Accéder au contenu principal

Les monarchies du golfe Persique misent toujours sur leur «diplomatie sportive»

Construction d'un des stades qui servira durant la Coupe du monde de football en 2022 au Qatar.
Construction d'un des stades qui servira durant la Coupe du monde de football en 2022 au Qatar. GIUSEPPE CACACE / AFP
5 mn

Après avoir obtenu la Coupe du monde de football en 2022, le Qatar vise l’organisation des Jeux olympiques de 2032. Désormais, tous les pays du Golfe investissent dans le sport, une façon d’exister sur la scène internationale.

Publicité

En début d’année, avant la pandémie de coronavirus, l’Arabie saoudite avait multiplié les événements sportifs, et accueilli le rallye Dakar, la Supercoupe d’Espagne, le tournoi de golf du Saudi International ainsi que le premier Saudi Tour cycliste de l'histoire. Pourtant, en Arabie saoudite, seul 1% de la population pratique le vélo.

Dans le golfe Persique, chaque pays cherche à influencer la planète par son « soft power » en investissant massivement dans les évènements sportifs ou culturels. Et l’Arabie saoudite, confrontée à des critiques majeures, souhaite aussi changer son image de cette manière.

Le Qatar veut les Jeux olympiques

Aujourd’hui, le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde de football en 2022 - après une candidature qui a été entachée de corruption, selon des pays et des médias européens, ce qui a été toujours démenti par Doha - s’intéresse aux Jeux olympiques 2032.

Depuis plus de 20 ans, le Qatar mène une offensive par le sport et l’obtention du Mondial 2022, le 2 décembre 2010, reste jusqu’à présent le plus beau trophée. Depuis son arrivée au pouvoir, en 1995, l'émir du Qatar, le cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, n'a cessé de vouloir faire exister son petit territoire en lui donnant une résonance planétaire.

Lundi 27 juillet, le Qatar, 1,7 million d'habitants et pays le plus riche au monde par habitant, a confirmé son intérêt à se porter candidat malgré des températures caniculaires l'été et le spectre d'un public peu nombreux. Et visiblement, les critiques des ONG concernant le sort des travailleurs qui construisent les infrastructures pour le Mondial 2022 n’ont pas refroidi le Comité international olympique. Ni les Championnats du monde d’athlétisme qui se sont déroulés en 2019 sous fond de critiques virulentes de la part des athlètes face à l’absurdité climatique et au public absent.

« Nous avons fait en sorte que notre nouvelle approche fonctionne bien. Nous avons lancé un dialogue entre les comités olympiques nationaux intéressés et une commission spéciale du CIO. Naturellement, nous invitons le Qatar à se joindre à ce dialogue », a déclaré le président de cette instance sportive, Thomas Bach, dans une interview diffusée par la chaîne qatarie BeIN sports, spécialisée dans la couverture d'événements sportifs. Si le Qatar, royaume désertique, réussit à faire aboutir sa candidature, ce serait la première fois dans l'Histoire que des Jeux olympiques se tiendraient au Moyen-Orient.

Le Bahreïn devient actionnaire minoritaire du Paris football club

Le Bahreïn, petit État insulaire du Golfe, poursuit de son côté ses investissements dans le sport, après la mise sur pied en 2016 d'une équipe cycliste professionnelle (Bahrain-McLaren) ou l'organisation depuis 2004 d'un Grand Prix de Formule 1. Il est devenu actionnaire minoritaire et sponsor principal du Paris FC, club de deuxième division de la capitale française.

« Les dirigeants et actionnaires du Paris FC sont heureux de vous annoncer l'arrivée d'un nouveau renfort : le Royaume du Bahreïn. L'opération a été réalisée au travers d'une augmentation de capital pour renforcer les capitaux propres du club permettant au fonds souverain de détenir 20% de l'entreprise », écrit le club dans un communiqué. L’ambition est grande : accéder à la Ligue 1 dans les trois prochaines années et devenir le deuxième club de la capitale à jouer dans l’élite du foot français. Le Paris FC l'a quittée en 1974 et vit depuis dans l’ombre du PSG.

L’Arabie saoudite rêvait de Newcastle

En 2011, le fonds souverain qatarien Qatar Investment Authority avait acquis le Paris Saint-Germain dans le but d’en faire un des plus grands clubs d’Europe, en décrochant notamment la fameuse Ligue des Champions. Le foot, sport mondialisé, est devenu au fil du temps un enjeu de pouvoir pour toutes les monarchies du Golfe.

Ces derniers mois, l’envie de l’Arabie saoudite de s’offrir le club anglais de Newcastle a largement défrayé la chronique outre-Manche. Durant l'été 2008, Manchester City avait été racheté par un fonds d'investissement d'Abu Dhabi, le plus grand émirat des Émirats arabes unis. Depuis, presque tous les pays du Golfe rêvent de mettre la main sur un club de Premier League, le championnat le plus populaire et le plus visible sur la planète, retransmis dans plus de 200 pays.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.