Rugby: Dan Carter, la retraite d'une légende des All Blacks

Le rugbyman néo-zélandais Dan Carter, le 24 octobre 2015 après la victoire des All Blacks contre l'Afrique du Sud au stade Twickenham de Londres, lors du Mondial 2015.
Le rugbyman néo-zélandais Dan Carter, le 24 octobre 2015 après la victoire des All Blacks contre l'Afrique du Sud au stade Twickenham de Londres, lors du Mondial 2015. REUTERS - Toby Melville
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Dan Carter en a terminé avec sa longue carrière de rugbyman. À bientôt 39 ans, le demi d'ouverture néo-zélandais a annoncé sa retraite, ce samedi 20 février. Double champion du monde, trois fois désigné meilleur joueur du monde, l'ancien maître à jouer des All Blacks a marqué sa génération.

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Parmi les joyaux que la Nouvelle-Zélande a produit au rugby, il est l'un des plus brillants. L'un des plus connus à travers le monde aussi. Il n'y a qu'à mesurer l'ampleur des hommages qui lui sont rendus ce samedi 20 février, depuis l'annonce de sa retraite sportive. Daniel William Carter, plus connu sous le nom simple de Dan Carter, a raccroché les crampons. Il l'a annoncé sur les réseaux sociaux :

« Je prends officiellement ma retraite du rugby professionnel aujourd'hui. Un sport que j'ai pratiqué pendant 32 ans et qui m'a aidé à devenir la personne que je suis aujourd'hui. Je ne saurais trop remercier tous ceux qui ont joué un rôle dans mon parcours, en particulier vous, les supporters. Le rugby fera toujours partie de ma vie. Je vous remercie. »

2015, « un conte de fées »

L'ouvreur, qui fêtera son 39e anniversaire le 5 mars, s'arrête donc là, 17 ans après ses débuts professionnels du côté de Canterbury, équipe de rugby à XV de sa Nouvelle-Zélande natale. Si sa carrière l'amena à jouer aussi en France du côté de Perpignan brièvement (2008-2009) et du Racing 92 (2015-2018), ainsi qu'au Japon chez les Kobelco Steelers (2018-2020), c'est surtout avec la sélection néo-zélandaise que Dan Carter a écrit les plus belles pages de son histoire.

En 2011, les All Blacks, à domicile, redeviennent champions du monde face à la France (8-7). Ils couraient après ce deuxième sacre depuis 1987. Dan Carter est de l'épopée, mais avec beaucoup de frustration : blessé durant le premier tour, il a manqué une grosse partie de la compétition. En revanche, le demi d'ouverture fut bien présent en 2015 en Angleterre pour le nouveau titre mondial des Blacks. Incontournable, il participe grandement au succès en finale contre l'Australie (34-17) avec 19 points inscrits à lui seul. Impérial, il s'offrit même le luxe de tenter et réussir sa dernière transformation... du pied droit, lui le gaucher !

« J'ai eu le sentiment que tous les coups durs que j'avais connus jusque-là prenaient sens dans ce moment, et rien ne pouvait plus m'arrêter ! (...) Ça m'a pris 2003, 2007 et 2011 pour, personnellement, au-delà des défaites ou des blessures, pour mon dernier match comme All Black, jouer un rôle majeur en finale de me sentir vraiment faire partie d'une équipe qui gagne la Coupe du monde. Un conte de fées ! », se remémore-t-il dans les colonnes de L'Équipe.

Les Néo-Zélandais Richie McCaw (à gauche) et Dan Carter (à droite) soulèvent le trophée Webb Ellis symbolisant leur titre de champions du monde de rugby à XV, le 31 octobre 2015 au stade Twickenham de Londres.
Les Néo-Zélandais Richie McCaw (à gauche) et Dan Carter (à droite) soulèvent le trophée Webb Ellis symbolisant leur titre de champions du monde de rugby à XV, le 31 octobre 2015 au stade Twickenham de Londres. AP - Christophe Ena

« Le bon moment d'arrêter »

2015 fut l'année de son apogée sans doute. En plus de ce deuxième titre de champion du monde, Dan Carter est désigné, pour la troisième fois de sa carrière après 2005 et 2012, meilleur joueur du monde (seul son compatriote Richie McCaw fait aussi bien : 2006, 2009 et 2010). C'est sur cette coupe Webb Ellis soulevée à Twickenham, temple du rugby à Londres, que Dan Carter prit sa retraite internationale. Un départ au sommet pour l'homme aux 112 sélections.

De retour chez lui, chez les Auckland Blues, en juin 2020, le meilleur marqueur de l'histoire du rugby toutes nations confondues (1 598 points avec les All Blacks) n'a finalement pas relevé cet ultime défi. « Je pratique ce sport pour essayer d'être le meilleur joueur sur le terrain. Pour ça, il faut se plonger à 100% dans la bataille. Je me suis rendu compte que je n'avais plus la même volonté que lors de mes précédentes saisons en Nouvelle-Zélande. Alors, entre le moment où j'ai compris ça, et où je me suis rendu compte que je ne voulais plus voyager à cause de la pandémie, je me suis dit que c'était le bon moment d'arrêter », explique-t-il à L'Équipe.

Quelle sera la suite pour le désormais ex-rugbyman ? « Je travaille sur plusieurs projets, dans lesquels je crois à fond », promet Dan Carter. Le Néo-Zélandais veut « transmettre » son expérience et ses « théories sur l'art de gagner ». À ce niveau, son expertise est incontestable.

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