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Racisme: des athlètes américains réclament l’assouplissement de la règle 50 du CIO

Thomas Bach, président du CIO.
Thomas Bach, président du CIO. Greg MARTIN / OIS/IOC / AFP
4 min

En vertu de la règle 50, les concurrents qui protestent sur « tous les sites olympiques » font l’objet de mesures disciplinaires au cas par cas. Aujourd’hui, après l’affaire George Floyd aux États-Unis, des athlètes américains veulent assouplir cette règle du Comité international olympique (CIO).

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La règle 50 du CIO stipule qu’aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique. Elle s’applique par extension aux remises de médailles et interdit ces formes de démonstration sur les podiums. Rappelons que les Jeux olympiques rassemblent environ 11 000 athlètes venus de quelque 206 Comités Nationaux Olympiques (et, par extension, des gouvernements).

John Carlos retourne au combat

La pose d'un genou au sol est actuellement interdite par la règle 50 de la Charte olympique, qui bannit également les gestes de la main ayant une signification politique. Pourtant, plusieurs sportifs partout dans le monde ont fait ce geste depuis la fin mai pour soutenir la lutte antiraciste à la suite du décès de George Floyd, tué lors d'une interpellation par la police à Minneapolis, aux États-Unis. Cet homme noir de 46 ans n'a pas survécu à son interpellation, après qu'un policier blanc a appuyé son genou sur son cou pendant plus de huit minutes.

La mobilisation continue aux États-Unis pour pousser le CIO à abolir, ou au moins assouplir, la règle 50 de la Charte olympique sur l’interdiction d’exprimer une opinion politique, raciale ou religieuse aux Jeux.

La commission des athlètes du comité olympique américain (USOPC) a publié une lettre, notamment signée par John Carlos, passé à la postérité pour avoir levé le poing, avec son compatriote Tommie Smith, sur le podium du 200 m aux Jeux de Mexico en 1968, appelant à une réforme. « Les athlètes ne seront plus réduits au silence. Nous sommes maintenant à la croisée des chemins. Le CIO et l’IPC ne peuvent pas continuer à punir ou à éliminer les athlètes qui défendent leurs convictions, surtout lorsque ces convictions illustrent les objectifs de l’Olympisme. Le mouvement olympique et paralympique honore simultanément des athlètes comme John Carlos et Tommie Smith, tout en interdisant aux athlètes actuels de suivre leurs traces », peut-on lire.

La Fifa ouverte au dialogue

La commission des athlètes de l’USOPC appelle les instances sportives à une « collaboration transparente » avec les athlètes et leurs représentants. La pression s’accentue donc sur le CIO dans le débat sur la liberté d’expression des athlètes.

Début juin, la Fifa a demandé aux Fédérations nationales de faire preuve de clémence envers les joueurs qui rendent hommage à George Floyd. Après l'annonce de la Fédération allemande et des possibles sanctions envers des joueurs ayant rendu hommage à George Floyd, l'instance du foot mondial avait très vite réagi en demandant de la clémence. « La Fifa comprend parfaitement la profondeur des sentiments et des préoccupations exprimés par de nombreux footballeurs à la lumière des circonstances tragiques de l'affaire George Floyd, pouvait-on lire dans un communiqué adressé à l'agence de presse Associated Press. L'application des lois du jeu est laissée aux organisateurs des compétitions, qui doivent faire preuve de bon sens et tenir compte du contexte entourant les événements. »

La NBA pourrait assouplir ses règles

Après la Fifa, la NBA pourrait se montrer plus souple. Selon le site américain de la chaîne ESPN, les joueurs de basket pourraient être autorisés à porter dès cette saison des maillots floqués de slogans soutenant le combat contre le racisme et la justice sociale. Selon Chris Paul, le meneur du Thunder d’Oklahoma City, les discussions sont en bonne voie avec la ligue nord-américaine.

« Nous essayons simplement de continuer à faire la lumière sur les sujets de justice sociale dont tout le monde continue de parler jour après jour au sein de la ligue. J’entends beaucoup de gens prétendre que les questions de racisme et de justice sociale seront un peu oubliées lorsque nous reprendrons le jeu. Avec ces maillots, elles ne disparaîtront pas », déclare Chris Paul sur ESPN. L’ancien basketteur américain Michael Jordan, qui durant sa carrière s’était toujours tenu éloigné des prises de position politiques ou sociétales, avait dénoncé « le racisme enraciné et la violence envers les personnes de couleur dans notre pays ». Aux États-Unis, le mouvement antiracisme gagne désormais presque tous les terrains sportifs.

« Les Jeux olympiques ont toujours été une plateforme pour les athlètes et leurs performances sportives. Mais les JO ne sont pas et ne devront jamais être une plateforme de revendications politiques ou de tout discours de division », avait déclaré en janvier dernier le président du CIO, Thomas Bach, à l’ouverture de la 135e session du CIO à Lausanne. L'ancien escrimeur allemand, champion olympique, a suggéré récemment que la règle 50 pourrait être revue dans le cadre d’un processus de consultation qui serait mené par la commission des athlètes du CIO.

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