Coronavirus: l’impatience des amoureux de la mer

La plage déserte de La Baule dans l'Ouest de la France.
La plage déserte de La Baule dans l'Ouest de la France. Sébastien SALOM-GOMIS / AFP

Le Premier ministre Édouard Philippe a exclu d’ouvrir l’accès aux plages avant le 2 juin lors de son dernier discours concernant les modalités du déconfinement à partir du 11 mai. Des voix s’élèvent contre cette décision.

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Depuis plusieurs jours, des appels se sont multipliés pour libérer les plages et pour un accès raisonné au littoral de l’Hexagone. Des pétitions ont même été lancées pour que la pratique d’activités sportives soit autorisée individuellement comme pour les cyclistes ou ceux qui font de la course à pieds. L’accès aux plages est prohibé jusqu’au 2 juin.

« Je n’ai pas compris cette interdiction aussi idiote que les créneaux horaires limités pour la pratique sportive dans les grandes villes, a déclaré Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe, sur son compte Twitter. Laisser de grands espaces purs librement accessibles, c’est permettre les promenades avec une plus grande distanciation ».

Une activité physique pour une durée déterminée sans regroupement

Une pétition a été lancée à destination des quatre préfets de la façade atlantique de la France. Elle réclame une réouverture des plages du littoral pour les surfeurs, les nageurs, les joggeurs, les promeneurs et toute autre personne pratiquant une activité physique pour une durée déterminée sans regroupement.

La navigatrice française, sportive et sauveteuse en mer Anne Quéméré en appelle au bon sens pour une réouverture des accès aux plages. « Pour aller poser sa serviette en ce moment en Bretagne, il faut être très motivé, on a eu des beaux jours mais ce n’est plus le cas. [..] On est en train de nous déresponsabiliser complètement. Ce qui fait que oui, on a des attitudes qui vont aller dans le sens opposé parce qu’on a l’impression d’être privés de tout et de manière totalement injustifiée. Et ça me dérange. S’il y a un mouvement pour libérer nos plages, j’en ferai partie, je serai en tête du cortège », a-t-elle réagit dans les colonnes de Ouest France.

Le bronzage non, l'activité oui

À l’initiative de Liliana Tanguy, députée du Finistère, membre de La République en marche, et de Bertrand Sorre, également membre du parti présidentiel, député de la Manche, soixante parlementaires ont écrit au Premier ministre et à la ministre des Sports, pour réclamer la réouverture des plages en deux temps pour la pratique sportive comme le surf, le kitesurf, le kayak de mer, la voile ou encore la nage. Sans oublier aussi les loisirs comme les promenades ou la pêche à pieds.

L’idée, en attendant début juin, étant de mettre en place un système de « plage dynamique » en évitant la sédentarité sur le sable. On ne s’installe pas avec sa serviette pour bronzer, mais en revanche, cela rend possible les autres activités physiques. « Le surf est dans les clous pour une reprise de l’activité dès le 11 mai en attendant la réouverture des plages », a déclaré Jean-Luc Arassus, président de la Fédération française de surf qui a défendu cette solution transitoire pour donner l’accès à l’océan pour une pratique sportive.

Surfer comme à Tahiti

Samedi 2 mai, en plein confinement, trois surfeurs naviguaient près de la plage de Trez Goarem à Esquibien dans le Finistère. Deux d’entre eux, ont pris le large pour éviter un contrôle de la gendarmerie. En difficultés, ils ont dû être secourus par la Société nationale de sauvetage en mer.

La Fédération française de voile vient de débuter une campagne de sensibilisation auprès des pratiquants pour ne pas qu'ils attendent la fin du confinement pour reprendre leur licence et leur cotisation auprès de leurs clubs. Un geste solidaire essentiel pour permettre aux clubs d'éclaircir leurs horizons et permettre la bonne organisation des activités nautique au moment du déconfinement. Quant aux navigateurs professionnels, ils vont pouvoir sortir en mer à la journée, à partir du 11 mai, en prenant en compte toutes les mesures barrières.  

En attendant, à Tahiti, plus grande île de la Polynésie française, le 29 avril, on est retourné surfer après une très longue attente, grâce à l'allègement des mesures de confinement côté Pacifique sud, qui a permis aux surfeurs de renouer avec leur élément vital.

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