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Athlétisme/Murielle Ahouré: «Je serai là en 2022…»

L'Ivoirienne Murielle Ahouré, championne du monde du 60m en salle, le 2 mars 2018 à Birmingham, au Royaume-Uni.
L'Ivoirienne Murielle Ahouré, championne du monde du 60m en salle, le 2 mars 2018 à Birmingham, au Royaume-Uni. Hannah McKay/Reuters

L'année 2020 aura été étrange pour Murielle Ahouré. Aucune course ou presque pour la championne du monde en salle du 60 mètres. Et surtout pas les Jeux de Tokyo dont l'Ivoirienne de 33 ans faisait l'objectif majeur de sa saison, le rêve d'une médaille olympique. Mais Murielle Ahouré n'a pas perdu son temps. Elle vient d'être nommée cette semaine ambassadrice de l'Unicef en Côte d'Ivoire, dans la continuité d'un travail pour les enfants qu'elle avait déjà entamé en lançant sa Fondation il y a quatre ans.

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Murielle Ahouré, vous venez d’être nommée ambassadrice de l’Unicef en Côte d’Ivoire. Dites-nous le sens de cette nomination pour vous ?

C’est un immense honneur d’être nommée ambassadrice de l’Unicef en Côte d’Ivoire. Je m’engage à faire la promotion des droits des enfants et des filles pour qu’ils puissent être protégés, et encourager un partenariat entre le ministère de l’Éducation et celui des Sports. Faciliter le sport et l’éducation pour les jeunes filles en Côte d’Ivoire.

C’est quelque chose qui complète un travail puisque la fondation que vous avez créée il y a quatre ans est dédiée en partie aux enfants ?

Exactement ! C’est une cause qui m’est très chère. Je ne vais pas courir toute ma vie et il faut que je puisse aider la génération qui vient, la relève. Il y a tellement de filles qui veulent faire du sport, arriver au haut niveau, mais elles n’ont pas les moyens, elles ne savent pas comment faire. Il n’y a pas d’infrastructures, il n’y a pas beaucoup de choses pour elles. A travers mes sponsors, le partenariat que j’ai signé avec l’Unicef, le partenariat entre le ministère des Sports et celui de l’Éducation, on peut faire quelque chose de très concret comme le sports-études.

Vous dites depuis longtemps qu’œuvrer pour les enfants est ce qui vous tient le plus à cœur. D’où vous vient cette vocation ?

Elle vient vraiment de ma mère. Elle m’a enseigné les premières leçons de vie, l’amour du prochain, la solidarité, le don de soi. Je remercie infiniment ma mère qui m’a inspirée cet amour pour les enfants.

Vous vous projetez sur l’après carrière mais vous êtes toujours en activité. La saison a été bouleversée cette année par la crise sanitaire. Comment vous avez vécu cette année ?

C’est une année très difficile pour moi et je pense que c’est pareil pour tous les athlètes. On a été tous bouleversés, choqués. Moi je vis en plus aux États-Unis, à Miami, l’une des villes les plus touchées par le Covid. On a été confinés pendant des mois, on ne pouvait pas s’entraîner, on avait peur. Maintenant, le plus important est que la vie continue, il y a moins de cas, et j’ai fait mon premier voyage en avion depuis le début de crise, et cela s’est bien passé. Depuis février, je n’avais pas pu voyager, aujourd’hui, je suis revenue en Côte d’Ivoire en octobre.

On imagine que vous pensiez aller aux championnats du monde en salle à Nankin en mars 2020 (Ndlr : reportés en mars 2021) pour défendre votre titre de championne du monde en 60m…

Ah non ! Je n’allais pas faire les championnats du monde en salle. Je comptais juste faire deux courses en salle histoire de me maintenir, mais j’étais vraiment focus sur les JO de Tokyo. J’ai très peu couru, mais c’est une année pour me remettre en forme, travailler un plus sur des choses qui me manquent. J’avais quelques petits bobos l’année dernière, donc, le but était de s’occuper des blessures, mettre plus de force dans les jambes.

Quand le report des Jeux olympiques a été annoncé, une sportive comme Clarisse Agbegnenou (judokate française) a confié avoir pleuré. Beaucoup de sportifs ont annoncé une sorte de démobilisation, qu’ils n’avaient plus du tout envie de s’entraîner. C’était votre cas ?

Après le report, on a tous pleuré, on a tous déprimé. Moi, j’ai passé quelques jours au lit, ça n’allait pas trop.  Après, tout ce que Dieu fait est bon. Il y a une raison à ce report. Bien sûr, j’étais affectée par ça, c’était triste mais avec l’aide de mon entraineur, mon manager, ma famille, j’ai relativisé et j’ai compris qu’il y avait d’autres  choses dans la vie. Donc, j’ai décidé de prendre cette année pour encore mieux me préparer, ça donne aussi l’opportunité de travailler sur autre chose. Ce n’est que partie remise, ce n’est pas comme si c’était annulé.

Vous avez eu 33 ans cette année, est-ce que le report des JO d’une année n’est pas plus compliqué pour vous que pour la génération suivante ?

Non pas pour moi. J’ai une très bonne équipe autour de moi : mon entraineur, mon médecin, mon kiné, mes masseurs, etc., on sait comment se préparer, on sait comment faire pour être prête l’année prochaine. Il y aura les Jeux Olympiques, on espère que tout va bien se passer avec le Covid, on espère pouvoir faire des compétitions, voyager. Parce que nous qui vivons aux États-Unis, on ne peut pas entrer en Europe pour faire nos traitements par exemple. C’est un peu stressant. Donc, j’espère que dans les mois à venir quelque chose va changer. Si on peut trouver un vaccin, on peut voyager, comme ça cela ne sera pas trop stressant. Moi j’ai été testée trois fois pour le Covid. J’étais toujours négative, donc ça va.

L’année prochaine, c’est uniquement les Jeux ou il est possible que, si le programme se déroule normalement, on vous voit aux mondiaux en salle, aux championnats d’Afrique ?

Aux championnats d’Afrique oui, aux mondiaux en salles, je ne sais pas. Je ne peux pas dire oui. Tout dépend de la situation du Covid.

Est-ce que Tokyo est dans votre tête tous les jours actuellement ?

Bien sûr ! Je pense à ça tous les jours. Tous les matins et tous les soirs. Je vois la cérémonie d’ouverture, la course du 100m, du 200m. Je vais faire le 100 et le 200, donc j’ai hâte de m’aligner et représenter la Côte d’Ivoire.

Au-delà de 2021, il y a les mondiaux d’Eugène en 2022 aux États-Unis où vous vivez. Vous comptez aller jusque-là ?

Absolument, je serai là. Après 2022, je vais voir. Mais pour l’instant, le focus est sur 2021, et 2022. Avec si possible un tour sur le podium aux JO…

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