Accéder au contenu principal

Violences sexuelles: la pongiste nigériane Olufunke Oshonaike se confie

La pongiste nigériane Olofunke Oshonaike lors des JO 2016.
La pongiste nigériane Olofunke Oshonaike lors des JO 2016. Jim WATSON / AFP
3 mn

Lors des Jeux olympiques de Tokyo, Olufunke Oshonaike sera la première sportive africaine à disputer sept fois les JO. Un exploit lorsqu’on considère les violences physiques et sexuelles dont la superstar du tennis de table continentale a été victime, plus jeune. Une histoire sur laquelle la Nigériane s’est confiée à la BBC.

Publicité

Le 5 août 2016, Olufunke Oshonaike portait haut le drapeau du Nigeria, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Rio, vingt ans après ses premiers JO (Atlanta 1996). Le 28 février 2020 à Tunis, la pongiste devenait ensuite la première sportive africaine, toutes disciplines confondues, à se qualifier une septième fois pour l’Olympe.

La Nigériane de 45 ans aurait d'ailleurs dû être focalisée sur Tokyo 2020, si l’événement n’avait pas été reporté d’un an à cause du coronavirus. Mais la superstar du tennis de table continental était résolument tournée vers le passé, ce 14 juillet. Un passé tragique, marqué par des violences physiques et sexuelles dont elle a été victime.

« Je suis une survivante »

« Je suis une survivante », assure-t-elle dans un entretien à la BBC. « À chaque fois que j’entends parler d’un viol, ça me ramène en arrière », explique celle qui a décidé de se confier, suite aux sordides viol et décès d’une compatriote de 22 ans.

« C’était un ami, j’étais naïve, raconte celle que les Nigérians surnomment affectueusement "Funke". Lorsqu’il était en colère, il me frappait. Il utilisait ses deux pouces pour exercer une pression sur mes yeux. Puis il abusait de moi sexuellement ».

Un calvaire sur lequel la multiple médaillée aux Jeux Africains et aux Championnats d’Afrique n’arrivait alors pas à mettre des mots. « Je me sentais sans espoir, avec du sang partout sur moi, ajoute-elle. Je ne savais pas que ça s’appelait un viol. Tout ce que je savais, c’est que je me sentais sale ».

Inspirée par l’histoire d’Oprah Winfrey

L’histoire d’Olufunke Oshonaike ressemble à celles de millions de femmes à travers le monde. Malgré les terribles souffrances que son bourreau lui infligeait, elle était comme paralysée. Les violences ont débuté à l’époque de ses premiers JO, durant la période où elle allait à l’université. « J’allais en cours avec des ecchymoses partout sur le corps et les gens me demandaient ce qui n’allait pas, poursuit-elle. J’étais la championne du Nigeria à l’époque, mais je n’étais pas assez forte pour me confier à qui que ce soit. J’allais dans mon petit coin pour pleurer ».

« Hypnotisée » et « esclave », la native de Lagos tentait parfois de reprendre le contrôle de sa vie et de son argent. « Il me disait de lui donner tous mes revenus, affirme-t-elle. À chaque fois que j’essayais de m’échapper, je réclamais mon argent. Mais il refusait de le rendre ».

C’est en puisant notamment dans l’exemple de l’animatrice télé vedette américaine Oprah Winfrey, victime de viol dès l’âge de 9 ans, qu’Olufunke Oshonaike a réussi à s’en sortir. « J’ai tout perdu à cause de cet homme, lance-t-elle. Mais je me suis battue et j’ai réussi à me relever ».

Un grand mal au Nigeria

Olufunke Oshonaike aimerait désormais être une source d’inspiration pour autre chose que ses exploits en tennis de table. « Le traumatisme est resté présent durant des années et a affecté ma vie sexuelle et mon mariage, glisse-t-elle. Je suis capable de partager mes expériences avec des femmes qui ont été victimes et de les encourager à ne pas s’abandonner ».

Au Nigeria, les violences envers les femmes sont un problème majeur. Selon une étude dévoilée en 2018 par la Fondation Thomson Reuters, le géant démographique d’Afrique de l’Ouest figure à la 9e place d’un classement des dix États où il fait le moins bon vivre pour les femmes… Et d’après le Women Peace and Security Index 2019-2020 mis en place par le Georgetown Institute (GIWPS), le pays d’Olufunke Oshonaike pointe à la 145e place sur 167 nations, en la matière.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.