Portrait

Liz Mills, coach australienne au cœur du basket africain

L'Australienne Liz Mills avec l'équipe du Kenya, lors des qualifications pour l'AfroBasket 2021.
L'Australienne Liz Mills avec l'équipe du Kenya, lors des qualifications pour l'AfroBasket 2021. © Courtesy of FIBA

L’équipe masculine de basket-ball du Kenya s’est qualifiée pour le Championnat d’Afrique des nations (AfroBasket) pour la première fois depuis 28 ans. Une performance qu’elle doit en grande partie à sa coach, Liz Mills, Australienne, qui entraîne sur le continent depuis dix ans. Elle est devenue une personnalité incontournable du basket africain. 

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« Je mets au défi les fédérations du monde entier de trouver des moyens d'encourager et d'engager davantage de jeunes femmes à devenir entraîneures et de leur offrir des opportunités de coaching. » Ce 25 février, Liz Mills a lancé un appel sur les réseaux sociaux, trois jours après un exploit exceptionnel qui lui a valu un sacré coup de projecteur.

Cette Australienne a en effet qualifié l’équipe masculine de basket-ball du Kenya, réputée plutôt modeste, pour son premier Championnat d’Afrique des nations (AfroBasket) depuis 28 ans. Une victoire 74-73 des Kényans face aux réputés Angolais leur a garanti une place à l’AfroBasket 2021, prévu du 24 août au 5 septembre au Rwanda. « C'est certainement ma plus grande réussite en tant qu'entraîneure, assure Liz Mills à rfi.fr. Depuis que j'ai commencé à entraîner en Afrique en 2011, mon objectif était de diriger une équipe masculine à l’AfroBasket. Une décennie plus tard, ce rêve est une réalité ».

Une renommée qui s’étend

Liz Mills ne semblait pourtant pas prédestinée à devenir une des figures incontournables du basket africain, elle qui s'est lancée dans ce sport en Australie vers l'âge de 15 ans. La jeune femme, reconnaissable à sa longue natte noire et à son regard aiguisé, raconte sa découverte du continent : « Ma sœur jumelle et moi avons visité l'Afrique pour la première fois en 2008 dans le cadre d'un programme de bénévolat. Nous sommes tombées amoureuses des gens et de la culture et nous avons fini par déménager en Afrique en 2011. J'ai ensuite commencé à diriger une équipe de club en Zambie, Heroes Play United, et nous avons remporté les championnats nationaux et représenté la Zambie en 2012 durant le Championnat des clubs de la Zone V. C'est là que j'ai entraîné pour la première fois contre des équipes angolaises comme Petro, Agosto et Interclube. Cette compétition contre les meilleurs clubs d’Afrique m'a encouragée à continuer à entraîner en Afrique et à participer au développement du jeu là-bas. »

En Afrique australe, Liz Mills se taille rapidement une jolie réputation. Elle multiplie les expériences diverses en Zambie, en Afrique du Sud et en Namibie. Sa renommée dépasse progressivement les frontières de la sous-région. En 2019, elle qualifie ainsi le club rwandais Patriots BBC pour la phase finale de la Basketball Africa League, une nouvelle compétition créée par la NBA et la confédération africaine (Fiba Afrique). Cette année-là, elle a également été assistante sur le banc de l’équipe masculine du Cameroun lors des qualifications pour la Coupe du monde en Chine.

Une précurseure

Aujourd’hui, lorsqu’une réunion, un débat ou un séminaire a lieu autour du jeu en Afrique, Liz Mills est rarement loin. Son avis fait autorité, notamment sur le basket masculin. « J'espère que j'ai ouvert l'esprit des présidents de fédération, des présidents de club et autres décideurs quant au fait de nommer des entraîneures pour leurs équipes, qu’elles soient masculines ou féminines », glisse-t-elle modestement.

Son parcours en Afrique est d’autant plus inhabituel que les fédérations et clubs sont davantage habitués à recruter des techniciens venus d’Europe et d’Amérique du Nord que de l'Océanie. « Peu importe d'où vous venez dans le monde, relativise la native de Sydney. Et puis l'Australie est maintenant l'une des puissances du basket-ball, tant du côté des hommes que des femmes. Nous avons toujours eu la réputation de développer d'excellents joueurs et entraîneurs et de bâtir de grandes équipes. Tout ça aide ».

Continuer en Afrique

Chez elle, à l’autre bout de la planète, son parcours a en tout cas fini par interpeller. « Étant donné que l'Australie et l'Afrique n'ont pas de liens étroits, cela a créé de la curiosité, estime-t-elle. C'est un voyage unique et qui a donc suscité beaucoup d'intérêt ».

Pour autant, la technicienne ne se voit pas coacher ailleurs que sur le sol africain, dans l’immédiat. « J'entraîne en Afrique depuis une décennie et j'ai l'intention de continuer à entraîner ici aussi longtemps que possible, conclut-elle, pleine de conviction. L'Afrique c'est comme chez moi et je veux continuer à développer le jeu ici. Il y a tellement de talent et de potentiel ici que cela n'a aucun sens pour moi d'entraîner ailleurs ».

L'Australienne Liz Mills avec l'équipe du Kenya, lors des qualifications pour l'AfroBasket 2021.
L'Australienne Liz Mills avec l'équipe du Kenya, lors des qualifications pour l'AfroBasket 2021. © Courtesy of FIBA

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