confiné quelques jours après le Tour des Émirats arabes unis en mars dernier et la découverte de six nouveaux cas de coronavirus. Quatre équipes avaient été mises en quarantaine totale mais AG2R La Mondiale avait été autorisée à quitter le pays quatre jours après la fin de la course.

« Pendant deux mois, nous avons, en relation avec notre entraîneur, tenté de nous maintenir en forme sans s’user mentalement. L’idée c’était de maintenir une activité physique pour un bien-être global. Il fallait accepter ce confinenent en se disant qu’il n’y aurait pas de pression au moment de la reprise sur route, sans s’affoler », précise Clément Chevrier qui se rend compte désormais qu’il était « chanceux » de choisir ses lieux d’entrainement avant la pandémie. Une liberté qui n’a pas de prix, selon le jeune homme.

En manque d'adrénaline !

L’adrénaline de la compétition a aussi beaucoup manqué à Clément Chevrier. Dans la vie d’avant, il se levait chaque matin avec l’objectif d’être un « compétiteur ». « Mais pour le moment, nous sommes dans l’incertitude car nous n’avons aucune date de retour à la compétition », admet celui qui a participé à deux Tours d’Italie et trois Tours d’Espagne. Même s’il va manquer un but à son entraînement, il ne va pas bouder son plaisir, dans la région de Chambéry, histoire de quitter son appartement et son petit balcon. Un premier pas vers une nouvelle forme de liberté. « On ne se projette pas trop, ce serait un manque de respect pour tous les soignants qui se battent actuellement dans les hôpitaux  », précise-t-il.

Après deux mois d’activité partielle, Jean-Batiste Quiclet, directeur de la performance chez AG2R La Mondiale estime qu’il va falloir commencer par des sorties longues à basse intensité au moins trois semaines. « Il faut commencer par gommer cette période sans entraînement sur route due au confinement avec de l'endurance », observe-t-il. Une des particularités du vélo. Ensuite, le sportif sera à la recherche du tonus musculaire et de la force, selon Jean-Batiste Quiclet.

Jordan Levasseur, vainqueur de la Tropicale Amissa Bongo 2020.
Jordan Levasseur, vainqueur de la Tropicale Amissa Bongo 2020. Photo: Tropicale Amissa Bongo

« Le confinement m’a usé psychologiquement »

Jordan Levasseur est aussi impatient de retrouver la liberté de rouler seul sur sa machine. Le dernier vainqueur de la Tropicale Amissa Bongo au Gabon ronge son frein, actuellement confiné avec sa mère et sa sœur. « Je me rappelle avoir roulé deux heures lors de la matinée du premier jour de confinement car ça commençait à midi », témoigne le coureur de la formation Natura4Ever-Roubaix-Lille Métropole.

Mais depuis, il n’a pas eu le courage de monter sur son home-trainer (appareil conçu pour simuler le fonctionnement d'un vélo dans un espace réduit, ndlr). « Je n’avais jamais été habituer à cela, et j’ai eu du mal à trouver de la motivation pour enchaîner des heures sur un vélo en appartement. J’avais peur que ce ne soit pas bénéfique pour la suite et j’en ai parlé avec mon entraîneur », expose Jordan Levasseur, passé de quinze à vingt heures d’entraînement par semaine à seulement trois ou quatre.

« Il va falloir être patient. Le confinement m’a usé psychologiquement, j’ai perdu ma liberté, moi qui suis très souvent à l’extérieur. Ressortir va me faire du bien. Mais je ne vais pas trop m’affoler car on ne peut pas rattraper le temps perdu », fait valoir Jordan Lavasseur qui sera resté au total confiné cinquante-cinq jours dans la maison familiale près de Rouen. 

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