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Le rugby français secoué par la garde à vue de son président

Le patron du rugby français, Bernard Laporte.
Le patron du rugby français, Bernard Laporte. ALAIN JOCARD / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le président de la Fédération française de rugby (FFR) Bernard Laporte a fustigé une « déstabilisation » dans un courrier aux clubs français, diffusé ce 22 septembre 2020 durant sa garde à vue. Cet ex-Secrétaire d’État aux sports est interrogé par la police financière, tout comme quatre autres personnes, dans une enquête préliminaire sur ses liens présumés avec le groupe Altrad.

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« Campagne de presse […] savamment orchestrée », « méthode […] révoltante » : ce 22 septembre 2020, Bernard Laporte n’a pas de mots assez durs pour qualifier son placement en garde à vue à Paris par la police financière, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en 2017. « Lorsque la justice se mêle à la politique, les deux se fragilisent », a fustigé le patron de la Fédération française de rugby (FFR) dans un courrier adressé aux clubs, ce mardi.

L’ex-qecrétaire d’État aux sports (2007-2009) fait référence à l’élection du président de la FFR, prévue le 3 octobre prochain, et durant laquelle Bernard Laporte compte briguer sa propre succession. « À 10 jours d’une échéance capitale pour notre Fédération, une campagne coordonnée de déstabilisation s’abat sur le rugby français », assure-t-il.

Une intervention suspecte en 2017

L’ex-entraîneur du XV de France (1999-2007) est au cœur d’un scandale qui secoue le rugby français depuis trois ans. Bernard Laporte est soupçonné d'avoir favorisé le Montpellier Hérault Rugby (MHR), club dont le propriétaire est l’homme d’affaires Mohed Altrad, en intervenant auprès de la commission d'appel de la FFR pour faire diminuer des sanctions contre le MHR, fin juin 2017. Or, le groupe Altrad est un des grands bailleurs de fond du rugby tricolore et de l’équipe de France.

Le patron de ce groupe spécialisé dans les matériels de bâtiment a aussi été placé en garde à vue par la police financière, tout comme Claude Atcher, le patron du Comité d’organisation d’une Coupe du monde 2023 prévue en France, et deux hauts responsables de la Fédération, Serge Simon et Nicolas Hourquet.

« Indignes de la justice d’un pays comme la France »

Bernard Laporte s'est toujours défendu de toute intervention en faveur de Montpellier, même s'il a reconnu avoir téléphoné au président de la commission, Jean-Daniel Simonet. Des inspecteurs généraux du ministère des Sports ont cependant établi dans un rapport transmis à la justice que les décisions de la commission ont été « modifiées », entre les 29 et 30 juin 2017, un calendrier qui correspond à ce coup de fil. Dans un premier temps, la commission d'appel aurait décidé de confirmer des sanctions prononcées par la Ligue nationale de rugby (LNR) contre le MHR, soit 70 000 euros d'amende et un match à huis clos, avant de passer à 20 000 euros d'amende et un sursis sur le match à huis clos.

Le Journal du dimanche avait également mis au jour l'existence d'un contrat entre BL Communication, une société dirigée par Bernard Laporte, et Altrad Investment Authority, pour un montant de 150 000 euros.

Ce 22 septembre, Bernard Laporte a une nouvelle fois défendu sa probité avec force. Ce qu’il remet en outre en cause dans ce dossier, c’est le timing de sa garde à vue. « Je suis très respectueux du travail de la justice et je réclame depuis des mois que ce dossier soit mené à terme au plus vite, a affirmé l’intéressé dans son communiqué. Les nombreux refus du Procureur concernant le report de cette audition sont indignes de la justice d’un pays comme la France, conclut-il, ciblant ses persécuteurs présumés. Je dérange le monde professionnel [du rugby, Ndlr], que j’ai obligé à contribuer solidairement au monde amateur, et qui aimerait beaucoup me voir chuter au profit d’une équipe plus malléable pour ne pas dire servile ».

(Avec AFP)

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