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Procès FIFA en Suisse: Al Khelaïfi acquitté, pas de prison pour Valcke

Le Français Jérôme Valcke (à gauche) et le Qatarien Nasser al-Khelaïfi, lors de leur procès.
Le Français Jérôme Valcke (à gauche) et le Qatarien Nasser al-Khelaïfi, lors de leur procès. REUTERS/Arnd Wiegmann - Montage/RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Jugé en Suisse dans l'un des multiples scandales du foot mondial, le patron du groupe audiovisuel qatarien beIN Media Nasser Al Khelaïfi a été acquitté ce 30 octobre 2020, tandis que l'ex-numéro 2 de la Fédération internationale de football (FIFA) Jérôme Valcke écope d'une peine légère pour une accusation secondaire.

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Avec AFP,

Pas de prison pour Nasser Al Khelaïfi et pour Jérôme Valcke en Suisse. Le premier a été acquitté et le second a écopé de 120 jours-amende avec sursis, ce 30 octobre 2020 à Bellinzone.

Le Qatarien et le Français étaient jugés depuis septembre au sujet d’un contrat passé en 2014 par le groupe audiovisuel qatari beIN Media, que préside Al Khelaïfi, avec la Fédération internationale de football (FIFA), dont Valcke était numéro 2 jusqu’en 2016. La justice helvète avait avancé des soupçons de « gestion déloyale » concernant cet accord qui porte sur la diffusion en Afrique du Nord et au Moyen-Orient des Coupes du monde 2026 et 2030.

Les deux hommes encouraient jusqu’à 5 ans de prison, dans ce dossier. Au terme de dix jours d'audience en septembre, le parquet avait ainsi requis 28 mois d'emprisonnement contre le patron de beIN, 3 ans contre l’ex-Secrétaire général de la FIFA, et 30 mois contre un homme d'affaires grec, Dinos Deris, qui a été acquitté, lui, du chef de « corruption privée » dans un autre volet.

Des magistrats pas totalement convaincus

Dans leur jugement sur le volet principal, les trois magistrats ont pourtant estimé, tout comme l'accusation, que Jérôme Valcke avait monnayé son soutien à beIN en échange d'une luxueuse villa en Italie, achetée pour lui 5 millions d'euros fin 2013 par une société brièvement détenue par Nasser Al Khelaïfi. Le Français avait d'ailleurs admis avoir sollicité l'aide du dirigeant qatarien pour financer cette acquisition. Mais pour les prévenus, totalement blanchis dans ce volet, ces deux épisodes n'ont « rien à voir ». Ils ont en effet évoqué un arrangement « privé », assurant que verser des pots-de-vin n'aurait eu aucun sens puisque beIN était seul en lice et a payé un montant très élevé (480 millions de dollars) pour des droits TV dont la Fifa ne s'est jamais plainte.

Balayant toutefois la thèse de la défense, le tribunal a jugé « difficile de croire » que l'arrangement autour de cette villa ait été « établi dans un cadre purement privé », voyant au contraire un lien avec les droits décrochés par beIN. Mais les magistrats ne pouvaient pas condamner pour « corruption privée » dans ce volet. La Fifa a en effet retiré sa plainte en janvier après un accord avec Nasser Al Khelaïfi, ce qui a mécaniquement entraîné l'abandon de cette charge selon le droit suisse en vigueur au moment des faits. Restait donc l'accusation de « gestion déloyale », qui nécessite de prouver que l'accord entre les deux hommes a lésé la Fifa. Or « rien n'indique que la Fifa aurait pu obtenir un contrat plus avantageux » que celui signé avec beIN, a estimé le tribunal.

Jérôme Valcke condamné dans un autre volet

Dans un deuxième dossier, joint à la même audience, Jérôme Valcke a en revanche été condamné à 120 jours-amende avec sursis pour « faux dans les titres », mais acquitté du chef de « corruption privée ». Il était accusé d'avoir touché 1,25 million d'euros de la part de Dinos Deris, en trois versements depuis le Liechtenstein, pour favoriser l'obtention des droits médias de plusieurs Coupes du monde en Grèce et en Italie. Il a là encore été blanchi de l'accusation principale.

En 2016, Jérôme Valcke avait été suspendu 12 ans par la FIFA de toute activité liée au foot. Cette sanction, réduite en appel à 10 ans, avait été confirmée par le Tribunal arbitral du sport.

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