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Carnet de Route

Tour de France, Sylvan Adams: «L'équipe, un véhicule pour promouvoir notre pays»

Sylvan Adams, le co-fondateur de l'équipe Israel Start-Up Nation, le 17 septembre 2020 lors du Tour de France.
Sylvan Adams, le co-fondateur de l'équipe Israel Start-Up Nation, le 17 septembre 2020 lors du Tour de France. RFI/Thomas-Sean de Saint-Léger

Cinq ans après sa création, l’équipe Israël Start-Up Nation, qui accueillera bientôt dans ses rangs Chris Froome, fait cette année ses premiers pas sur le Tour de France. À l’origine du projet, avec son associé Ron Baron, le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams accompagne ses coureurs sur les routes françaises.

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RFI : Vous avez lancé votre équipe il y a cinq ans, vous l’accompagnez aujourd’hui sur le Tour de France. Comment vivez-vous cette progression « express » ?

Sylvan Adams :C’est génial. Je passe devant la foule, sur le bord des routes, et j’entends des gens crier : « Israël, allez, allez, allez ! ». C’est une fierté personnelle, car j’ai créé cette équipe, et une fierté de montrer le nom de notre nation en France. Israël est un pays dont on parle beaucoup, et mal, en général, dans les médias. Ça n’est pas juste et avec l’équipe, nous voulons en finir avec ces préjugés.

Aujourd’hui, vous êtes homme d’affaires, patron d’équipe cycliste, et un peu ambassadeur aussi ?

Oui, vous savez, je me suis fait faire une carte de visite sur laquelle il est marqué « ambassadeur auto-proclamé ». Je m’amuse à promouvoir mon pays via différents projets. L’équipe est un très bon véhicule pour montrer le bon côté d’Israël. J’ai déménagé du Canada, où j’avais une très belle vie, pour m’installer là-bas. Tout visiteur peut voir que notre pays est ouvert, diversifié, tolérant, sûr. Israël a le seul régime démocratique de la région.

J’ai un exemple pour vous : en décembre, nous organisons nos camps d’entraînements sur place et Rudy Barbier [un coureur français dans l’effectif ndlr] m’a dit : « Je ne comprends pas, je n’ai vu aucun soldat en deux semaines alors qu’à Paris, il y en a partout dans les rues ».

Depuis que votre équipe est présente sur le Tour, il nous arrive de voir, sur le bord des routes, quelques banderoles ou démonstrations pro-palestiniennes, hostiles à Israël. Cela vous gêne-t-il ?

Je n’appelle pas ça des démonstrations, j’appelle ça trois personnes avec un drapeau, et je pense que ce sont les mêmes à chaque étape. Ils ont le droit de promouvoir leurs idées. Mais si on compare ça avec la réaction de la grande majorité des Français, je pense qu’on est très bien reçus, ici.

Aujourd’hui, dans le cyclisme professionnel, plusieurs équipes, dont la vôtre, portent le nom d’un pays, et non d’une marque…

Il y en 3 : Bahrain-McLaren, UAE [Émirats Arabes Unis ndlr] et nous. Comme par hasard, ces trois pays-là ont fait la paix ces derniers jours. C’est très symbolique, ça démontre que les pays qui s’ouvrent aux les autres, via le sport, par exemple, sont pour un monde plus harmonieux.

Dans le futur, vous pourriez accueillir un coureur des Émirats Arabes Unis, ou du Bahreïn, par exemple, dans votre équipe ?

Bien sûr. Ce serait quelque chose de très bon pour le sport, et pour notre mission. Nous avons un effectif très cosmopolite. Avoir un coureur arabe ou musulman, ce serait bien. Par ailleurs, je connais bien le propriétaire de l’équipe Bahrain-McLaren, le Cheikh Nasser. Il avait comme idée d’avoir des coureurs de son pays dans l’équipe, donc pour l’instant, il est un peu jaloux de moi, car il n’en a pas et nous en avons 4.

Vous avez emmené au Tour de France cette année un coureur israélien, Guy Niv, le premier de votre pays à prendre le départ de la Grande Boucle. Est-ce un choix sportif ou uniquement symbolique ?

Il faut comprendre que nous essayons aussi de développer le sport cycliste en Israël. J’ai bâti un vélodrome à Tel-Aviv et nous avons une équipe continentale [la troisième division mondiale ndlr] qui est en quelque sorte notre centre de formation. Amener un coureur israélien sur le Tour de France, constitue un premier accomplissement, ça permet de montrer aux jeunes de notre pays qu’ils peuvent atteindre le plus haut niveau du sport.

En attendant, vous avez recruté, pour l’année prochaine, un très grand nom du peloton : Christopher Froome, vainqueur du Tour de France à 4 reprises dans les années 2010, mais beaucoup plus en retrait depuis une grave chute en juin 2018. En plus, le Britannique prend de l’âge. Êtes-vous sur de votre choix, ou est-ce ou un coup marketing ?

Pas du tout. Froome a gagné le Tour de France quatre fois, c’est le meilleur coureur de « Grands Tours » de la génération actuelle. C’est vrai qu’il récupère encore d’une très grave chute, ça prend du temps, mais il a le cœur d’un champion, et j’ai une grande confiance en lui. Il va revenir en force l’an prochain. Nous avons bâti l’équipe de l’an prochain pour l’entourer et lui permettre de gagner le Tour de France.

À écouter aussi : Tour de France : gros plan sur Israel Start-Up Nation

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