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Rétrospective

Foot: il y a 20 ans, des Bleus au zénith gagnaient l’Euro 2000

Zinedine Zidane félicite David Trezeguet après son but en or face à l'Italie qui offre la victoire à l'équipe de France, en finale de l'Euro, le 2 juillet 2000 à Rotterdam.
Zinedine Zidane félicite David Trezeguet après son but en or face à l'Italie qui offre la victoire à l'équipe de France, en finale de l'Euro, le 2 juillet 2000 à Rotterdam. AFP / Patrick Hertzog
5 mn

Le 2 juillet 2000, l’équipe de France de football remportait le Championnat d’Europe des nations (Euro) pour la deuxième fois de son histoire, après celui de 1984. Ce sacre à l’Euro 2000, deux années après la victoire en Coupe du monde 1998, a été l’apogée des Bleus et du foot français.

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L’équipe de France de football qui a remporté l’Euro 2000 n’est peut-être pas la sélection nationale la plus forte de tous les temps. Mais elle fait assurément candidate au titre de meilleure équipe française de l’histoire des Bleus. Devant celle menée par Michel Platini et qui a notamment gagné l’Euro 1984, le premier trophée majeur du foot français. Et devant celle des récents champions du monde 2018, entraînés par Didier Deschamps.

Parce que Zinédine Zidane et compagnie sont les seuls les Bleus à avoir réussi le doublé Coupe du monde (1998)-Euro (2000). Mais aussi parce qu’ils ont affiché durant ce Championnat d’Europe des nations co-organisé par la Belgique et les Pays-Bas une plénitude et une force rarement vues.

La patte de Roger Lemerre

La qualification pour l’Euro 2000 n’a pourtant pas été aisée. L’équipe de France est désormais dirigée par Roger Lemerre, l'ex-adjoint d’Aimé Jacquet. Elle commence les éliminatoires par un nul 1-1 en Islande. Suivront d’autres résultats fâcheux : nul 0-0 à domicile face à l’Ukraine, défaite 3-2 à Saint-Denis face aux Russes, succès étriqué 1-0 en Andorre… C’est lors de l’ultime journée que les champions du monde décrochent leur billet, grâce à un succès 3-2 face à l’Islande et à un nul 1-1 entre la Russie et l’Ukraine.

Roger Lemerre tente depuis des mois d’imposer son style, un football résolument plus offensif que celui prôné par son ex-mentor, Jacquet. Malgré l’euphorie de 1998, supporters et médias commencent à s’interroger. D’autant que les Français ont été versés, lors du tirage au sort de l’Euro 2000, dans un groupe D très relevé, avec les Pays-Bas, la République tchèque et le Danemark. Fans et journalistes vont toutefois être vite rassurés.

Maîtrise et puissance

Pour leur début dans le tournoi, les Français étrillent les Danois, 3-0. Ils battent ensuite de redoutables Tchèques, 2-1. Déjà qualifiés pour les quarts de finale, les Tricolores s’offrent le luxe d’aligner une équipe bis face aux Néerlandais, de Bernard Lama dans la cage à David Trézéguet en pointe, en passant par Johan Micoud à la baguette. Des errements défensifs offrent certes un succès 3-2 aux Oranjes. Mais, même avec ses remplaçants, l’équipe de France a affiché du talent et de la puissance. Et elle a permis à ses titulaires indiscutables, comme Laurent Blanc, Deschamps, Zidane et Thierry Henry, de souffler.

Cette stratégie s’avère fort utile. Car en finissant 2e du groupe D, les Bleus se retrouvent en revanche contraints d’affronter des adversaires redoutables. À commencer par une Espagne en reconstruction après l’élimination au premier tour du Mondial 1998. Un coup franc magistral de Zidane et une frappe puissante de Youri Djorkaeff permettent d’écarter 2-1 la Roja de Pep Guardiola et de Raul. En demi-finale, ensuite, il faut également une bonne dose de réalisme pour sortir le Portugal, sur le même score. L’affaire se règle, cette fois, en prolongations et avec un penalty de Zidane. Les Portugais crieront au scandale, malgré une main dans sa surface de séparation du défenseur Abel Xavier.

Réalisme et culot

En finale, la sélection française retrouve son séduisant homologue italien. En 1998, elle avait écarté l’Italie aux tirs au but, en quart du Mondial, à l’issue d’un match glaçant de maîtrise. Ce 2 juillet 2000 à Rotterdam, c’est la Squadra Azzura coachée par le légendaire Dino Zoff qui domine les débats. Elle ouvre logiquement le score à la 55e minute, suite à une reprise à bout portant de Marco Delvecchio. Les Bleus tentent vainement de revenir et se heurtent à une Nazionale parfaitement en place, dans un schéma en 3-5-2.

La fin du temps réglementaire approche et le banc de touche italien commence déjà à célébrer son deuxième sacre dans cette compétition, après celui de 1968. Mais, durant les arrêts de jeu, sur un long dégagement de Fabien Barthez, David Trezeguet, entré en jeu peu avant, dévie le ballon vers un Sylvain Wiltord lui aussi remplaçant au coup d’envoi. L’attaquant décoche une frappe croisée depuis la gauche. Bien que ce tir ne soit pas imparable, le gardien adverse Francesco Toldo freine seulement la course du ballon : 1-1 (90e+3). Wiltord agite son doigt en guise de « Non, ce n’est pas fini ». Les Italiens, eux, ne s’en remettront pas. Lessivés, ils souffrent en prolongations. À la 103e minute, Robert Pirès, également entré en jeu en seconde période, laisse sur place Demetrio Albertini puis Fabio Cannavoro, sur l’aile gauche. Il centre en retrait vers Trézéguet. La suite est connue : l’avant-centre inscrit le « but en or » d’une superbe reprise de demi-volée : 2-1, score final. La France est championne d’Europe.

Au zénith, avant le naufrage

Douleur dans le camp italien. Les Transalpins prendront cependant leur revanche, six ans plus tard, en finale de la Coupe du monde 2006. Les Bleus, eux, entrent dans la légende en réalisant un doublé Mondial-Euro que seuls les Allemands (RFA) avaient déjà réussi (Euro 1972-Mondial 1974). Le football français est alors au firmament. Il peut se vanter de la qualité de sa formation, qui produit des joueurs aussi athlétiques que solides tactiquement et techniquement.

Au zénith, les Tricolores s’offriront encore une coupette, en 2001, avec la Coupe des Confédérations, malgré les retraites internationales de Blanc et Deschamps. Puis, ce sera le naufrage, en 2002. Les champions du monde et d’Europe en titre aborderont le Mondial au Japon et en Corée du Sud, en roue libre, Roger Lemerre étant dépassé par les événements. Starifiés et désunis, ils seront éjectés dès le premier tour du tournoi, avec zéro victoire et zéro but marqué. Ils seront notamment surpris en match d’ouverture par une talentueuse équipe du Sénégal…

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