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CARNET DE ROUTE

Tour de France: «Moins de solidarité dans le gruppetto»

«Il y a une ambiance qui peut être détendue dans le gruppetto...»
«Il y a une ambiance qui peut être détendue dans le gruppetto...» REUTERS/Stephane Mahe

Depuis le départ de Nice, Pierre-Luc Périchon est l’œil de RFI à l’intérieur du peloton. Dans ce  6e épisode de ses carnets de bord, le capitaine de route de l’équipe Cofidis, tout juste présélectionné pour les Championnats du monde, évoque la vie dans le gruppetto, le mini peloton où se retrouvent ceux qui ne peuvent pas suivre les meilleurs grimpeurs en montagne.  

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Dans les petits papiers du sélectionneur

« J’ai appris hier (mercredi) ma préselectionpour la course en ligne des championnats du Monde (ndlr : en Italie, le 27 septembre). C’était dans les tuyaux depuis quelques jours, Cédric Vasseur, mon directeur sportif l’avait évoqué, et Thomas Voeckler (le sélectionneur national) me l’a ensuite annoncé. Je ne m’enflamme pas, parce que la liste définitive de 8 coureurs sera connue samedi prochain, mais c’est déjà une marque de confiance, une reconnaissance du travail accompli depuis le début de ce Tour de France aux côtés de mon leader Guillaume Martin. Physiquement, je ne suis peut-être pas le plus fort de cette première sélection, mais comme Guillaume devrait être de l’aventure, il aura besoin d’être épaulé. On a l’habitude de travailler ensemble, ma condition est bonne, donc ça pourrait être intéressant. Si j’y vais, ça ne sera pas pour jouer ma carte, mais comme sur le Tour dans un rôle d’équipier, pour mon leader habituel et pour tous les leaders de l’équipe de France. Je suis prêt à me mettre à la planche ! »

Une journée à l’arrière

« Aujourd’hui, l’étape arrivait au Col de la Loze, une ascension inédite et terrible. Je la connaissais pour avoir fait un repérage, mais en course c’est encore plus dur ! J’ai terminé dans un gruppetto très fourni, avec plus de la moitié du peloton. Le gruppetto rassemble différents types de coureurs, principalement les équipiers qui ne peuvent plus accompagner leurs leaders à l’avant, et bien sûr les sprinteurs, qui ont du mal à passer les cols et doivent se préserver en vue des étapes plus favorables. L’objectif est d’arriver ensemble dans les délais. Il y a une forme d’entraide qui s’installe dans ce groupe, mais moins que les autres années. Aujourd’hui, la course est plus dure, et quand c’est plus dur, la solidarité a ses limites. Si un coureur a besoin d’un bidon, et que sa voiture n’est pas à côté, on va lui en récupérer un, mais on ne va pas non plus rouler pour lui. C’est encore différent quand on se retrouve dans un petit gruppetto :hier (mercredi), par exemple, je me suis retrouvé avec une quinzaine de coureurs, tout le monde passait ses relais pour rallier l’arrivée. C’est l’objectif numéro un, et quand on apprend qu’un coureur est hors-délai, c’est toujours un peu triste. C’est arrivé à Jérôme Cousin, hier, et j’étais vraiment déçu pour lui parce que c’est un guerrier. »

Dans le gruppetto, pas toujours la dolce vita

« Il y a une ambiance qui peut être détendue dans le gruppetto, mais avec des limites. Je suis quelqu’un d’assez bavard et blagueur, et pas le moins à l’aise en général, donc ça m’arrive de lâcher des petites bêtises, mais ça ne plait pas à tout le monde. Je récolte des « Ta gu... ! » de ceux qui sont plus à bloc et qui n’ont pas trop envie de plaisanter. Une petite anecdote : dans les Pyrénées, je me marrais avec Pierre Latour, en lui disant : ‘je ne suis pas venu ici pour souffrir, OK’, et je me suis pris une réflexion d’un coureur qui pour le coup souffrait vraiment. De manière plus générale, il y a de moins en moins de boute-en-train dans le peloton. Je m’entends bien avec beaucoup de coureurs, mais je déconne surtout avec Pierre Latour, on partage les mêmes délires. »

 

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